Delpire

  • Depuis plus de quarante ans, Ernest Pignon-Ernest investit les villes - de Paris à Naples, de Nice à Ramal- lah, de Montauban à Soweto - en apposant ses images sur leurs murs. Loin des musées, les oeuvres de ce pionnier du street art - images peintes, dessinées, sérigraphiées sur papier, multipliées à des dizaines d'exemplaires, collées dans des lieux très précisément choisis - se fondent dans l'architecture et métamor- phosent l'espace public en espace plastique. Qu'elles traitent de réalités sociales (les expulsés, l'avorte- ment, le sida), de poétique (Rimbaud) ou de musique (Jimmy Hendrix), de politique (la Commune, l'apar- theid), c'est toujours par le lieu où elles sont installées que ces images prennent tout leur sens.
    Ce livre propose une large sélection de ces oeuvres éphémères, en les accompagnant de textes d'une cinquantaine d'écrivains, journalistes, philosophes, artistes - Henri Alleg, Mahmoud Darwich, Gisèle Halimi, Michel Onfray, Daniel Pennac, Olvier Py, Lydie Salvayre, Fred Vargas, etc. -, de formes diverses (poèmes, récits ou même essais), dans lesquels chaque auteur revient sur sa rencontre avec l'artiste et l'une de ses oeuvres.

    Cette nouvelle édition intègre les derniers travaux d'Ernest Pignon-Ernest et de nouveaux textes parmi lesquels ceux de Julia Kristeva, Pierre Bergounioux ou Philippe Claudel.

  • « Décembre 1972 [...] Nous visitons un camp de réfugiés installé sur une ancienne base militaire américaine de Da Nang. Sur la porte d'une cabane faite de bric et de broc, un tag maladroit : Forget ME Not. [...] Quarante-cinq ans plus tard [...] je me dis qu'il est temps que moi aussi j'inscrive « Forget ME Not » quelque part. » Abbas replonge dans ses planches-contacts et nous livre une sélection intime des reportages qu'il a réalisés au Vietnam de 1972 à 1975, étant notamment l'un des premiers photographes à rapporter des images du Viêt-cong. Profondément marqué par ce pays, il y retourne en 2008 et confronte ses souvenirs à une nouvelle nation qui s'est ouverte au capitalisme.

    /> De Saigon à Hanoi, en passant par les manifestations antiguerre à Miami et le Sommet des Non-Alignés de Cuba, jusqu'à son retour au Vietnam trente ans plus tard, ce livre regroupe des photos de guerre, mais aussi et surtout des images des villes que le photographe a parcourues, des visages de celles et de ceux qu'il a rencontrés. Au-delà du témoignage historique et politique, Abbas raconte ce pays qui l'a tant touché.

  • Michel Butor est célèbre pour ses romans, ses poèmes et de nombreux textes aux formes hybrides. Mais il a aussi été photographe dans les années 1950-1960 et cette facette de l'écrivain, on la connaît peu, voire pas du tout.
    L'ouvrage regroupe une sélection d'images en noir et blanc, principalement issues des nombreux voyages de l'auteur, notamment en Turquie, en Grèce, en Espagne et aux États-Unis. Dans ses photographies, Michel Butor s'attache aux éléments remarquables de l'architecture monumentale - édifices religieux et bâtiments patrimoniaux - ainsi qu'aux espaces de l'existence ordinaire - places, rues, passages ou bien demeures. Il accorde une attention toute particu- lière au détail et nous livre des clichés aux cadrages modernes et intemporels dans lesquels il est ques- tion de paysages, d'architecture et de bateaux, mais surtout de mouvement et d'immobilité, de vie et de mort, en un mot de poésie.
    Le livre comporte une introduction de Mireille Calle-Gruber, spécialiste de l'oeuvre et grande amie de Michel Butor, ainsi que les textes qu'il a pu écrire sur la photographie tout au long de sa vie. Les pho- tos sont aussi accompagnées d'extraits tirés de ses oeuvres protéiformes (Le génie du lieu, Alphabet d'un apprenti...).

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