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Gallimard

  • C'est presque par hasard qu'Élodie Bernard se rend en Iran, pour la première fois en 2005, accompagnant dans sa famille une camarade iranienne de la Sorbonne. Elle est alors étudiante en relations internationales. C'est ensuite par amour et fascination pour ce pays qu'elle y retourne, à titre personnel d'abord, puis pour travailler à La Revue de Téhéran.
    À travers ces fragments de récits, nous parcourons le pays et nous familiarisons avec lui en même temps que l'auteure. Élodie Bernard décrit les événements politiques iraniens de cette décennie, son récit permettant avant tout d'approcher la vie quotidienne de la population - dans la capitale et dans certaines grandes villes (Kashan, Ispahan, etc.) -, de partager les émotions nées de cette période charnière.
    Elle dévoile ses craintes : être une Française en Iran au milieu d'un maillage de coutumes et de règles strictes, dans un pays en pleine effervescence politique. Elle s'émerveille de l'accueil que lui réservent les familles qu'elle côtoie et de l'émancipation de la jeunesse iranienne.

  • De Patmos aux Pouilles, de Naples à Jérusalem, de Chypre aux Cyclades, la Méditerranée, avec sa gaieté, son panache, dissipe les rigueurs du Nord et l'hiver des coeurs. Refuge solaire, elle nous console et nous revigore. On rencontre lors de ce vagabondage - départs à l'aube sur des ports grecs ou road trip au crépuscule sur la route de l'encens, dimanches paresseux - Visconti et ses hortensias bleus, un buveur préhistorique de vino erotiko, Jackie O. et Épicure, un alligator empaillé, des popes à mobylette, Rachmaninov dans un bar de plage, une icône qui sue, un arbre de la paresse, un colibri nommé Baruch, monsieur Michel au galant de nuit, Oussama le boucher de Beit Jala, les Éthiopiens sur le toit du Saint-Sépulcre, les chevaliers de Rhodes, un prince sicilien, des ours roses, une fontaine amoureuse...
    Errante rêveuse en quête de liberté, Véronique Bruez nous entraîne dans son sillage au parfum de bonheur.

  • J'ai toujours été une plante d'appartement, une petite nature, une trouillarde. C'est par hasard que je me suis retrouvée à boire le thé avec Julie et que je lui ai dit : «Génial, ton trek au Népal ! Voilà quelque chose que je ne pourrais jamais faire, moi qui n'arrive pas à marcher avec un sac à dos !» Julie m'a répondu : «Justement au Népal il y a des porteurs !» Et voilà : un mois et demi plus tard, nous y sommes. » Catherine Cusset nous raconte trois voyages : un trek au Népal avec son mari et sa fille adolescente ; un séjour cauchemardesque dans un paradis tropical ; une escale dans le futur quand l'auteure est invitée en Chine. Ces voyages sont reliés par un fil invisible-celui qui fait qu'on part loin, pour retrouver ce qui est proche.

  • Guide insolite, voyage intime, mode d'emploi, exploration d'une ville singulière, Naples. Véronique Bruez nous entraîne dans la fantaisie, l'imprévu, la tragédie sous le soleil, les lieux célèbres, les lieux secrets, toujours loin des lieux communs. On y croise un lézard nommé Joséphine, le fantôme de Laclos, un prince à mobylette, les âmes du purgatoire, un poil de Maradona, la chatte Cendrillonne, un mort qui parle, le crocodile du château de l'oeuf, le ravi de la crèche, Pergolèse et le Caravage qui, avant nous, ont connu la dolce vita et la violence. L'auteur a vécu de nombreuses années à Naples, où elle se sent chez elle : elle y voit le coeur de l'insoumission.

  • Peu de temps après les émeutes de 2008 à Lhassa, alors que la planète regarde vers les Jeux olympiques de Pékin, la situation dans l'Ouest chinois est verrouillée. Hors d'un groupe organisé, le séjour pour de simples voyageurs en République autonome du Tibet n'y est plus toléré. Sont nécessaires un guide, un chauffeur et un permis sur lequel sera retranscrit l'exact tracé des chemins empruntés au cours du périple, de manière à contrôler toutes les informations qui sortent du Tibet.
    Élodie Bernard, alors âgée de 24 ans, a choisi de pénétrer seule et sans autorisation sur le Toit du Monde, pour s'immerger dans la société tibétaine, observer la vie quotidienne dans les villes et les campagnes, assembler des témoignages de l'intérieur sur la répression en cours. En se déplaçant au gré des rencontres, sans itinéraire prédéterminé, elle a interrogé des dizaines de personnes qui, attachées à leur terre, ne souhaitent pas fuir en exil et s'efforcent de continuer de vivre selon leur culture et leurs coutumes. En partageant gîte et couvert, ces gens lui livrent leur vision de la vie et le sens de leur combat quotidien.

  • Une jeune auteure décrit la semaine qu'elle passe sur un cargo entre Le Havre et l'île de Malte.
    Seule femme à bord, elle observe avec une acuité à la fois malicieuse et généreuse les hommes, d'origine roumaine, de l'équipage. Il y a le capitaine, exemple d'une virilité traditionnelle, un aspirant séduisant mais qui souffre du mal de mer, un « ingénieur » qui s'occupe de la bonne marche des machines, enfin des Philippins promis à des tâches plus obscures, avec lesquels elle engage des parties de babyfoot. Elle observe avec une justesse qui laisse poindre une ironie affectueuse les rituels de la vie à bord, les obligations du carré des officiers, qui contrastent avec le naturel des Philippins.

    Durant cette brève expérience, la jeune femme cherche à définir, avec beaucoup de finesse et une grande vivacité de style, ce que serait sa place dans un monde plus vaste. L'originalité extrêmement plaisante de ce récit donnera à son lecteur la sensation d'ivresse enthousiasmante propre au grand large.

  • «De la Corée, comme tout un chacun, je ne connaissais que des lieux communs : Gangnam Style, la menace du Nord et le "miracle technologique" du Sud. Mon ignorance traduisait une histoire - celle d'une contrée minuscule cernée par trois empires, souvent confinée, à dessein, pour sauvegarder son identité. Alors, depuis Paris, j'ai commencé à enquêter : la Corée était dépeinte comme un pays fermé, les Coréens passaient tantôt pour les "Suisses de l'Asie" (protestants et ennuyeux), tantôt pour les "Italiens de l'Orient" (fêtards et délurés). La seule manière de trancher était de partir.
    Lors d'un dîner, à mon retour, quelqu'un a lancé : "Ce pays, c'est un pur mélange de Japon et de Chine. Il existe une identité coréenne. Mais je serais bien incapable de la définir." De mon côté, fort de multiples rencontres, des hommes d'affaires aux fonctionnaires, des étudiants français à Séoul aux étudiants coréens à Paris, des vedettes de K-pop aux poètes ancestraux, en passant par Fleur Pellerin et quelques expatriés de longue date, je me sentais prêt à la définir, cette identité. Et même à l'écrire».
    Arthur Dreyfus.

  • «À Tokyo, je ne reconnais rien, aucune image, aucune description, aucun signe du connu. Je n'y retrouve aucun plan d'aucun film, aucun mot d'aucun texte. Je n'ai rien lu, je n'ai rien vu. Les images des autres mondes, européens, américains, s'imposent d'elles-mêmes, elles nous sont imposées tout le temps et partout. Celles-ci nécessitent un travail, une recherche. Je n'ai pas cherché, je n'ai pas travaillé. Et je ne retrouve rien, je ne trouve pas, je perds tous repères, et j'ai tout à bâtir».

    La voix de Pierre Notte est multiple, en pleine métamorphose. Elle parle, tant elle redoute qu'on ne l'occulte. Cest sa façon d'exister, sa manière de dire «Je suis là», de faire partir la peur. Dans ce Japon déroutant où tout existe et son contraire, écoutons la ville et la voix assourdir ou se taire.

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  • La ville de Milan, son histoire, ses monuments, ses musées, ses places, ses habitants, célèbres ou inconnus, sont ici les prétextes choisis par Savinio pour illustrer ces lignes du préambule qui ont valeur de manifeste : " Dans l'ambition de faire "une oeuvre", il y a encore de la puérilité.
    Une fois cette puérilité comprise et dépassée, on n'écrit de livres, si on a encore envie d'écrire, qu'en forme de longue et tranquille conversation. " Songeur et précis, Savinio porte ici à son point extrême de perfection cet art de la digression qui le caractérise, et qui n'est possible que lorsqu'on possède, comme lui, une mémoire amoureuse et attentive à renouveler, à la moindre occasion, quelque pensée impérissable, une sentence ou un bonheur oublié.
    A établir aussi les affinités reliant les oeuvres et les coutumes des hommes, et à souligner, à travers les siècles, les variantes de l'Esprit. Aussi, dans sa promenade milanaise, à chaque coin de rue, à la vue d'une façade ou d'une statue, sa vaste culture - nourrie surtout d'Héraclite, de Platon, de Lucien de Samosate, de Voltaire, de Beethoven, de Stendhal, d'Achim von Arnim, de Nietzsche - s'éveille, créant tout un réseau d'échos autour de chaque sujet et de chaque thème.
    Et, touche après touche, la ville - contemplée pour la première fois dans son intégralité, juste avant les bombardements de 1943 - surgit à chaque page pour s'effacer aussitôt ; car, si l'auteur parle de son architecture, c'est toute l'architecture italienne qu'il passe en revue, et, s'il commente les tableaux de ses musées, c'est toute la peintre qui défile, tels Cimabue et Giotto qu'il analyse par rapport au cubisme et à Paul Klee.

  • « Je ne sais pas si je suis un provincial ou un Parisien. Je suis né par hasard en Normandie. Pau et le Béarn où j'ai passé mon enfance et mon adolescence m'ont inspiré une bonne partie de mes livres. Mais ma ville, c'est Paris. J'ai l'impression que les vrais Parisiens sont ceux qui sont nés ailleurs et pour qui vivre à Paris est une conquête. Il me suffit de passer sur un pont de la Seine, et je m'émerveille. Des ciels incomparables ! Ce n'est pas un rêve, je suis à Paris ! Ce livre est fait d'une multitude d'images ou de souvenirs de Paris. Chacun a pour titre le numéro et le nom d'une rue. Souvent autobiographique, il comporte, à l'adresse de la place de l'Hôtel de Ville, un journal détaillé de la semaine de la Libération, que j'ai eu la chance de vivre au coeur même de Paris, de cet Hôtel de Ville. On y trouve aussi des histoires de journaux, des rencontres avec les écrivains et les artistes : Camus, Faulkner, Queneau, Alejo Carpentier, Prévert, Picasso, Henry Miller, Sacha Guitry, Jean Genet, Claude Roy. Souvent on s'en doute, à l'adresse du 5 rue Sébastien Bottin. »R. G.

  • Tel un jeune Nathanaël, le narrateur, trop plein de culture livresque, décide de parcourir le monde. Pour cela, il s'engage à bord d'un vaisseau en partance pour la Corne de l'Afrique. Il y vit une vie de meute, une vie de soldat, avec son respect intangible de la hiérarchie et ses moments de respiration, de débordements nécessaires : escales carnavalesques où l'on boit en une après-midi l'équivalent du revenu annuel d'un autochtone, où l'on paye des filles que, chez soi, on aurait voulu arracher au trottoir, où l'on est autre parce qu'on est ailleurs.Le narrateur se confie à ses carnets, hésite à succomber aux mirages de l'orientalisme et ne découvre que saleté et misère. Face au vaisseau français, un esquif de pirates somaliens est le contrepoint qui donne à voir d'autres vies que celles des jeunes gens bien éduqués d'Europe. Avec une certaine ironie, le narrateur s'interroge et se confronte aux réalités qui se trouvent derrière les appellations romantiques qui ont bercé ses rêveries d'enfant. Sera-t-il changé par ce lointain voyage, devenu l'occasion d'un voyage intérieur ?

  • « L'Estonie est un petit pays du nord de l'Europe. Voilà pour l'ignorance générale, dont la mienne, il y a peu. Au mieux mettais-je l'Estonie dans le sac balte, à peine détaché du grand corps soviétique, les trois noms d'Estonie, de Lettonie, de Lituanie composant un poème perdu que seule la rime fait tenir ensemble, et encore est-ce dans un désordre qu'accroissent les anciens noms de ces provinces de la Ligue hanséatique : la Livonie, la Courlande, l'Ostrobothnie, et même la Poméranie, dont la beauté étend ces régions aux frontières du songe, sachant que l'incertitude frontalière, voire l'inexistence, fut longtemps le lots des pays dits baltes. Je m'en remets à l'absence de clichés, à la pure altérité de l'inconnu, celui-ci se donnât-il l'apparence d'une femme ». À la manière de Michaux dans Un barbare en Asie, Richard Millet nous convie à ce périple à travers « l'Eesti » (l'Estonie, en langue estonienne), en réalité un récit de voyage intérieur et géographique, qui mêle les notations sensorielles à propos des villes telles que Tallin ou encore Tartu, des campagnes peuplées de bouleaux et de sapins aux rencontres nombreuses avec des écrivains et des musiciens locaux. Le ton est souvent ironique et le propos salubre. La méditation esthétique et politique au sens large, à défaut de devenir estonien, offre à l'auteur un miroir à sa lassitude d'être français.

  • En compagnie d'un ami photographe, Jean-Marie Laclavetine a vagabondé durant des mois sur les routes de Touraine. Ils ont suivi le cours des rivières, longé le fleuve sauvage, arpenté les rues et les ruelles des villes royales, interrogé la riche mémoire de cette terre d'écrivains. Ils sont allés à la rencontre des « fainéants sublimes » dont parle Balzac, habitants d'un pays où le temps ne passe pas à la même vitesse qu'ailleurs. Le récit de ce vagabondage est plein d'ironie, d'anecdotes cocasses, de visions surprenantes, mais aussi de réflexions sur l'esprit des lieux, qui nous habitent davantage que nous ne les habitons. Parution liée à celle de l'album Voyage sur une feuille de vigne, dans la collection « Lieux et écrivains », qui propose une version abrégée du texte et les photos de Jean-Luc Chapin

  • « Où que l'on soit, au Ladakh, à Istanbul, à Mexico, à Badajoz, au Mont Athos, à Bénarès ou dans les îles de la Sonde, la règle est de voyager léger. Pas question d'emporter papier à lettres et enveloppes au fond d'un sac à dos. La carte postale achetée en bord de route comme au coin d'une rue devient la solution idéale. Rédigée sur le champ (bazar, bus stand, trottoir, tea stall, bivouac), et expédiée séance tenante. [.]En fait, le recours aux cartes postales était des plus épisodiques et ne devait devenir fréquent que quelques années plus tard, au bénéfice exclusif de mon ami Yanny Hureaux, qui pouvait ainsi me suivre à saute frontière depuis sa clairière ardennaise de Gespunsart. Sans qu'il le sache, j'usai de son prénom pour ajouter à mes jeux d'écriture un nouvel atout littéraire d'un genre désormais spécifique et immuable : la carte à Yanny. À partir de 2002, l'année qui vit la mort rapprochée de mes parents, dont il avait été le visiteur attentionné et le soutien le plus fidèle, les envois devinrent systématiques. Dès que je quittais l'hexagone, fût-ce pour un jour, une semaine ou quelques mois, je ne dérogeais jamais à cette habitude, qui n'avait rien d'une contrainte, tout juste d'un réflexe fraternel. » (André Velter)L'originalité du Jeu du monde réside en sa forme : une série de cartes postales envoyées des quatre coins du monde par André Velter à son ami Yanny, coincé dans l'Hexagone pour cause de handicap. Ces courts textes vont de la pure impression à la méditation en passant par de véritables poèmes en prose. Le lecteur a la sensation d'ouvrir un herbier littéraire et géographique. En quelques lignes nous sommes à Pékin, on tourne la page et nous voilà à Izmir. On ne résiste pas à ce monde en raccourci.Du même auteur, à paraître simultanément : Loin de nos bases (collection blanche)

  • Sultanat d'Oman, Myanmar, Éthiopie, Bangladesh, Japon. Miliciens nilotiques nus et scarifiés, pluies ininterrompues, côtes en boue qui se disloquent, flashes des auréoles bouddhiques électroniques, avions de chasse bengalis, MP3 des hauts plateaux, zébus des Peuls, cabanes dans les palais de La Havane, silences ouatés du Sultanat, complicités pakistanaises, villes frontalières du Somaliland aux couleurs de dessins animés, collines d'Arakan, paillettes sur des bras sombres, fièvres de dengue : Cités en abîme décrit le voyage des années 2010. Réaction à la supériorité humanitaire, questionnement des dominations culturelles bienfaitrices, le récit d'Antonin Potoski, ressenti à travers le corps, crée des appels d'air entre des situations éloignées, des passages secrets sous les continents.

  • Il s'agit de la découverte de l'Indonésie, si peu connue en France, à travers plusieurs lieux. Le voyage débute au coeur de Java, où se dresse le plus grand sanctuaire bouddhique du monde :
    Borobudur. Ses neuf étages contiennent des énigmes. Peut-on les éclairer ?
    Mais si le texte aborde, par touches, les aspects culturels, le récit raconte avant tout un voyage accompli avec un regard toujours curieux. Voici l'ascension d'un volcan, l'ancienne capitale de Java, la jungle, un rituel chamanique à Bali, Bandung, Jakarta. Les étapes sont l'occasion de rencontres comme celles avec un moine bouddhiste, un traditionnaliste musulman, un savant déjanté ou une prostituée qui demande de l'aide.
    Dans ce récit mené avec fantaisie, les réflexions sur le monde d'aujourd'hui alternent avec le lyrisme et l'humour. Pour Olivier Germain-Thomas, l'écriture du voyage est le creuset où les différents genres se rencontrent pour exprimer les multiples aspects de la vie.

  • « On vous dit : la Croatie, bien sûr les archipels de rêve, les crépuscules enchanteurs, bien sûr les murailles de Dubrovnik, l'air qui tremble sur les plages blanches, les îles en suspens dans l'eau turquoise... Pourtant ce n'est pas vers ce pays que je suis allé. Je voulais flâner dans des campagnes grises méconnues des touristes, me perdre dans des banlieues, me laisser surprendre au virage, connaître un peu l'envers de ce pays qui depuis trois millénaires conjugue les bonheurs de la géographie avec les malheurs de l'histoire.
    Et puis surtout rencontrer des personnes vivantes, les regarder bouger et vivre, observer leurs façons de sourire ou de se taire, revoir aussi quelques amis croates connus lors de mes voyages en Bosnie. Ce sont leurs voix, recueillies au fil de la promenade, sarcastiques ou mélancoliques, pleines d'un amour fatigué pour cette terre, que je veux faire entendre. »

  • Le pays de Cardamome : des boues du Bangladesh aux collines de l'Inde orientale, cette région étourdissante d'industrie et de mouvement fait face à l'immensité silencieuse du pays Or et Kaki, le Myanmar. En 2012, l'Arakan, le territoire tampon entre ces deux mondes, s'est enflammé ; des milices bouddhistes ont incendié des milliers d'habitations de musulmans pour les forcer à l'exil.
    Familier des deux camps, l'auteur voyage avec des apatrides arakanais. À leur progression dans les zones tribales se superpose le parcours intérieur de l'écrivain voyageur : en créant des correspondances avec le territoire sahélien qu'il a quitté, en interrogeant la solitude et les désirs de son enfance lorraine, Antonin Potoski livre, sur d'étranges journées d'amitié dans les jungles frontalières, un témoignage d'une grande tendresse.

  • Au lendemain de la révolution durant le mois de juin 2011, Christian Giudicelli est retourné dans une Tunisie qu'il avait déjà beaucoup parcourue.
    Il a voulu y percevoir les signes d'un possible renouveau. " La Tunisie de la révolution, disait un étudiant, c'est celle qui se tenait derrière le décor. " Cet espace, que les médias ont quelque peu délaissé, l'auteur tente de l'explorer. Il se promène, toujours à l'affût. De Bizerte à Tunis, il rencontre des jeunes et des moins jeunes, on croise des bacheliers, des marchands, des policiers, des footballeurs d'Afrique noire, des Libyens réfugiés, des petites danseuses et des garçons élégants, des victimes et des vainqueurs qui cherchent où est leur victoire.
    Se dégage de ce récit impressionniste l'image d'une société encore en crise mais étonnamment vivante.

  • "Il te faut reconnaître l'homme archaïque en toi. Il arpente la terre et s'étonne de ses paysages, il est le premier animal à se laisser troubler par le ciel embrasé des aurores, à sentir la pluie fine sur sa peau et se dire qu'il tombe sur lui un don du ciel peut-être, à voir la foudre et en devenir fou. Il est le premier animal à éprouver la beauté du monde et la démesure de la vie qui est en lui sans les nommer encore. Il déambule et cherche un toit, découvreur du feu et explorateur de l'ombre.

    Il te faut reconnaître l'homme archaïque en toi, t'abandonner à son errance, cet appel sans voix à l'étonnement et au voyage. Il est l'enfance perpétuelle de tout homme."

  • Des rivages brûlants du Bénarès jusqu'aux sources du Gange, des océans humains jusqu'aux solitudes de l'Himalaya, ouvrez un oeil neuf, toujours émerveillé, sur l'Inde, sur le monde et sur vous.
    Prenez mon Inde entre vos mains, et si vos doigts la parcourent, si votre peau frémissante, vos lèvres, la désirent encore, nous aurons partagé cette chaleur, ces cris, ces sourires sur le chemin.
    Vivre comme une flamme est la seule manière qui soit.
    A. G.

  • Déplacements porte bien son nom : Patrick Besson est allé durant des périodes plus ou moins longues d'un lieu à l'autre (Bangkok, Varsovie, Zarzis, Gand, USA, Brazzaville, Téhéran, Nice, Gennevilliers, Saint-Amand-les-Eaux, Mauves-sur-Huisne, Paris, Marrakech, Casablanca, Rabat, Cancún, Belgrade).

    De ses voyages, il revient la plume riche d'anecdotes où se mêlent portraits et faits divers et dont il tire parfois des considérations politiques imprévues autant que dérangeantes. Une pensée qui ne ressemble à aucune autre émerge au-delà de l'ironie et du brio. Ici, le déplacement n'est pas que géographique, il participe d'une jubilation mentale dont la verve n'est jamais gratuite, l'auteur nous donnant de surcroît un aperçu de son engagement littéraire et affectif. L'éloge côtoie la critique dans un style qui garde la vivacité d'un premier coup d'oeil avide de réflexion. En quelques lignes, l'ébauche devient une oeuvre.

  • Fruit d'un voyage à Stockholm et à Göteborg, ce récit nous livre les premières impressions d'un écrivain libanais parachuté dans un monde situé aux antipodes du sien. Avec érudition et humour, l'auteur nous décrit la Suède dans tous ses états, nous parle des Suédois et de leurs coutumes surprenantes, et met en exergue les différences qui séparent le Liban et la France de cette planète étrange. Plus d'une fois, le narrateur rencontre des anges. Comment s'en étonner dans un pays considéré comme un paradis?

  • Ce livre nous invite à un voyage en Allemagne aux confins de la Forêt-Noire, jusqu'au lac de Constance. Le coeur du récit est le village de Wilflingen, où réside Ernst Jünger. Les deux auteurs relatent les moments passés en sa compagnie et celle de son épouse, dans un climat de simplicité amicale, évoquant la vie quotidienne et les questions littéraires : une façon toute personnelle d'approcher l'oeuvre de l'auteur de Sur les falaises de marbre.
    En contrepoint, des conversations avec des tiers, écrivains pour la plupart, amis de Jünger ou fascinés par lui : Julien Gracq, Henri Thomas, Jules Roy, Stephen Spender et même François Mitterrand.
    Par association, apparaissent d'autres figures majeures de la littérature germanique : Novalis, Wieland, Annette von Droste-Hülshoff, Heine, Hölderlin surtout, jusqu'au poète Friedrich Georg Jünger, le frère d'Ernst, ou Heidegger. La tradition ru romantisme allemand contenait pour chaque artiste le rituel du voyage. Ce texte mouvant construit son univers esthétique en explorant des oeuvres et des lieux chargés de mémoire.

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