Littérature générale

  • A seize ans, harcelée sur les réseaux sociaux parce qu'elle est libre de ses idées, de ses choix, de sa façon d'être, une jeune fille riposte en critiquant l'islam et en se moquant du prophète.
    Ce jour-là, Mila plonge dans un cauchemar : en quelques heures, des milliers de menaces de mort, de torture, de viol, déferlent du monde entier, mais aussi de son propre lycée.
    Elle est condamnée à vivre cachée, sous protection policière, prisonnière au pays des lumières et de la laïcité.
    Finis, l'école, les amis, l'insouciance, les rires.
    Aujourd'hui, elle raconte son parcours. Décrit la violence d'une époque intoxiquée aux réseaux sociaux. Dénonce les bourreaux protégés par leur anonymat. Et appelle le pays à ne pas être lâche et fragile : à ne jamais renoncer.
    Si vous croyez au combat sans cesse renouvelé pour nos vies libres, lisez ce livre.

  • « Promets-moi de dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d'autres ». Telle a été l'espérance formulée par Fanny quelques heures avant son assassinat dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Aujourd'hui, sa jeune soeur Esther tient sa promesse.
    Dans les années 1930, sa famille fuyant l'antisémitisme polonais, migre vers la France et s'installe passage Ronce, quartier de Belleville. C'est là qu'Esther grandit avec ses cinq frères et sa soeur, dans ce quartier populaire, avec ses marchés, ses rues poussiéreuses, ses échoppes de cordonniers et de tailleurs. Une existence modeste mais heureuse qui bascule en mai 1940. Il y a d'abord l'arrestation de son frère Marcel puis celle de Samuel, envoyé à Drancy. La rafle du Vel d'Hiv les 16 et 17 juillet 1942 est un coup de hache. Esther ne reverra jamais ses parents. Elle se réfugie chez une gardienne, réussit à gagner la zone libre, revient à Paris où elle est finalement arrêtée lors d'un contrôle d'identité puis internée au camp de Drancy. Birkenau : Esther est rasée, tatouée, on lui assigne une baraque, un kommando. L'enfer commence : le travail forcé, le froid, la promiscuité, les coups, la maladie, la faim. Et la mort, partout.
    Soixante-quinze ans après la libération des camps, Esther continue de faire vivre la mémoire des siens et d'honorer la promesse faite à sa soeur. La Petite fille du passage ronce est ce récit, mais aussi un projet historique et littéraire différent. Avec la complicité d'Isabelle Ernot, il s'ouvre comme un diptyque : le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus, par des lettres, à sa soeur Fanny et à sa mère Gela, ou encore lors d'une déambulation sur son chemin d'écolière entre Ménilmontant et Belleville. Le récit revient sans cesse vers ce passage Ronce, disparu, qui n'existe plus qu'ici : en cette stèle de mots, vivace et émouvante.

  • « Tu es vilaine. » C'est la première phrase que Bob Marley lance à Pascaline Bongo, la fille aînée du président gabonais Omar Bongo. Elle a 23 ans et elle vient de se glisser dans la loge du chanteur, après un de ses concerts aux États-Unis.
    Nous sommes en 1979, Bob a 34 ans et est à l'apogée de sa carrière. Autour de lui, un essaim de groupies tente désespérément d'attirer son attention, sous le regard attentif de sa femme et choriste, Rita Marley. Mais Pascaline, fille chérie de son père tout-puissant, n'a pas l'habitude de se faire rembarrer. Grande et sculpturale, elle regarde un instant la superstar droit dans les yeux, médusée, puis éclate d'un grand rire. C'est parce qu'elle a les cheveux défrisés, or pour les rastas, les cheveux, c'est sacré, ils ne doivent être ni coupés, ni coiffés...
    Pascaline propose alors à Bob de donner un concert au Gabon, pour l'anniversaire de son père. Le chanteur n'a jamais joué en Afrique. Il répond « oui » à son invitation. Ainsi commence la grande histoire d'amour, la dernière de sa vie, longtemps gardée secrète, entre Pascaline et lui. Une passion qui cristallise l'histoire de la décolonisation, de la religion rasta, du traumatisme de l'esclavage.

    Anne-Sophie Jahn a enquêté pendant de longs mois et recueilli le témoignage inédit de Pascaline Bongo. Son récit personnel mêle scènes et confidences, solos et foules en transe, sur un ton libre, brûlant, désirable. Ainsi revit l'icône rastafari, partie à 36 ans.

  • Lorsque Mossoul tombe aux mains de Daech, plusieurs dizaines de milliers de Chrétiens fuient la plaine de Ninive, au nord de l'Irak. Mais pas seulement : il y a là aussi des enfants, des femmes, des vieillards, des familles entières, de toute confessions et origines. En quelques heures, ils abandonnent leurs maisons, leurs églises et leurs cimetières, fuyant un assaut de haine et de cruauté. Ils quittent cette terre, celle de Noé, d'Abraham et de saint Thomas, la leur depuis deux millénaires.
    Au cours d'une incroyable épopée, un prêtre, le père Michaeel Najeeb, sauve plusieurs centaines de manuscrits vieux de plusieurs siècles que les djihadistes ont juré de réduire en flamme, comme ils ont détruit Palmyre ou saccagé le tombeau de Jonas. Au péril de sa vie, ce dominicain né à Mossoul nettoie, restaure et protège ces textes sacrés de la haine des pillards.
    Au cours de ce long exode, cruel, inhumain, il sauve aussi des familles, les nourrit, les loge, les encourage, chrétiens, Yézidis ou musulmans, tous enfants du désastre. L'arche se cherche un capitaine, qui remercie Dieu de l'avoir choisi. Parfois le destin est une grâce.
    Ce récit exceptionnel raconte une épopée, à hauteur d'homme. Celle d'un homme qui s'est juré de sauvegarder les livres pour sauver les hommes et leurs racines de la folie.

  • Petite ville de Camargue coincée entre Nîmes et Montpellier, Lunel n'est plus ce coin tranquille où l'on ne jurait que par le soleil, les vignes, le football et la passion de l'arène car une vingtaine de jeunes ont quitté la ville pour la Syrie. Musulmans fraîchement convertis, juifs ou catholiques, ils avaient à peine la trentaine, ils étaient chômeurs, footballeurs ou ingénieur et tous ont fui pour rejoindre des chefs de guerre djihadistes. Exode funeste qui conduira certains d'entre eux à la mort.
    Comment Lunel en est-elle arrivée là ? En quarante ans à peine, la commune est devenue une des plus pauvres de France. Le chômage, la violence, l'immigration et le racisme y ont explosé. La population s'est divisée, les communautés radicalisées et face à ce naufrage, des politiciens locaux attentistes, complaisants, souvent impuissants.
    Pendant des mois, les auteurs ont arpenté cette terre devenue le symbole d'un échec national. Ils ont rencontré des religieux, modérés ou extrémistes, des jeunes et des anciens, des professeurs, chefs d'entreprises, bénévoles associatifs, des élus, des policiers, magistrats, avocats et gendarmes. L'histoire qu'ils nous racontent est celle de jeunes partis mourir et tuer en Syrie. L'histoire de ceux qui, dans l'indifférence générale, les ont soutenus ou embrigadés. Ce n'est pas l'histoire d'une ville mais celle d'une faillite française.

  • « Je ne pouvais pas parler, je n'y avais même jamais pensé tellement tout cela était de ma faute, tellement j'étais compromis et depuis si longtemps. Et puis, au fond, je l'aimais bien, Didier. Depuis plusieurs années, je m'étais habitué à lui. A sa présence, à ses cadeaux et à son amour des enfants ».
    Le narrateur est aujourd'hui un adulte. Pendant toutes ces années, il a caché - par honte, par impuissance, par culpabilité ? avoir été la victime d'un ami de la famille, Didier, un adulte « gentil » et affectueux, qui pratiqua sur lui des attouchements sexuels permanents, jusqu'à l'adolescence, jusqu'à ce que les femmes le sauvent malgré lui, et le libèrent de ce poids de chagrin.
    Mais tout n'est pas si simple dans ce récit serré, calme et dévastateur à la fois, où Christophe Tison ne s'épargne guère. Et si la victime n'avait pas que du dégoût pour son bourreau ? Et si le pédophile aimait l'enfant qu'il pollue et abîme pour le reste de sa vie d'homme ? Et pourquoi les adultes, les parents, ne comprennent pas qu'on ne doit pas laisser libre, trop libre, un être qui ne sait pas se défendre ?

  • Au printemps 2012, l'auteur, journaliste et plume réputée, perd son travail en pleine polémique du Halal, et réalise ce qu'il savait déjà : ce qui touche à l'Islam fait basculer son pays hors de la raison. L'anecdote n'est rien en soi, sinon une preuve et un déclencheur. Ce livre en est la suite, un voyage engagé dans un malheur national, chez des musulmans. L'auteur ne masque rien, ni de sa colère, ni de ce qu'il est - un français agnostique, juif et de gauche, qui a longtemps travaillé sur l'antisémitisme, y compris des banlieues et de l'Islam, et ne renie rien - , mais constate la perversion des bons sentiments. Il raconte les dissimulations, les doubles identités, l'ossification française, les violences verbales, et un pays où chacun se masque pour survivre.
    Ce voyage se passe au temps de Marine Le Pen, devenue "normale" pour la paresse journalistique en abandonnant l'antisémitisme de papa pour une islamophobie convenable. Il se déroule au temps du bombardement médiatique de l'Islam et de l'incantation laïque. Il se situe entre une présidentielle "pourrie d'identité nationale", le drame Merah et la crise tunisienne, et nul n'en sort indemne. Il passe par un chauffeur de bus salafiste et fan de l'OM, des soupes populaires halal, des étudiants chastes par amour de Dieu, des volailles bourguignonnes égorgées au son de Basmillah, un blogueur adorant Dieu, des étudiantes cachant leur voile ou récoltant les crachats, des Français paisibles trouvant plus que des raisons au Hamas, un écologiste qui aurait pu être ministre en Tunisie islamiste. Il passe par la France et ce qu'elle est déjà, et ce qu'elle refuse de voir - un pays devenu aussi musulman, complexe, instable et riche, où chacun arbitre entre son quotidien et son fantasme.

  • Bilqis, 12 ans et demi, est une paysanne afghane qui aide sa mère aux champs et à la maison depuis la mort de son père. Elle est l'aînée de six enfants.
    Un jour de 1989, elle est violée par des soldats soviétiques qui rentrent dans leur pays, après dix ans d'occupation. Alors commence pour Bilqis une lente descente aux enfers : rejetée par sa mère, puisque « souillée », elle vivra dans l'étable, avant d'être vendue à une famille d'un bourg voisin. Pendant une dizaine d'années, de bourgades en villages, elle sera bonne à tout faire, serveuse, femme de chambre, instrument de désirs et de fantasmes, battue, insultée, violentée...
    Dans un bordel à Herat, Bilqis a ses protecteurs parmi les talibans. Puis on la retrouve, enlevée par des bandits, prostituée dans une caserne, favorite d'un chef de guerre unijambiste et borgne qui la martyrise, avant qu'elle ne le poignarde et s'enfuie à nouveau...
    « Celle qui perd sa réputation n'est plus qu'une morte parmi les vivants. » Voilà ce que lui dit une de ses compagnes d'infortune.
    La jeune femme, qui a aujourd'hui 26 ans, a été sauvée par une ONG européenne. Elle a appris à lire, à écrire et à calculer. Elle se reconstruit lentement.
    Un document unique sur la condition des femmes en Afghanistan, et dans les pays ravagés par les guerres, par l'intégrisme, par l'obscurantisme.

  • Pendant presque un an, deux fois par semaine, j'ai rencontré une prostituée bulgare de vingt et un ans.
    Elle était silencieuse, je voulais tout savoir. que se passe-t-il dans la tête d'une fille, mise sur le trottoir au sortir de l'adolescence, seule dans un pays dont elle ne parle pas la langue ? Qu'est-ce que faire l'amour à plus de dix hommes chaque nuit, menacée par un proxénète qui vous laisse à peine de quoi régler chambre d'hôtel et repas ? Pourquoi Iliana rêve-t-elle à d'improbables vacances quand elle se penche sur le sexe de ses clients ? Sait-on que certains hommes lui montrent aussi des photographies de leurs enfants ? Une prostituée peut-elle avoir une vie privée ? Peut-elle s'aimer elle-même ? Peut-elle jouir ? Espère-t-elle un jour reprendre une existence normale ? Pourquoi suis-je fascinée par Iliana ? Je n'ai pas voulu considérer la prostitution uniquement comme un phénomène de société.
    Je ne voulais pas non plus d'un point de vue moral, cette morale qui est au centre du débat d'aujourd'hui.

  • « Depuis les années 1950, avec Le Rempart des béguines, La Chambre Rouge, Cordélia, Les Mensonges et L'Empire céleste, jusqu'aux années 1990 avec Adriana Sposa, Divine, Les Larmes, La Maison dont le chien est fou et Sept démons dans la ville, l'oeuvre de Françoise Mallet-Joris exerce une fascination très particulière sur un large lectorat. Le contenu de cette oeuvre, qui est en perpétuelle évolution mais toujours fidèle à sa nature première, s'enracine dans une expérience vécue, observée ou sortie des livres d'Histoire. C'est donc une oeuvre diverse et qui ne recule devant aucun sujet - les relations familiales, la psyché de l'individu, des systèmes de croyance aussi bien nihilistes que mystiques, la sexualité, la conscience féminine, la créativité et les structures sociales au sens large du terme. Françoise Mallet-Joris est aussi à l'aise dans la description de son époque que dans une reconstruction historique qui sait s'appuyer sur des recherches, sans faire fi pour autant de l'imaginaire. »
    Susan Petit, dont l'étude est rédigée avec vigueur et élégance, soulève toutes ces questions, et bien d'autres encore. Elle conclue en avançant, avec modestie et intelligence, que « l'oeuvre de Françoise Mallet-Joris nourrit notre réflexion, de quelques pistes cohérentes, stimulantes et provocantes, pour mieux comprendre le monde qui nous entoure.» Que demander de plus à un auteur que sa vie personnelle a entraîné sur son chemin propre mais qui a su conserver un esprit d'ouverture admirable et un questionnement fécond sur l'existence oe

  • L'homme qui voulait être aimé Nouv.

    Georges Kiejman est un homme de combat et un survivant, dont l'ascension singulière épouse l'histoire d'un siècle tumultueux. Né à Paris le 12 août 1932 de parents juifs polonais illettrés qui ont fui la misère, il échappe miraculeusement aux rafles et à la déportation. Réfugié avec sa mère dans le Berry, il ne reverra jamais son père, assassiné à Auschwitz en 1943. S'ensuit un incroyable parcours, de la pièce unique dénuée de tout confort qu'il partage avec sa mère dans le quartier de Belleville de l'après-guerre aux ors de la République.
    Rapide, intelligent, cultivé, séducteur, mais aussi implacable et déterminé, il devient un avocat réputé dans les années 1960. Il est à la fois le défenseur du monde de l'édition et de celui du cinéma, l'ami de Simone Signoret et François Truffaut, le conseil de Carlo Ponti et de Claude Gallimard. A cette époque, il fait également une rencontre fondamentale en la personne de Pierre Mendès France que lui présente Françoise Giroud dont il est proche. Il se met au service de PMF dans ses campagnes victorieuses comme dans ses échecs et restera son ami jusqu'à sa mort. Epoux de l'actrice Marie-France Pisier, puis de la journaliste Laure de Broglie, il accède à la notoriété en sauvant de la réclusion criminelle à perpétuité le révolutionnaire et braqueur Pierre Goldman. Il sera ensuite de tous les grands procès -avocat de Malik Oussekine, le jeune étudiant frappé à mort par des policiers en 1986, du gouvernement américain contre le terroriste Georges Ibrahim Abdallah, de Mohamed El Fayed dans le cadre de la mort de Lady Diana, puis de Jacques Chirac et de Liliane Bettencourt. A la fin des années 1980, il lie une relation de confiance avec François Mitterrand sous la présidence duquel il sera trois fois ministre et avec lequel il partagera vacances, week-end et conversations sur la littérature.
    Pour la première fois, Georges Kiejman accepte de raconter. Portraits, choses vues, secrets, dialogues... Au carrefour des arts, de la justice et de la politique, grand amoureux des femmes à qui il rend un hommage pudique, il lève le voile sur ce que cachent sa robe noire et son intelligence ironique : un homme qui voulait être aimé.
    Ce texte, étincelant, joyeux, traversé d'ombres et de mélancolie, a été écrit par Vanessa Schneider, romancière, grand reporter au Monde, en complicité intellectuelle et littéraire avec Georges Kiejman.

  • Depuis quelques mois, les octogénaires monopolisent les médias. Tel Stephane Hessel, ils s'indignent ! Electrons libres, ces super-seniors échappent à la course contre le temps dans laquelle se consument leurs cadets quadragénaires happés par les gourous du bien-être et de l'anti-âge. Loin des monstres sacrés d'hier et des héros de la longévité asiatique, ils semblent inclassables, aussi solitaires qu'entourés, francs-tireurs d'une époque malade de son jeunisme, condamnée à se distraire dans les parcs d'attractions culturels pour fuir ses démons.
    Ce livre est écrit sous la forme d'un récit personnel, autobiographique, enrichi par les témoignages inédits de personnalités issues du monde de la culture. Les démons d'Irina Ionesco y frôlent les souvenirs d'Hubert de Givenchy, les rêves de René de Obaldia rencontrent les cauchemars de Marceline Loridan, les tailleurs d'Edmonde Charles-Roux dansent avec l'étoile Claude Bessy. Mais l'autre face de la vieillesse existe aussi : la vie silencieuse du service de gériatrie accompagne la défaite quotidienne des proches à l'hôpital. Dans la bataille contre le temps qui passe, contre la mort, les seniors sans inhibition n'ont plus rien à perdre et tout à transmettre. Comment vivent-ils ? Quels sont leurs rythmes ? Qu'ont-ils appris ? Quel rapport entretiennent-ils avec leur corps ? Comment pensent-ils la mort ? Soumis à leur passion, ils défient le temps du déclin obligatoire.

  • « Derrière cette porte, un homme m'attend. Il a envie de moi. Il a très envie de mon corps qu'il ne connaît pas, qu'il n'a vu qu'en photo sur le site de l'agence.
    Il veut un moment de sexe avec moi et pour cela, il est prêt à payer, cher. Et il va payer. Je suis une escort.
    Un homme m'attend et il ne sait pas à quoi je ressemble. Il sera déçu ou exalté, conquis ou indifférent. Ce n'est pas grave, le temps sera passé et tout le temps passé est dû. Car mon temps est compté.
    C'est aussi ça qu'il veut, l'homme derrière la porte, dépenser pour me prendre ce que je veux bien lui donner, ce que je veux bien lui vendre. »

  • A la rue avec quatre enfants, séparée de leur père converti à l'islam, une jeune femme se débat dans des difficultés terribles. Elle obtient enfin un appartement dans une cité, appartement dont nul n'a voulu en raison de la réputation du lieu : trafics, violence, meurtres, tournantes, drogue... Le père converti, bientôt remarié, renonce à son droit de visite et rompt tous les ponts. Généreuse, engagée, l'héroïne héberge un homme fragile et son fils, ce qui lui vaudra la suppression des aides sociales. Elle se retrouve bientôt en butte à l'hostilité d'une population beur-black méprisante et agressive. Le plus jeune de ses enfants, Louis, qui tente de poursuivre ses études, est considéré comme un "intello" et subit des brimades. Il est contraint de servir de "nourrice" aux dealers. Quand elle parvient à déménager et à quitter cet endroit invivable, la Mère Courage découvre le stock de drogue dont Louis était dépositaire pour le compte de ses persécuteurs. Affolée, elle prévient la police. Louis est arrêté, accusé de complicité. Son avocat obtient un régime de liberté surveillée jusqu'au procès où Louis est condamné à une peine avec sursis et TIG. A compter de là, l'orage s'apaise, et les épreuves semblent terminées.

  • Dieu était en vacances Nouv.

    « A Auschwitz, j'ai cherché ma mère partout dans le camp des femmes. Je demandais à toutes les Françaises. Je cherchais par date d'arrivée, j'allais voir dans les baraquements. Ma mère était très débrouillarde, très joyeuse. Elle avait une telle force de vie que j'étais certaine de la retrouver. Puis j'ai rencontré une femme qui se souvenait d'elle. C'est toi Julia ? m'a-t-elle demandé. Il paraît que ma mère parlait de moi sans arrêt.
    J'espérais que mon père, comme il savait travailler le cuir, serait employé dans un bon commando. Mais quelques jours après notre arrivée, je l'ai croisé sur le chantier du Revier, l'infirmerie des femmes. Il s'était porté volontaire parce qu'il voulait savoir ce qu'il était arrivé à sa femme. Qu'est-ce qu'on peut contre un grand amour ? C'est la dernière fois que je l'ai vu. On m'a dit qu'il avait été envoyé nettoyer le ghetto de Varsovie puis, avec tout son commando, assassiné.
    Au camp, pendant l'appel, on soufflait dans le dos de la femme devant nous et on frottait le tissu mince de sa robe. Celle qui était derrière nous faisait pareil. Quand on avait une journée sans travail, on s'asseyait par terre et on se racontait notre enfance. Et puis on chantait. ».

    Née à Paris en juin 1925, de parents polonais, Julia Wallach a quinze ans quand les Allemands entrent dans Paris, et dix-sept ans quand elle est arrêtée avec son père sur dénonciation d'une voisine, en 1943, puis déportés de Drancy vers Auschwitz-Birkenau... Julia connaît la faim, le froid, les coups, et la marche de la mort à travers la Pologne et l'Allemagne enneigées. Pendant quatre mois, sans plus rien à manger, ils avancent. En avril 1945, avec quelques femmes, Julia trouve encore la force de s'enfuir....
    Elle qui a survécu au typhus et aux sélections, aux coups, au froid et à la faim, aux deuils et au chagrin, va pas à pas, reconstruire sa vie, tomber amoureuse et fonder une famille dont les photos magnifiques ornent les murs de cet appartement qu'elle n'a jamais plus quitté. Son livre est le récit d'une longue marche vers la vie, ponctué d'éclats de rire et de colère, drapé, avec une élégance sans faille, dans la force de caractère qui n'a jamais cessé de l'animer.

  • « J'ai tué mes victimes pour les garder auprès de moi car je ne voulais pas rester seul. J'avais alors un sentiment intense de la fragilité de la vie. Quelques instants auparavant, c'était des hommes, et maintenant, ce n'était plus qu'un tas d'os dans une poubelle. J'ai éprouvé des remords après chacun de mes crimes mais cela ne durait jamais longtemps. » Ainsi s'exprime Jeffrey Dahmer, « le cannibale de Milwaukee », l'un des sept tueurs en série dont l'histoire est analysée ici. Qu'ils soient buveurs de sang comme Peter Kürien, « le vampire de Düsseldorf » ; violeur et étrangleur de femmes à l'image d'Albert De Salvo, « l'étrangleur de Boston » ; meurtrier d'enfants et de prostituées tel Arthur Shawcross, « le monstre de Rochester » ; routards du crime et amants à la façon d'Ottis Toole et Henry Lee Lucas ; nécrophile et cannibale à l'exemple d'Ed Kemper « l'ogre de Santa Cruz » ;ou assassin de prostituées comme Gary Ridgway, tous démontrent le même appétit de destruction. La même volonté de puissance et de contrôle de la victime, ainsi que l'absence du moindre remords. Loin de l'image stéréotypée de « génie du mal », véhiculée par des films tels que Seven et Le silence des agneaux, ces criminels expriment leurs souffrances au travers de confessions, mais aussi leurs fantasmes les plus sombres qui en font de redoutables et d'inguérissables machines à tuer.

empty