Sciences humaines & sociales

  • Parce qu'elle a été la première en France en 1791 à formuler une "Déclaration des Droits de la Femme" qui pose dans toutes ses conséquences le principe de l'égalité des deux sexes. Parce qu'elle a osé revendiquer toutes les libertés, y compris sexuelle ; réclamer le droit au divorce et à l'union libre ; défendre les filles-mères et les enfants bâtards, comprenant que la conquête des droits civiques ne serait qu'un leurre si l'on ne s'attaquait pas en même temps au droit patriarcal.
    Parce qu'elle a payé de sa vie sa fidélité à un idéal. Olympe de Gouges demeure une figure fondatrice du combat contemporain pour l'égalité des sexes. Après le beau succès du roman graphique de Catel paru l'an dernier, Benoîte Groult rend un nouvel hommage à cette pionnière

  • Des millions d'Américains travaillent à plein temps, 365 jours par an, en échange d'un salaire de misère. Comment peut-on survivre, voire prospérer, lorsque l'on est payée moins de sept dollars de l'heure et que l'on vit au-dessous du seuil de pauvreté ? C'est pour répondre à cette question que Barbara Ehrenreich décide en 1998 de se plonger dans une expérience unique : elle quitte son statut confortable de journaliste-écrivain et s'engage dans les rangs toujours grossissants de la main d'oeuvre bon marché aux Etats-Unis. Jouant le rôle d'une femme au foyer désireuse de réintégrer le monde du travail, elle accepte les emplois dits « non qualifiés » qui se présentent à elle et s'interdit tout recours à ses propres ressources.
    Son éprouvant périple la mène de la Floride (Key West) au Maine (Portland), en passant par le Minnesota (Minneapolis), où elle sera successivement serveuse, femme de ménage, assistante dans une maison de retraite et employée de supermarché. Elle apprend à se battre pour trouver un toit quelconque - caravane, appartement vétuste, chambre de motel... et subir sans broncher, sous peine d'être jetée à la rue, des humiliations quotidiennes. Elle apprend très vite qu'il est parfois impossible de subvenir à ses besoins les plus élémentaires en assumant un seul emploi...
    L'Amérique pauvre, témoignage drôle et effrayant d'un voyage parmi les working poors que l'Amérique triomphante nous cache, révèle un monde où survivre exige de recourir au système D et où la solidarité n'est pas un vain mot. Barbara Ehrenreich dégage de son expérience une conclusion qui fait froid dans le dos : dans une Amérique qui refuse de regarder en face ses millions de citoyens se débattant dans la misère, et où la culture de l'inégalité est à ce point intériorisée, le malheur des uns fait la prospérité des autres.

  • La société du peloton : philosophie de l'individu dans le groupe Nouv.

    « La bataille au sein du peloton fait rage. Tous les équipiers tâchent de placer leurs leaders dans les meilleures dispositions à l'instant décisif. Ils se sacrifient. L'échappée se détache enfin, elle doit maintenant résister au retour du groupe principal. Malgré leur rivalité, les fugitifs doivent collaborer et harmoniser leurs efforts s'ils veulent conserver leur avance. Il n'y aura qu'un seul vainqueur et pourtant ce dernier ne peut espérer franchir le premier la ligne d'arrivée sans s'appuyer sur le travail des autres. ».

    Sport individuel pratiqué en équipes, le cyclisme nous renvoie à nos plus profondes contradictions. Comme toute organisation humaine, le peloton est composé de différentes « classes sociales » où la place de chacun est attribuée selon son rôle à jouer : les premiers de cordées (les leaders), les cadres exécutifs (les capitaines de route), les prolétaires (les porteurs d'eau). Cet univers hiérarchisé, avec ses jeux de pouvoir et ses services échangés, où toutes les pulsions sont exacerbées et où il faut pourtant s'entendre, l'auteur le connaît bien puisqu'il le pratique au quotidien. Alors que peut nous apprendre ce microcosme cycliste sur ce qui est en jeu au sein de ce grand peloton que nous appelons la société ? A l'heure où les crises mondiales se multiplient - écologique, sanitaire, idéologique -, ne sommes-nous pas semblables à ce coureur ambigu et récalcitrant qui privilégie son intérêt propre, sans voir que cela nuit à l'ensemble de la communauté ?
    « Vélosophe » consacré par ses chroniques au Monde et par son livre Socrate à Vélo, Guillaume Martin nous offre une traversée personnelle des incohérences de notre temps, où le sport sert de modèle pour repenser la société. Et si la voie se trouvait dans le mariage de deux disciplines que tout semble opposer ? Dans une éthique des cimes où la philosophie et le sport se cherchent et se tutoient.

  • Journal de Ponary 1941-1943 : un témoignage oculaire unique sur la destruction des Juifs de Lituanie Nouv.

    «Pour les Allemands, 300 Juifs représentent 300 ennemis de l'humanité. Pour les Lituaniens, 300 paires de chaussures et de pantalons».

    Chronique de la Shoah à l'Est de l'Europe, rédigée en temps réel par un témoin oculaire, et pour la première fois accessible au public français, Le Journal de Ponary, constitue un document unique et « sans aucun équivalent dans les annales des témoignages sur les grands massacres par fusillades », selon l'ex-président de Yad Vashem, Y. Arad.
    Dès l'arrivée des Nazis, en 1941, en Lituanie, Kazimierz Sakowicz, un journaliste polonais catholique qui venait d'emménager, en pleine nature, dans le cadre idyllique de Ponary, près de Vilnius (Wilno), se retrouve aux premières loges d'une gigantesque tuerie. De sa véranda ou caché derrière la lucarne de son grenier, il consigne scrupuleusement - jour après jour et au péril de sa vie -, les atrocités qu'il observe sous ses yeux : l'acheminement des victimes, leur déshabillage, les tortures, les charniers mal recouverts, la sophistication progressive du mode opératoire des tueurs, tous de jeunes volontaires lituaniens « âgés de 17 à 23 ans » ...
    L'autre intérêt majeur de ce Journal est de montrer pour la toute première fois le sordide quotidien d'un site de mise à mort, entre rapines et beuveries, et le rôle crucial des collaborateurs locaux. Celui des « tireurs », mais aussi des riverains, que l'on ne saurait sans malhonnêteté qualifier de « témoins ». Et qui, dès les premières semaines, se livrent à un « ignoble trafic d'affaires juives ». Une noire industrie dont on découvre ici - dans la foulée des travaux de l'historien J. Tomas Gross, l'auteur des Voisins (Fayard, 2002) -, l'invraisemblable ampleur. Entre 1941 et 1944, ce sont 70 000 Juifs, hommes, femmes et enfants, qui, à Ponary, furent massacrés aux bords de sept immenses fosses, ainsi que 20 000 Polonais et 10 000 prisonniers soviétiques.
    Sakowicz dissimulait les feuillets de son journal dans des bouteilles de limonade qu'il enterrait au fur et à mesure dans son jardin. Il a été tué dans des circonstances troublantes juste avant la Libération. Exhumé après-guerre puis sciemment dispersé par le régime communiste dans différentes archives, la reconstitution de ce journal, miraculeusement sauvé, fut une odyssée en soi.

    Texte présenté, annoté et traduit du polonais par Alexandra Laignel-Lavastine

  • Dans cet ouvrage, écrit d'une plume impitoyable, Stéphane Denis répond aux questions suivantes :
    Pourquoi la bourgeoisie a-t-elle lâché Sarkozy ?
    Comment est mort François de Grossouvre ?
    Pourquoi Ségolène Royal a-t-elle été candidate ?
    Pourquoi le général Rondot a-t-il gardé tant d'archives ? Pourquoi Jacques Chirac a-t-il un compte bancaire au Japon ? Comment l'affaire Clearstream fut-elle inventée ?
    Pourquoi Nicolas Sarkozy se tait-il dans celle de Karachi ? Qui est le plus grand traitre de la Vème République ?
    Sarkozy est-il plus traitre que Chirac et Balladur ?
    Pourquoi faut-il applaudir Wikileaks ?
    Pourquoi la rumeur a-t-elle remplacé le scandale ?
    Pourquoi n'y-a-t-il pas vraiment de scandale Tapie ?
    Pourquoi n'a-t-on pas sauvé la Grèce mais les banques ?
    C'est dire que Stéphane Denis une fois de plus, ne va pas se faire que des amis...

  • "Ce livre est le fruit d'une vieille fascination vis-à-vis des choix que les individus ont faits pendant la guerre. Fascination d'autant plus grande que je suis issu d'un milieu de juifs communistes pour lesquels l'alternative n'existait pas : s'ils ne résistaient pas, ils mourraient. De ce point de vue, les figures liées de Moulin et Bousquet sont fascinantes. Même milieu petit-bourgeois, radical, franc-maçon, républicain. Même ambition de provinciaux. Même carrière préfectorale jusqu'en 1940 avec un Bousquet plus courageux et plus brillant. Et l'un devient progressivement Moulin et l'autre Bousquet.
    Etait-ce écrit ? Non. La vie est pleine d'embranchements et de chemins de retour. Qui sait ainsi que Moulin a été pendant six mois un préfet diligent du régime de Vichy avant d'être mis à la retraite d'office ? Ne l'aurait-il pas été, quel aurait été son itinéraire ? Bousquet est pris dans l'engrenage de l'ambition et de la carrière bureaucratique - mais tout en planifiant la rafle du Vel d'Hiv, il aide des résistants. Aurait-il décidé à l'été 1943 quand la victoire alliée se dessinait de rejoindre la Résistance, qui serait-il devenu ?
    Ce livre mêle les itinéraires de Moulin et de Bousquet, du héros et du salaud, les suit pas à pas et essaie de comprendre leurs évolutions psychologiques, les décisions, les concours de circonstances, les hasards, les moments de vérité. Une vie n'est jamais complètement écrite. Il n'y a pas un ADN du bien ou du mal : c'est une lente évolution qui fait pencher d'un côté ou de l'autre."Alain Minc

  • La machine de Pascal Nouv.

    Rouen, 1642. Pour soulager le travail de son père, surintendant chargé des recettes fiscales, un jeune homme de dix-neuf ans décide de fabriquer la première machine à calculer au monde. Pendant dix ans, de sa conception à sa fabrication, en résolvant les difficultés tout en luttant contre les faussaires, elle accompagne la vie et la pensée de ce génie qui s'appelle Blaise Pascal. De cette petite boîte élégante, cette « Pascaline », il fera le pari d'une existence portée par la science et la foi, jusqu'au point de rupture. Voici le compte à rebours d'une invention géniale, l'avènement d'une nouvelle vie et la naissance d'un grand écrivain.
    De la chambre obscure où Pascal dessine les plans de sa machine à la lumière de la bougie aux rues grouillantes et humides de Rouen ; des salons parisiens où l'on pratique l'art de la dispute à la quiétude austère de l'abbaye de Port-Royal, Laurent Lemire nous conduit au coeur du XVIIeme siècle, dans une France déchirée par la Fronde et les querelles religieuses. A la fois récit scientifique et biographie ciblée d'un homme d'exception, La machine de Pascal est avant tout l'histoire d'une prouesse hors du commun qui changea pour jamais le destin de son concepteur.

  • "J'ai écrit ce livre pour mes amis morts à Bagdad. Je les avais croisés au fil de ma vie, singulièrement dans les Balkans. C'était une si belle équipe ! Un groupe d'hommes et de femmes qui venaient de tous les pays, de toutes les croyances, et qui avaient en commun le désir d'apporter plus de douceur aux damnés de ce monde.
    Pendant deux ans, du Kosovo à l'Irak, ils se sont battus, pied à pied, afin de proposer une vie sans meurtre, une vie avec moins de haine, à des peuples que l'Histoire avait, depuis des siècles, jetés dans l'affrontement. J'ai eu le privilège de travailler avec ces militants du monde, ces "guerriers de la paix".
    Quand je pense à eux, je me dis : nous n'avons pas échoué.
    Et nous avons eu la chance immense de nous aimer. Auprès d'eux, j'ai appris qu'entre l'humanisme de ma jeunesse et le cynisme auquel je ne suis tant de fois heurté, il y a place pour la politique".

  • Le " Ministre " en question, c'est, bien sûr, Dominique de Villepin - qui, dans ce livre, n'apparaît que sous le titre de sa fonction. Ce " Ministre ", Bruno Le Maire l'a donc suivi, en tant que conseiller, dans une période assez particulière de notre histoire puisqu'il s'agit des quelques mois qui ont précédé l'intervention militaire des Américains en Irak - période au cours de laquelle le " Ministre " joua, on s'en souvient, une partition délicate et, dans son genre, virtuose.
    Ce récit raconte ainsi, dans une langue sobre, tenue, très " littéraire ", ce qui se passa vraiment au cours de cette période : contacts avec les chancelleries, malentendus avec l'administration Bush, discours onusiens, coulisses d'une avant-guerre - tels sont les temps forts de cet ouvrage où l'auteur, sans outrepasser le devoir de réserve auquel il est tenu, ressuscite un climat qui en dit long sur l'histoire-en-train-de-se-faire...
    On suivra donc, pas à pas, l'incroyable partie de poker menteur qui se joue entre Paris et Washington. Comment les Américains, un bref instant, crurent que Chirac allait les " suivre ". Comment Colin Powell, Blair ou Schröder jouent finement, puis maladroitement. Il n'y a pas, à proprement parler, de révélations. Mais les acteurs sont là, en situation, et c'est passionnant - d'autant que la subjectivité romanesque de l'auteur, grand lecteur de Faulkner et Kafka, donne à ce texte une tonalité très personnelle et particulièrement vivante.
    Une longue postface, enfin, écrite un an après ces " événéments " dresse le bilan diplomatique et humain d'une aventure où la France n'avait, semble-t-il, pas tort d'être prudente.

  • Etre féministe ? A quoi bon... Le féminisme lasse tout le monde, y compris les femmes. D'autant qu'a priori tout va plutôt mieux.
    Sauf que. Sauf que, les femmes sont en train de vivre une véritable arnaque, et qu'il est urgent de la dénoncer. Jamais on n'a autant glorifié les valeurs féminines, mais uniquement pour replacer les femmes dans la seule fonction qui intéresse la société : supermaman et chef du porte-monnaie. En politique, on s'enorgueillit de la parité mais ses effets sont quasi nuls. Sur le plan professionnel, le fameux plafond de verre de l'inégalité des salaires n'est pas près d'être explosé.
    Et surtout, 2003 aura été le théâtre d'une formidable régression : celle qui a permis que le principe d'égalité des sexes, à l'occasion du débat sur la question du foulard, soit remis en question et menacé par ceux qui sont d'habitude les champions de la défense des principes de justice et d'égalité. Une partie de l'extrême gauche, des altermondialistes, certains mouvements antiracistes et même des féministes se sont retrouvés dans cette bataille correcte pour le " respect de la différence ".
    Comment en sommes-nous arrivés là ?
    Les femmes ne sont-elles pas les premières complices de ce qui est arrivé ? L'équilibre et le bonheur d'être mère sont plus valorisés que la réussite et la carrière. Y compris à nos propres yeux.
    Le féminisme a remporté des victoires mais depuis des années, notamment en France son action, hormis la nécessaire dénonciation du viol et de la violence conjugale, est centrée sur la surveillance de la représentation de l'image et du corps de la femme. A-t-on vraiment envie de confier la représentation de notre image à des instances de contrôle ? Enfin, question fondamentale, y a-t-il impossibilité pour les femmes de se penser comme force politique universelle ? Qui porte aujourd'hui la cause des femmes face à la menace fondamentaliste partout dans le monde, des USA au Pakistan ?
    Les femmes et le féminisme sont à un moment clé de leur histoire. Il est urgent de réaffirmer les principes sains de la compétition et de la réussite. Il faut abandonner la vision particulière de la femme et en finir avec la femme métaphorique, le mythe de la bonne nature féminine par essence...
    Il est urgent de refuser toute compromission avec ceux qui prônent une vision différentialiste du monde et de la société. Et de refuser la tentation communautariste que préconisent certains options féminines.
    Il est urgent de réaffirmer clairement nos valeurs à celles qui veulent porter le voile en signe de " féminisme ". Il n'y a pas de féminisme qui procède de la soumission de la femme.
    Les femmes doivent convaincre que s'attaquer à leur statut c'est s'attaquer fondamentalement aux valeurs d'égalité et de démocratie et que le combat des femmes est par essence universel. Elles doivent être en première ligne dans cette lutte contre l'obscurantisme. Elles doivent s'y engager, au nom de leurs propres droits mais aussi pour le droit de tous. Aux côtés des hommes. C'est une opportunité historique. Si les femmes ne l'assument pas, ce sera une démission.

  • Lorsque Georges W. Bush devient président des Etats-Unis en 2001, la balance budgétaire affiche un excédent de 127 milliards de dollars. En 2003, le déficit annoncé est de 374 milliards de dollars - triste record jamais égalé dans l'Histoire de l'Amérique. Une dette nationale qui, en moyenne, s'aggrave de 1,58 milliard par jour ! Mais ce ne sont pas les seuls chiffres qui accusent l'administration Bush, car dans bien des domaines, le bilan est édifiant :
    Plusieurs centaines de G.I.s morts en Irak,
    1,57 million d'entreprises ayant fait faillite en 2002 (là aussi, un record),
    152 prisonniers exécutés au Texas gouverné par Bush (plus qu'aucun autre gouverneur de l'Histoire récente des Etats-Unis),
    43,6 millions d'Américains sans couverture sociale,
    2,4 millions d'emplois supprimés,
    et les 28 jours de vacances que s'octroie le Président, quand ses concitoyens n'en ont droit qu'à 13...
    Ce livre n'est pas un réquisitoire enflammé ou un cri de colère contre l'Administration Bush. Il s'agit au contraire de dresser le bilan d'une régression : ce que l'Amérique a perdu en quatre ans. Pourquoi la guerre en Irak se révélera sans doute le plus grand scandale du siècle ? Comment les Américains, champions des droits civiques, ont-ils pu accepter l'abolition de leurs libertés, au nom de la sécurité de leur pays ? Comment met-on une économie à genou en si peu de temps ? Comment peut-on ouvertement se moquer des conséquences désastreuses de nos choix de vie sur l'environnement et les générations futures, et s'affranchir de toutes les règles internationales (protocole de Kyoto, T.P.I., etc) ? Enfin, comment l'Amérique, si longtemps admirée, peut-elle cristalliser désormais tant de haines chez ses alliés historique ? Une analyse implacable : que Bush soit réélu ou pas, la face de l'Amérique sera transformée pour une génération au moins.


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