Tallandier

  • Voici un Flaubert par lui-même et ses proches grâce à Michel Winock. Il nous montre d'où vient son exécration de son siècle qui ressemble souvent à une aversion pour l'existence elle-même et sa quête passionnée d'une transcendance qui se révèle très tôt celle de l'Art.
    On sait énormément de choses sur Flaubert, grâce à ses écrits de jeunesse, sa Correspondance, et aussi sur son travail, dont il a conservé les traces, des scénarios aux brouillons. Il faut un connaisseur comme Michel Winock qui lui a déjà consacré une biographie magistrale pour ordonner un ouvrage à base de citations. Il met au jour les thèmes récurrents dans son oeuvre, trie, classe, élague et ouvre des pistes auxquelles on n'aurait pas pensé. Il parle des lieux (Rouen) où, fils d'un médecin en vue, Flaubert a vu le jour en 1821 ; Croisset, sa thébaïde des bords de Seine où, épuisé de travail, il est mort foudroyé par une hémorragie cérébrale cinquante-neuf ans plus tard), et tout autant de ses amis (Sand, Tourgueniev...), de ses amours (aucunes ne lui réussirent vraiment), de ses tourments financiers et des anathèmes dont il accablait les "bourgeois" et ses éditeurs.

  • Voici un savoureux voyage dans l'univers éternel de Georges Feydeau, dramaturge de génie et roi du Paris de la « Belle Époque », qui a dédié sa vie à faire rire ses contemporains tout en les caricaturant, sans jamais les mépriser.
    Un Fil à la Patte, Le Dindon, La Puce à l'oreille, N'te promène donc pas toute nue, On purge Bébé... Depuis 1886, Paris s'esclaffe au diapason de sa plume. Encore aujourd'hui, pas une saison sans que plusieurs de ses vaudevilles ne remplissent les théâtres, jusqu'à la prestigieuse Comédie Française. À quoi tient cette pérennité ? Au génie. Celui du comique d'abord, car il est le maître des situations irrésistibles. Celui de la langue française, ensuite, avec laquelle il jongle pour huiler ses « machines à rire », qui fonctionnent en 2021 tout comme en 1900.
    Christophe Barbier nous montre combien, avec Feydeau, l'art dramatique devient une horlogerie de la bonne humeur, avec une dramaturgie qui ne se démode jamais : la vie de couple, le désir, la fidélité, la tentation, la jalousie, la vengeance, l'argent, la vanité...
    Il traite de la nature humaine et pointe les nouvelles attentes de la femme, la lâcheté du mâle et son orgueil mal placé.

  • Le monde selon Molière Nouv.

    Le Bourgeois gentilhomme, Dom Juan, Les Précieuses ridicules, L'Avare, Tartuffe, le Misanthrope et tant d'autres pièces, dont nous connaissons des répliques par coeur, font partie de notre patrimoine.
    Son créateur fut non seulement l'acteur du Roi-Soleil mais un dramaturge passé à la postérité pour devenir à jamais « Molière ».
    400 ans après sa naissance, nous étudions et nous jouons encore ses pièces. Parce qu'elles contiennent une part de l'identité française, aujourd'hui bousculée par de nouveaux défis, elles constituent notre patrimoine. Nous parlons tous « la langue de Molière », mais nous partageons aussi pour une grande part sa pensée. Son travail de créateur met à la portée du peuple, en le faisant rire et réfléchir tout ensemble, les grandes interrogations qui résonnent encore aujourd'hui. La relation au pouvoir ; la place de la femme dans la société ; la « lutte des classes » ; la primauté de la santé ; l'interrogation religieuse et transcendantale... Et sur chacune de ces questions, Molière agit en pionnier, presque en révolutionnaire, caché sous les masques de la commedia dell'arte. Il explore les arcanes de la société et le labyrinthe de la nature humaine avec une causticité nouvelle. La vanité, l'avarice, le désir, l'hypocrisie, l'ambition sont mis à nu et donnent à ses comédies, même les plus rieuses, une puissance philosophique et intemporelle.

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