Arts et spectacles

  • La mort en marche

    Robert Capa

    • Delpire
    • 15 Octobre 2020

    Publié par Capa en 1938, Death in the Making est dédié à Gerda Taro qui a perdu la vie alors qu'elle suivait un groupe de républicains espagnols à Brunete avec l'écrivain canadien Ted Allan. Outre le journal de Capa, il rassemble ses photos mais aussi celles de Gerda Taro et de David « Chim » Seymour. Tous trois ont suivi pendant un an le combat de ceux qui se battent contre Franco. Les images qui en résultent - photos du front et du quotidien, portraits de soldats et de civils - témoignent des divers aspects du conflit, de l'excitation des débuts aux réalités les plus poignantes de la guerre moderne.
    Après la Seconde Guerre mondiale, le livre est complètement oublié. Aujourd'hui, il est presque devenu culte : il reste difficile à trouver et certaines de ses images sont devenues extrêmement rares et recherchées.
    Cet ouvrage est une réédition du livre de 1938. Elle reproduit sa mise en page, réalisée par le photographe André Kertész ainsi que la préface de l'écrivain américain Jay Allen. Elle est enrichie d'un nouveau texte de Kristen Lubben qui retrace l'histoire de cette publication.

  • Ralph Steadman Nouv.

    Ralph Steadman, caricaturiste, dessinateur et illustrateur britannique, débute sa carrière dans les années 1950. Artiste provocateur au trait reconnaissable entre mille (tâches d'encre et contours noirs), il est d'abord remarqué pour ses caricatures satiriques dans lesquelles il sert une critique féroce de la société. Il se diversifie à partir des années 1960 en illustrant plusieurs livres, notamment pour enfants.
    Dans les années 1970, Ralph Steadman rencontre Hunter S. Thompson, un autre rebelle. Tous deux rendent populaire le concept de « journalisme Gonzo », inventé par Nellie Bly et repris par Bill Cardoso. Cette collaboration décisive débouche sur l'emblématique Fear and Loathing in Las Vegas (Las Vegas Parano), initialement publié en série dans le magazine Rolling Stone. Franc-tireur, il est un pionnier dont l'art inspire et influence les artistes d'aujourd'hui. Ce « Poche illustrateur » se propose de retracer le parcours d'un dessinateur prolifique, qui se réinvente sans cesse, à travers une sélection choisie de quelques-unes de ses oeuvres les plus célèbres.

  • Contacts

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    • Delpire
    • 6 Octobre 2020

    À la fin des années 1980, William Klein se prend à considérer d'un autre oeil l'objet « planche contact ». Il s'interroge alors sur son propre procédé de sélection d'images, et, en touche-àtout exemplaire - la première passion de William Klein étant la peinture, qu'il a étudiée avec Fernand Léger -, il en explore la dimension créative. Après avoir isolé l'image de son choix, sa « meilleure image », sur la planche, l'avoir tiré en grand format, il la cerne d'épaisses couches de peinture de l'une des trois couleurs primaires : rouge, jaune ou bleue. Il s'agit, comme l'écrit Robert Delpire, « de sidérer le passant ou le lecteur en le forçant à considérer non plus seulement l'image et sa parfaite composition, mais la virtuosité d'une autre architecture, d'un cadrage supplémentaire qui ne laisse aucune place à l'hésitation ni à la dérobade ».
    Rien de décoratif dans sa démarche, mais la volonté de créer un pont graphique entre la peinture et la photographie qui doit être appréciée pour elle-même. Ces « contacts peints », comme il les nomme, sont à l'image du travail profondément inventif de l'artiste.
    Contacts a paru pour la première fois en 2008 chez Delpire, éditeur. Nous sommes heureux d'en proposer une nouvelle édition, augmentée, dans un format plus maniable, qui comblera les amateurs de photographies les plus avertis comme le grand public.

  • Gitans

    Josef Koudelka

    • Delpire
    • 24 Octobre 2019

    « J'ai toujours été attiré par ce qui prend fin, ce qui bientôt ne sera plus. » À travers cent neuf photographies, prises entre 1962 et 1971, en Tchécoslovaquie (Bohême, Moravie et Slovaquie), Roumanie, Hongrie, France et Espagne, Josef Koudelka livre le témoignage unique d'un monde disparu. Fasciné par la culture des Gitans, et cherchant à capturer le sens de leur vie, il nous livre des portraits à l'humanité et l'authenticité bouleversantes. Sa démarche, ni documentaire ni ethnographique, s'inscrit dans un cadre profondément intime, et, grâce à la bienveillance d'un regard unique, il en résulte des images empreintes d'une symbolique forte, d'une étrange puissance.

    Un classique de la photographie, disponible pour la première fois en version poche.
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  • À travers les abondantes archives de la Fondation HCB, ce livre retrace et analyse un des moments clés de la carrière d'Henri Cartier-Bresson, le séjour en Chine, de décembre 1948 à septembre 1949. Suite à une commande de Life magazine, et peu après la création de l'agence coopérative Magnum, HCB réalise ce voyage au moment de la transition entre le régime nationaliste de Chiang Kaï-shek et le régime communiste de Mao Zedong. Plus que des photographies dites « de reportage », les images qui en résultent, dont beaucoup sont restées parmi ses plus célèbres, témoignent d'événements marquants, de circonstances sociales et de modes de vie qui vont disparaître, et surtout retiennent l'attention par leurs qualités empathiques et poétiques. Marqué par le pays et sa culture, comme par les mutations politiques de l'époque, HCB retournera en Chine en 1958 et constatera les effets du changement de régime. Élargissant le propos du livre, ce second séjour vient ici compléter le premier, à la fois en résonance et en contraste. L'ouvrage - dont la sélection photographique a été réalisée en étroite collaboration avec la Fondation HCB par les auteurs, Michel Frizot et Ying-lung Su - analyse et organise un corpus photographique, documentaire et historique inédit, d'une ampleur exceptionnelle, grâce auquel on accède à la pratique, aux intentions et aux audaces d'une figure majeure de la photographie. Au moment et dans les circonstances qui vont faire de lui une référence et une célébrité du photo-reportage.

  • Depuis plus de quarante ans, Ernest Pignon-Ernest investit les villes - de Paris à Naples, de Nice à Ramal- lah, de Montauban à Soweto - en apposant ses images sur leurs murs. Loin des musées, les oeuvres de ce pionnier du street art - images peintes, dessinées, sérigraphiées sur papier, multipliées à des dizaines d'exemplaires, collées dans des lieux très précisément choisis - se fondent dans l'architecture et métamor- phosent l'espace public en espace plastique. Qu'elles traitent de réalités sociales (les expulsés, l'avorte- ment, le sida), de poétique (Rimbaud) ou de musique (Jimmy Hendrix), de politique (la Commune, l'apar- theid), c'est toujours par le lieu où elles sont installées que ces images prennent tout leur sens.
    Ce livre propose une large sélection de ces oeuvres éphémères, en les accompagnant de textes d'une cinquantaine d'écrivains, journalistes, philosophes, artistes - Henri Alleg, Mahmoud Darwich, Gisèle Halimi, Michel Onfray, Daniel Pennac, Olvier Py, Lydie Salvayre, Fred Vargas, etc. -, de formes diverses (poèmes, récits ou même essais), dans lesquels chaque auteur revient sur sa rencontre avec l'artiste et l'une de ses oeuvres.

    Cette nouvelle édition intègre les derniers travaux d'Ernest Pignon-Ernest et de nouveaux textes parmi lesquels ceux de Julia Kristeva, Pierre Bergounioux ou Philippe Claudel.

  • Les Américains

    Robert Frank

    • Delpire
    • 24 Juillet 2018

    En 1955, Robert Frank sillonne les États-Unis. Appareil photo à la main il immortalise les instants de vie des Américains qu'il croise sur sa route : une serveuse dans un diner, un homme tatoué en train de faire la sieste, des ouvriers au travail, un cireur de chaussures, des fêtards, des amoureux, des motards, la route elle-même... Il ne s'agit pas d'un reportage mais d'un ensemble de notes prises sur le vif : Robert Frank fait naître une nouvelle iconographie où des visages anonymes s'amalgament au bord de routes tristes, dans les excroissances urbaines ou les vides d'un territoire démesuré. Les lieux et les visages pris à la volée sont souvent flous, la composition est parfois décentrée. La fréquence et la profondeur des noirs creusent les images, leur conférant un pouvoir d'abstraction.
    Pour la première fois en 1958, une sélection de 84 photographies en noir et blanc est publiée par Robert Delpire... dans l'indifférence générale. Jugé triste, pervers, voire subversif à l'époque, le livre devient progressivement un classique de la photographie.
    60 ans après sa première publication, l'ouvrage, toujours très actuel, reparaît dans une édition revue et corrigée par Robert Frank lui-même. Couverture, format, papier et traitement des photographies ont été modifiés et se rapprochent de l'édition américaine. La préface de jack Kérouac bénéficie d'une nouvelle traduction de Brice Matthieussent.

  • Léonard de Vinci est sans doute l'un des plus grands artistes de la Renaissance. Touche-à-tout, il a transformé l'art de la peinture autant que la science, l'architecture et la médecine. Mais c'est le dessin qui est au coeur de son oeuvre, à l'origine de son langage. L'illustration - qu'elle soit à la pointe métallique, au crayon noir, au pinceau, à la sanguine ou à la plume - figure sa pensée, la complète, quand les mots lui servent à étayer son art. Organisé en diverses thématiques, ce Poche Illustrateur met en lumière les études, croquis, esquisses du peintre, autant de dessins « illustratifs » - indépendants de l'oeuvre purement artistique - qui viennent amplifier et prolonger sa célèbre écriture en miroir, ses idées qui révolutionnèrent la pensée et les inventions de tout un siècle.

  • Il est de tous les temps le goût de l'homme pour "l'ailleurs".
    Mais l'apparition de la photographie a exaspéré la quête de ce qui est autre: de ses voyages en pays lointains, l'aventurier rapporte, des images qui en témoignent de la "différence". cet ailleurs, il le fixe avec la rigueur obstinée de l'ethnologue, la naïveté éblouie des premiers conquérants, ou l'art consommé des premiers plasticiens. simple constat: aller au bout du monde, c'est aller au bout de soi.

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  • Tomi Ungerer

    Tomi Ungerer

    Tomi Ungerer est l'un des dessinateurs les plus bril- lants de sa génération : cet artiste prolixe, aux multi- ples facettes, est d'abord connu pour ses livres d'en- fants, dont Les Trois Brigands reste le plus célèbre.
    Mais il est aussi l'auteur de dessins satiriques, poli- tiques et érotiques. Entre affiches et publicités, petits et grands formats, couleur et noir et blanc, son travail compte aujourd'hui près de 40 000 dessins et forme un ensemble hétéroclite et protéiforme, multilingue et sans frontière.
    Joyeux poète et amoureux du subversif, l'artiste déploie un monde absurde et merveilleux tout en s'insurgeant contre les injustices, le fascisme ou le racisme - son affiche Black Power/White Power (1967) reste tout un symbole. Il est d'abord un fin observateur de son temps dont il tire une véritable satire sociale, mâtinée d'humour et de provocation, dans l'esprit d'un Daumier ou d'un Grosz.
    Cet ouvrage est réalisé avec Thérèse Willer, conser- vatrice du Musée Tomi Ungerer de Strasbourg et spécialiste de l'oeuvre du dessinateur, qui a conçu la séquence des dessins et rédigé les textes les commentaires.

  • Ce livre propose une introduction à la photogra- phie et à ses grandes figures, à travers le regard à la fois acéré et plein de tendresse du « génie absolu de l'image », Robert Delpire, fondateur des Éditions Delpire, longtemps président du Centre national de la photographie, créateur de la première collection de livres de poche consacrés à la photographie, devenue aujourd'hui historique.
    L'ouvrage rassemble la plupart des textes que Robert Delpire a eu l'occasion d'écrire pendant sa carrière.
    Parfois théoriques - réflexions sur l'image en tant qu'art graphique -, parfois plus intimes - notamment autour de ses relations personnelles avec les artistes qu'il a rencontrés, accompagnés -, ses textes consti- tuent un précieux témoignage de l'histoire de la photographie et livrent une vision subjective et pas- sionnée du travail de certains des plus grands photo- graphes de notre siècle.
    Les textes sont illustrés de plus d'une centaine de photographies emblématiques sélectionnées dans l'oeuvre de William Klein, Josef Koudelka, Henri Cartier-Bresson, Sarah Moon, etc.

  • Exils

    Josef Koudelka

    • Delpire
    • 11 Mars 2015

    1970. Après avoir été reporter lors de l'invasion soviétique, Josef Koudelka renonce à sa nationalité tchèque, devient apatride et entame un long voyage : celui de l'Exil. Traversant les frontières de l'Europe, en homme libre, il photographie ce qu'il voit : les lieux, les objets, les âmes. Ces images de vie dégagent une profondeur et une force invraisemblables. À la fois nomade et visionnaire, Koudelka dépeint un monde où le tragique investit le quotidien.
    Exils propose une sélection d'images qui nous emmènent dans un voyage qui nous en dit autant sur l'être que sur l'ailleurs et qui trouve aujourd'hui une particulière acuité, au moment où l'Europe est secouée de crises.

  • Un très bel ouvrage pour découvrir ou redécouvrir l'un des photographes majeurs de notre siècle.

  • « Décembre 1972 [...] Nous visitons un camp de réfugiés installé sur une ancienne base militaire américaine de Da Nang. Sur la porte d'une cabane faite de bric et de broc, un tag maladroit : Forget ME Not. [...] Quarante-cinq ans plus tard [...] je me dis qu'il est temps que moi aussi j'inscrive « Forget ME Not » quelque part. » Abbas replonge dans ses planches-contacts et nous livre une sélection intime des reportages qu'il a réalisés au Vietnam de 1972 à 1975, étant notamment l'un des premiers photographes à rapporter des images du Viêt-cong. Profondément marqué par ce pays, il y retourne en 2008 et confronte ses souvenirs à une nouvelle nation qui s'est ouverte au capitalisme.

    /> De Saigon à Hanoi, en passant par les manifestations antiguerre à Miami et le Sommet des Non-Alignés de Cuba, jusqu'à son retour au Vietnam trente ans plus tard, ce livre regroupe des photos de guerre, mais aussi et surtout des images des villes que le photographe a parcourues, des visages de celles et de ceux qu'il a rencontrés. Au-delà du témoignage historique et politique, Abbas raconte ce pays qui l'a tant touché.

  • Juste un peu flou

    Robert Capa

    Cet ouvrage réunit le texte et les photographies de Robert Capa sur la deuxième guerre mondiale à ce jour jamais publiés en français.
    Le récit commence en 1941 lorsque Capa, envoyé par le journal Colliers couvrir la guerre, quitte New York pour rejoindre l'Angleterre. A travers son texte et ses photographies, Capa nous immerge dans un périple trépidant à travers toute l'Europe, de Londres à l'Afrique du Nord, de l'Italie au débarquement, de Paris libéré à l'Allemagne aux derniers jours du conflit. Ce texte, empreint de la violence et de l'horreur des combats, de toute la verve et l'humour de Capa, mêle la guerre, le débarquement, sa relation amoureuse avec la séduisante Pinky, son amitié avec Hemingway.
    Il révèle Capa sous un autre jour, et nous permet ainsi de ne pas nous arrêter à la mythologie engendrée par ses photos, de porter un autre regard sur son travail de photojournaliste. Il ne se limite pas à être un simple témoin des faits qu'il relate et photographie : il n'est pas spectateur de la guerre, il vit la guerre. Il est reporter, parachutiste, débarque avec les alliés sur les plages de Cherbourg, s'investit totalement auprès des hommes dont il partage l'existence.
    Sur l'édition originale Capa écrivait en guise d'avertissement : "Ecrire la vérité est tellement difficile, alors pour mieux la traduire je me suis permis de faire quelques retouches à ma façon. Tous les événements et les personnages de ce livre sont fortuits et ont un certain rapport avec la vérité. " Ces images et ces mots de Robert Capa montrent bien qu'il n'était pas homme à chercher des vérités absolues, mais des vérités relatives, relatives à la réalité des hommes, de leurs vies et de leurs souffrances.

  • Ce livre regroupe les photos prises par Vincent Perez lors des quatre voyages qu'il a faits en Rus- sie avec Olivier Rolin, au cours des années 2016 et 2017 : d'Arkhangelsk au nord à Astrakan au sud, de Saint-Pétersbourg à l'ouest à Oulan-Oude à l'est, le photographe et l'écrivain, amoureux tous les deux de la Russie d'aujourd'hui, nous livrent, comme dans un carnet de voyage, une vision sensible du pays des tsars...
    Vincent Perez propose ici une galerie impression- nante de portraits d'une intensité saisissante : des menuisiers, paysans, pêcheurs, agriculteurs côtoient des cosaques, artistes, chômeurs, et même un cha- man, deux chiens et une tête de poisson... Quelques paysages...
    Quant à Olivier Rolin, cherchant à « confronter les mots à l'oeil du photographe », il décrit, raconte, déploie tout à tour anecdotes, descriptions et don- nées historiques.
    Au final, le regard du photographe et la plume de l'écrivain se mêlent et, à la manière d'un récit de voyage, saisissent l'atmosphère et parfois même, lorsque le « poeinochnik » (vent de minuit) souffle, la température de ce pays de glace et de feu.

  • Depuis sa première publication il y a près de quarante ans, Henri Cartier-Bresson Photographe est considéré comme le chef d'oeuvre incontournable de Cartier-Bresson. Il reste, aujourd'hui encore, le plus important travail rétrospectif de cet artiste à l'influence considérable.
    Armé d'un Leica discret et maniable, le photographe a arpenté les rues et les chemins du monde entier, à l'affût de « l'instant décisif », quand la signification et la composition se rejoignent pour devenir une image à la fois esthétique et pleine de sens. Cartier-Bresson considérait son appareil photo comme un prolongement de son bras - ce qui souligne son talent inégalé à composer spontanément une image capable d'évoquer le mystère, l'humour et l'universalité des personnes et des événements capturés par son objectif.
    Dans sa préface, l'écrivain et poète Yves Bonnefoy s'attarde tout particulièrement sur ce processus créatif.
    Cet ouvrage propose un choix très large de photographies sélectionnées personnellement par l'artiste, ce qui en fait son ultime chef d'oeuvre. Il inclut également une biographie et une bibliographie.

  • Entre l'érection du mur de Berlin au cours de l'été 1961 et son travail sur les ravages du sida en Afrique australe en 2001, Don McCullin n'a cessé de regarder les souffrances des autres à travers les conflits majeurs de ces quatre décennies. Un regard chargé de colère toujours, de tristesse aussi, de désespérance même, sur les inqualifiables cruautés infligées par les hommes à leurs semblables. Un regard empli d'incompréhension et de compassion tout à la fois, regard de solidarité à l'égard des plus faibles, des démunis, des réprouvés, des victimes de ces inacceptables situations.
    Chypre divisée, le Congo meurtri, le Vietnam bombardé et torturé, le Moyen-Orient déchiré, le Biafra affamé, le Bangladesh ravagé, le Cambodge assassiné, le Salvador révolté, l'Irlande tourmentée, l'Irak insurgé.

    Ni voyeur, ni chasseur, ni même vraiment chroniqueur ou historien, Don McCullin, autodidacte en photographie comme dans sa lecture du monde, est un homme au visage marqué mais à l'oeil limpide et innocent, incrédule devant la barbarie. A travers ses puissantes images publiées régulièrement durant vingt ans dans l'important Sunday Times Magazine, il se voue à déranger le confort dominical de ses compatriotes en leur présentant ces injustices faites à l'homme par l'homme à travers la planète. Dans sa photographie, il y a et Zola et Goya.

    En même temps, il proclame sa propre culpabilité avec ses images impuissantes à changer le cours des choses... comme il n'a pu empêcher la mort de son père lorsqu'il avait quatorze ans, ou plus tard celle de ses proches.
    Son regard demeure l'émouvant miroir de celui des sujets qu'il photographie, auxquels il s'identifie. Il est profondément solidaire. Et puis il y a l'Angleterre qu'il photographiera souvent entre les reportages de guerre. Et cette fois il y a du Dickens chez McCullin.
    Une Angleterre qu'il continue de photographier aujourd'hui.
    Personnage hors du commun, difficile à cerner de façon définitive, ses intérêts sont divers :les bords du Gange ; les paysages du Somerset ; les tribus perdues du Sud éthiopien ; les traces de l'empire romain autour du bassin méditerranéen. Mais toujours avec ce même regard profond et inquiet sur l'homme.
    Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour que cette autobiographie de Don McCullin, qui se termine en 1982, soit enfin publiée en français.

    Elle nous amène à nous demander qui nous racontera le quart de siècle écoulé depuis, celui durant lequel le grand photographe de guerre a choisi de devenir un homme en quête d'une paix impossible.

    Robert Pledge

  • Quelle que soit l'oeuvre de Steinberg à laquelle ils portent un intérêt particulier, spécialistes et amateurs passionnés cherchent souvent à qualifier les dessins qu'ils tiennent en main. Et le mot "génial" leur vient souvent à l'esprit. Même s'ils savent qu'il faut se méfier des superlatifs et que le terme de génie s'applique rarement à un contemporain. Mais, c'est une évidence, Steinberg est un cas. Ni peintre, ni illustrateur, ni chroniqueur de l'actualité, il a cet intérêt pour l'homme qui le fait traiter, avec la même lucidité, avec une inégalable vivacité d'esprit, avec une sûreté surprenante du trait - la réponse fulgurante de son crayon à l'idée qui lui est passée par la tête tient du miracle - les sujets prodigieusement variés qui ont généré, en quelques décennies, une oeuvre colossale. Oui, Steinberg est un génie. A l'état pur.

  • Famille, de ses reportages, de sa visite à Ho Chi Minh, de ses photographies célèbres, de la jeune Américaine qui offre une fleur aux soldats, du peintre de la tour Eiffel, parmi tant d'autres... Tout ce qu'il dit ici, qui m'a passionné, et vous le trouvez avare de paroles ? Mais, monsieur le lecteur, c'est que vous ne savez pas à quel point Marc Riboud est volubile en images, que l'image est sa vie, que ce bonheur de l'oeil dont il parle si bien, cette nécessité qu'il a de fixer ce qu'il voit, la guerre d'Algérie, cette Chine qu'il adore, ces paysages du Huang Shang et du Rajasthan, tous ces pays qu'il a parcourus, l'Iran, l'Inde, l'Afrique, cette oeuvre, c'est lui-même, un des grands imagiers de son temps.

    La chance que nous avons eue c'est de le faire parler avec Bertrand Eveno, qui connaît aussi bien l'homme que le médium. Leur amitié et leurs souvenirs croisés vous révèlent cet autre aspect d'une si riche nature et d'un talent si rare.

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