Centre National De La Danse

  • Face à l'étendue des perspectives de l'anthropologie de la danse, comment rendre compte de son émergence comme champ scientifique ? Comment réconcilier la diversité des regards qui ont été portés sur la « danse », cet « objet » dont la singularité n'est pas encore universellement reconnue ?
    Dans cet ouvrage, Andrée Grau et Georgiana Wierre-Gore ont rassemblé quatorze textes qui ont posé les fondements méthodologiques et théoriques de la discipline, écrits par des chercheurs anglophones venus des États-Unis et d'Europe. En donnant accès à des textes inédits en français, elles montrent, d'une part, que l'approche anthropologique est pertinente pour étudier toutes les danses et, d'autre part, que la danse est un « fait social total » qui mérite d'être étudié au même titre que la religion ou la politique.
    Cette nouvelle édition est augmentée d'une préface signée par Georgiana Wierre-Gore.

    Auteurs : Egil Bakka, John Blacking, Anca Giurchescu, Andrée Grau, Judith Lynne Hanna, Adrienne Lois Kaeppler, Joann Wheeler Kealiinohomoku, Gertrude Prokosch Kurath, Roderyk Lange, György Martin, Ernõ Pesovár, Anya Peterson Royce, Allegra Fuller Snyder, Judy Van Zile, Georgiana Wierre-Gore, Drid Williams, Suzanne Youngerman.

  • En 2007, alors qu'il danse Set and Reset de la célèbre chorégraphe Trisha Brown, Noé Soulier découvre avec surprise sa difficulté à interpréter cette danse qui ne présente pourtant aucun problème technique. Il prend alors conscience que sa manière d'envisager le mouvement, issue de sa formation classique, ne lui permet pas de bien appréhender des gestes ou des actions relevant d'autres styles ou pratiques de danse. Cette révélation est à l'origine de ce livre. L'artiste y distingue plusieurs manières de prêter attention au mouvement en s'appuyant sur une analyse des pratiques chorégraphiques ou de la performance, de la danse classique à William Forsythe, mais aussi de divers concepts empruntés aux philosophes, linguistes ou théoriciens de l'art.
    L'auteur fait apparaître différentes focales d'attention, différents cadrages conceptuels possibles, qui sont autant de manières d'appréhender le mouvement et le corps. S'adressant au spectateur comme au danseur, ce livre novateur cherche moins à décrypter le sens des oeuvres qu'à enrichir les multiples manières d'en faire l'expérience. En cela, il relève tout à la fois de l'art conceptuel, que de la pensée philosophique et de la théorie de l'art.

  • Le butô ou « danse des ténèbres » est une forme qui émerge au Japon à la fi n des années 1950.
    On considère que la création de Kinjiki (Les Amours interdites) de Tatsumi Hijikata en 1959 en est le point de départ. Exporté dans le monde entier, sous de multiples formes, il donne à voir un corps en crise qui déjoue les normes, entre lenteur, expressivité, crudité et grotesque. C'est une danse souvent visible sur les scènes françaises (Carlotta Ikeda, Sankai Juku...) mais dont l'histoire reste méconnue. La fascination des critiques et du public pour le butô en France est ici racontée, depuis le choc de sa découverte à la fi n des années 1970 jusqu'à nos jours. Cette fascination, non dénuée de malentendus, a suscité de nombreux désirs d'ailleurs et de Japon, qui ont travaillé la danse contemporaine alors en pleine effervescence. Quels désirs esthétiques le butô est-il venu combler ? Qu'a-t-il déplacé et déstabilisé dans la création contemporaine ?

  • Un geste dansé n'est pas éphémère : il peut connaître une longue vie s'il trouve des milieux pour l'accueillir et l'entretenir. C'est ainsi que des ballets dits « classique » ou des chorégraphies « contemporaines » circulent, se transmettent et se transforment avec le temps. Croisant histoire, anthropologie et esthétique, Isabelle Launay aborde ici la question de la mémoire des oeuvres en danse. Elle décrit les conditions politiques et artistiques de leur survie à travers trois cas de figure emblématiques : le répertoire du Ballet de l'Opéra de Paris et ceux de deux personnalités de la danse, le chorégraphe américain Merce Cunningham et le français Dominique Bagouet, décédés respectivement en 2009 et 1992. Sont ainsi dévoilés les systèmes et les stratégies concrètes qui assurent la survie des oeuvres :
    Leur structure et l'économie dans laquelle elles s'inscrivent, mais également les dispositifs de transmission et d'apprentissage, les imaginaires historiques qui les irriguent et, enfin, les débats et discours des danseurs au travail.

  • Ce livre est la parole d'un artiste-chercheur qui ne pense pas sans créer des oeuvres ni sans analyser celles d'autres artistes. En partant de "Ciel", son premier solo créé en 2012, et en s'orientant vers un réseau poétique d'oeuvres avec lesquelles il entretient une proximité thématique, Volmir Cordeiro enquête sur la façon dont la danse peut mettre en scène les marges et la marginalité. Analysant son propre travail mais aussi les oeuvres emblématiques des artistes brésiliens Luiz de Abreu, Micheline Torres et Marcelo Evelin, le danseur et chorégraphe Volmir Cordeiro invente ici une forme sensible où la création est inextricablement liée à sa position de chercheur et à son regard de spectateur. Dans une langue poétique et polyphonique, c'est le trajet d'un artiste en recherche que cet ouvrage retrace.

  • Les danseurs sont dépositaires de différents savoirs implicites dont on trouve la trace dans leur langue spécifique : que veulent-ils dire lorsqu'ils parlent de « s'appuyer sur l'espace », de « donner son poids » ou de « danser à l'écoute » ? La danse est-elle une affaire de corps ? Pourquoi parler de geste plutôt que de mouvement ? Qu'en est-il de l'état de corps, de l'émotion, du partage de l'espace, lorsque nous dansons ou nous regardons danser ? Qu'est-ce que lire le geste dansé ? Comme s'y prend-on et avec quels outils ? Comment les savoirs de la pratique circulent-ils en danse, entre danse de scène et danse de bal par exemple ? Et quelle pensée de l'altérité ou quelle théorie de l'imaginaire peuvent nous aider à développer les « manières de faire » des danseurs ?
    Si l'auteure inscrit sa démarche dans le prolongement des réflexions des théoriciens du mouvement Michel Bernard et Hubert Godard, elle se nourrit également de son expérience de terrain au contact des danseurs pour donner corps à son propos. Elle convoque enfin des exemples très divers - deux enfants sur une photo, la morphologie de champions d'athéltisme, les différences entre les styles de Gene Kelly et Fred Astaire - qui montrent combien l'analyse du mouvement peut enrichir notre perception du monde.

  • La figure de l'« amateur » est multiple, voire contradictoire. Elle intensifie et trouble les notions de travail, de création et de transmission, d'expertise et d'expérience. Elle déplace et transforme les normes et les catégories esthétiques, éthiques, politiques, qui sont à l'oeuvre dans le spectacle et dans la pratique de la danse contemporaine. De l'expressionnisme aux expérimentations récentes, selon l'âge, les identités et les appartenances, les lieux et les dispositifs, le corps du danseur amateur peut être à la fois ordinaire - ni virtuose ni en représentation, mais humainement présent -, et extraordinaire, surprenant, témoin d'« autre chose ». Ouvrage collectif, Corps (in)croyables propose un ensemble d'analyses qui tentent de saisir la fragilité diverse de ces figures d'« amateurs », tout en les mettant en question.

  • Entre 1870 et 1945, avec l'essor des villes et l'évolution des moeurs, de nouvelles formes de spectacle apparaissent en Occident et, avec elles, de nouvelles visions du corps dansant, multiples et parfois contradictoires. Certains danseurs, captivés par le modernisme technologique, rêvent d'une hybridation du corps avec la machine. Pour d'autres, l'enjeu est de redécouvrir l'aptitude au mouvement naturel et les pulsions vitales, mises à mal par la vie moderne.
    D'autres encore puisent une inspiration libératrice dans les danses exotiques ou l'exemple des " peuples primitifs ". Mais à New York comme à Paris, Berlin ou Moscou, la danse doit aussi répondre de son rôle politique, social et culturel face à la crise économique et la montée des totalitarismes. Chorégraphes, interprètes et pédagogues, tous ont conscience d'oeuvrer à une époque de ruptures et d'avoir à situer leur démarche créative par rapport aux bouleversements et violences de leur temps.
    C'est le récit de cette histoire complexe et passionnante que propose cet ouvrage. A partir des acquis les plus récents de la recherche internationale en danse, il situe l'émergence des oeuvres - comme des démarches et des théories qui les animent - dans leur contexte culturel et leur environnement social, tout en croisant l'étude des pratiques corporelles avec l'analyse des enjeux, tant esthétiques que politiques, d'un art en mutation.

  • Aux alentours de 1830, le romantisme s'impose sur les scènes théâtrales, en France et dans toute l'Europe. Le ballet participe avec force à cette révolution esthétique, qui suscite une poétique et un imaginaire nouveaux. Cet ouvrage se propose, non pas de retracer une histoire du ballet romantique, mais d'en explorer les représentations, tant littéraires que plastiques. L'enjeu de ce périple, qui passe par un inventaire de formes écrites et iconographiques variées, est, in fine, de donner à appréhender ce que nous nommons les « deux corps de la danse » : d'un côté, le corps glorieux, magique et légendaire qui façonne la scène romantique ; de l'autre, le corps réel, faillible, et parfois trivial, qui en est l'avers inévitable.

  • Il n'existe ni regard idéal ni méthode pour analyser les oeuvres en danse. Telle est la conviction portée par ce livre qui place l'inventivité du spectateur au coeur de l'analyse. Chacun y est invité à aiguiser son regard, à devenir plus autonome, en développant une relation personnelle aux oeuvres. Isabelle Ginot et Philippe Guisgand exposent les enjeux de l'« analyse d'oeuvres » en danse. En l'inscrivant au sein d'un champ plus vaste de pensée critique, ils dressent un état des lieux des modèles qui sous-tendent les pratiques existantes. Ils exposent surtout les partis pris de leur démarche : une approche fondée sur la perception du spectateur, dynamique et multiréférencée. Une expérience singulière et globale, à la fois sensible et cognitive. Leur « boîte à outils » constitue le coeur du livre. Pour engager le dialogue avec les oeuvres, ils proposent deux voies d'entrée. Une première, tournée vers le regardeur, rassemble des outils et des situations pour explorer les effets de la proposition artistique sur sa perception. La seconde rassemble des outils qui s'inspirent des pratiques des danseurs et notamment des cycles Resources, Scores, Valuactions et Performance d'Anna et Lawrence Halprin. L'analyse d'oeuvres est abordée par la notion de ressource, par le biais de partitions (de regard, d'écriture ou de recherche) et l'élaboration de performances qui sont autant de protocoles, de jeux, d'expériences permettant d'explorer les relations possibles avec les créations. Enfin, le livre met en lumière les différents usages sociaux et politiques de l'analyse. Car écrire sur la danse, débattre des oeuvres et dialoguer avec elles sont autant de moyens d'innover au sein d'autres pratiques (ateliers du spectateur, échauffements, médiations, conférences, performances, accompagnements à la création, etc.). C'est ainsi que l'analyse d'oeuvres vient s'ancrer dans un monde qui n'est pas seulement celui de la recherche, mais celui de tous, et que tout spectateur peut développer une lecture réfléchie des oeuvres.

  • Cet ouvrage réunit de très nombreux textes écrits par Serge Diaghilev de 1892 jusqu'à sa mort en 1929, dont beaucoup étaient encore inédits. Critique d'art, organisateur d'expositions, Diaghilev fonde en 1898 la revue Mir Iskusstva (« Le Monde de l'art ») qui tient une place majeure dans l'émergence de l'avant-garde artistique en Russie. Imprésario, il crée en 1909 les Ballets russes, prestigieuse compagnie qui marque profondément l'histoire de la danse.
    Présentés ici pour la première fois dans un ordre chronologique, les écrits de Diaghilev sur la peinture, la musique et la danse se mêlent à divers entretiens parus dans la presse, documentant ses activités de producteur de ballets et d'opéras, ainsi qu'à sa correspondance avec de grandes figures de son temps (Tolstoï, Tchekhov, Rimsky-Korsakov, Stravinsky, Prokofiev, ou encore Picasso, Matisse, Braque, Ravel, Debussy, Poulenc, Falla, Cocteau...). À travers ces textes et le parcours qu'ils retracent, c'est tout un pan de notre histoire culturelle qui reprend vie.

  • Après s'être penchée, dans un premier volume paru en 2017, sur la question de la tradition en danse et des modalités de reprise et de survie des répertoires chorégraphiques, Isabelle Launay aborde les effets de la discontinuité, voire de l'oubli, dans la transmission des oeuvres. De quoi témoignent les multiples retours du champ chorégraphique actuel sur les danses du passé ? Qu'advient-il quand il y a crise dans la transmission d'une expérience ? Qu'arrive-t-il quand, chez certains artistes, la discontinuité est programmée par une volonté de faire table rase ? Reprendre consiste alors à créer un court-circuit dans le temps qui « allume la mèche de l'explosif enfouie dans l'Autrefois » (Walter Benjamin). C'est aussi proposer un devenir contemporain insoupçonné pour ces danses. Cette traversée érudite, où se mêlent approches anthropologique et esthétique, nous invite à (re)découvrir des figures majeures de l'histoire de la danse (Mary Wigman, Joséphine Baker, Valeska Gert...) ainsi que la manière dont les artistes d'aujourd'hui les font revivre.

  • Ce livre invite à une immersion dans l'histoire du ballet en Occident. C'est dans le contexte de la Renaissance humaniste que le ballet émerge avant de se déployer et connaître son apogée au Grand Siècle, en France mais aussi, sous des aspects voisins, dans d'autres cours d'Europe. Au tournant du XVIIIe siècle, il se métamorphose, lorsque d'autres genres de spectacle dansé prennent le relais et que la cour n'en est plus le cadre privilégié. Il s'institutionnalise aussi, en particulier en France au sein de l'Académie royale de musique, l'ancêtre de l'Opéra de Paris. Cette histoire dévoile également l'univers dans lequel les danses de spectacle naissent, évoluent et créent l'illusion. Incarnation des valeurs sociales et morales de son temps, le danseur est l'acteur d'un monde « en représentation », que ce soit dans le cadre des festivités de cour ou ensuite dans celui du théâtre, institutionnel ou privé. Nourri par la circulation des hommes, des formes, des techniques et des styles, le ballet s'impose comme un phénomène européen majeur dans l'histoire culturelle, que Nathalie Lecomte envisage ici sous de nouvelles perspectives.

    Cet ouvrage a reçu le prix de la Société d'étude du XVIIe?siècle 2015.

  • Lucinda Childs fait ses débuts dans les années 1960 au sein du groupe d'avant-garde new-yorkais du Judson Dance Theatre. Elle y côtoie les grands noms de la scène expérimentale et s'intéresse aux démarches artistiques de Marcel Duchamp, Robert Rauschenberg ou encore John Cage. En 1976, elle participe à l'opéra révolutionnaire de Robert Wilson, Einstein on the Beach, dont elle signe la chorégraphie. En 1979, elle crée Dance, auquel contribuent Philip Glass (musique) et Sol LeWitt (scénographie), un manifeste minimaliste qui marquera l'histoire de la danse. Danseuse, chorégraphe, comédienne, metteuse en scène d'opéra, Lucinda Childs n'a cessé de créer depuis 50 ans une oeuvre chorégraphique, fondée sur une esthétique de la répétition et une rigoureuse musicalité. Déployant un art des lignes et des trajectoires commun aux danseurs et aux spectateurs, elle fait de la danse une expérience singulière de la perception. Corinne Rondeau nous propose ici une lecture sensible et singulière de l'oeuvre de Childs, tout en recontextualisant son émergence et en se livrant à une analyse fouillée de certaines de ses compositions.

  • Comment entrer dans la fabrique de la danse contemporaine via l'idée de littérature ou de texte ? Peut-on penser aujourd'hui l'art littéraire à partir de l'art chorégraphique ? Si la danse contemporaine n'est pas déconnectée d'une tradition littéraire qui a fourni de nombreux sujets au ballet, elle établit un nouveau rapport au texte. De multiples collaborations entre écrivains et chorégraphes en témoignent, qu'elles impliquent l'utilisation de textes lors du processus de création ou qu'elles passent par la présence d'écrivains sur scène.

    Cet ouvrage collectif, le premier à se consacrer exclusivement aux intersections entre danse contemporaine et littérature, dévoile un paysage riche d'expérimentations, à la fois hétéroclites et ouvertes. Sortir le texte de ses gonds, renverser le sens de lecture : voilà le défi théorique et critique de ce livre sur le mot et le geste, sur l'écrit et l'incorporé.

  • Jerome Andrews, figure emblématique de la modernité en danse, fait partie des pionniers qui, dès le début du XXe siècle, ont radicalement transformé le visage de la danse. Né aux États-Unis en 1908, il se forme à la Cornish School, puis à la Denishawn School auprès de Ruth Saint Denis, Ted Shawn et Lester Horton. À New York, à partir de 1928, il danse avec Martha Graham, Doris Humphrey, Hanya Holm, Leonide Massine, José Limón, mais aussi dans les grands spectacles de Broadway. En 1950, sa rencontre avec Mary Wigman, grande dame de la danse expressionniste allemande, est déterminante. En 1951-1952, Jerome Andrews s'installe à Paris où il présente ses premières chorégraphies et enseigne la danse moderne, qui est alors quasi inconnue en France. Excellent pédagogue, il forme des générations de danseurs, associant rigueur technique et improvisation, stimulée par la manipulation d'objets et d'étoffes. Dans ces textes inédits, transcriptions de conférences tenues à Paris entre 1968 et 1980, il nous livre, avec autant de subtilité que de spontanéité, ce qui a marqué son expérience de soixante-dix années de pratique et d'enseignement de la danse, sa vision de l'art chorégraphique et, plus profondément encore, sa pensée du corps et sa passion pour la poésie en mouvement. On comprend à la lecture de ces textes comment la parole de Jerome Andrews a pu marquer des générations d'artistes et de personnes soucieuses de parvenir à trouver en eux, par le travail du corps, leur «danse profonde».

  • Indissociable de la musique, la danse jazz l'est aussi de la vie dont elle dit les chagrins et les désillusions, les révoltes et les colères, les joies et les exaltations. Apparue aux États-Unis, ouverte à toutes les influences, elle poursuit son incessant métissage, mélangeant les temps, les lieux et les espaces.
    Se pencher aujourd'hui sur le jazz, c'est observer une danse qui porte depuis de longues années les traits de la mixité. C'est observer un art du présent, ouvert à tous les mouvements possibles, hybride dans ses techniques, éclectique dans son inspiration.
    Après un nécessaire livre d'histoire qui, en 2003, restituait les principales phases et les grandes figures de la danse jazz, cet ouvrage d'Éliane Seguin propose une approche inédite de la danse jazz, qui se veut cette fois tout autant esthétique qu'historique. Il s'agit de donner des clés pour une meilleure compréhension de la danse jazz, de corriger certaines idées toutes faites en questionnant les qualités de son existence, les malentendus et les détournements dont elle n'a cessé de faire l'objet, les agressions critiques auxquelles elle est aussi depuis longtemps vouée, et le rôle qu'y jouent les notions d'authenticité et de métissage.

  • La contredanse a profondément renouvelé l'idée qu'on se faisait de la danse, du Moyen Âge aux temps modernes. Jean-Michel Guilcher en retrace ici l'histoire. Il montre comment, en combinant des formes importées d'Angleterre au XVIIe siècle avec un héritage français (branles, belles Danses), la cour de Versailles élabore la contredanse française sur plan carré. Il en évoque la faveur croissante, puis le succès irrésistible dans les cours et les villes d'Europe. Il met en lumière les transformations qui affectent la danse à mesure qu'elle se propage, et montre en quoi elles sont révélatrices des attentes d'époques successives et de milieux distincts, jusqu'à infléchir à terme les pratiques paysannes au cours du XIXe siècle. L'auteur nous révèle ainsi combien l'étude de la danse récréative peut enrichir celle des mentalités sociales.

    Près de quarante ans après sa première publication en 1969, ce livre, relu et enrichi dans sa présente édition, paraît plus actuel que jamais. Son érudition, son argumentation étayée et convaincante, sa rédaction claire et toujours soucieuse du concret, la riche bibliographie qu'il propose en ont fait un ouvrage de référence. Épuisé, il était introuvable depuis de nombreuses années.

  • À partir d'entretiens menés en studio avec plusieurs danseurs interprètes de formation, de culture et d'âge différents, Enora Rivière recompose la biographie fictionnelle d'un danseur.
    Une histoire de corps et donc de vie, où l'on parle beaucoup de ce que l'on croit savoir ou avoir su de la danse, de ce que l'on en espère ou en a espéré, de ce que cela signifie passer sa vie à danser...
    Parmi les moments clés ou les thèmes évoqués dans le livre : le temps du salut, l'entrée en scène (préparatifs, rituels), la représentation, l'inscription dans la troupe, le processus de création, la « vocation », la formation, la pédagogie.
    Ce texte de nature littéraire joue sur le multiple et le singulier, laissant entendre des voix entremêlées dont on distingue toujours la tonalité personnelle. Au récit de ces moments de vie répond l'évocation d'expériences de scène, les danseurs décrivant alors les perceptions et les sensations qui les traversent lorsqu'ils sont au plateau ou « au bord de » la scène (Ob / Scène).

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