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Laurence Teper

  • Côté ombre

    Franz Innerhofer

    Côté ombre raconte la tentative de libération intellectuelle et affective d'un adolescent, Holl, par l'apprentissage du métier de forgeron et la découverte des livres, après ses onze années de souffrances dans la famille rurale de son père. Roman du passage et de l'entre-deux, Côté ombre a pour décor un monde en pleine mutation, que le narrateur Holl doit apprendre, par la langue, à s'approprier pour y trouver une place. Ecrit à la première personne, le roman d'Innerhofer, au style âpre et fort, plonge le lecteur dans les méandres d'un esprit désorienté, au coeur d'une quête douloureuse et rageuse vers la liberté. Pour Innerhofer, qui considérait la langue comme son lieu d'asile, nommer était une libération.

  • En 1789, poussé par la misère, le jeune Yann quitte à 15 ans sa Bretagne natale et s'embarque sur le Sainte-Anne. Mousse, puis garçon de carré, il observe à la fois avec naïveté et finesse les officiers et les membres de l'équipage, dont les deux figures essentielles sont Catarina, femme du Commandant, futile et intrigante, et Floriano di Santaflora, jeune noble, personnage étrange et fascinant, victime d'un lourd passé dont on ne découvrira qu'à la fin du roman les mystères. Après bien des aventures, Yann et Floriano découvrent avec horreur que le Sainte-Anne est un négrier. Floriano organise une mutinerie et fonde avec les esclaves qu'il libère une République libre dans une zone déserte de la côte africaine. Tout va bien dans cette ville idéale jusqu'au jour où...
    L'histoire est racontée par Yann quand, âgé de presque de soixante-quinze ans, il assiste à Paris à la Révolution de 1848.
    Avec Le troisième officier, Giuseppe Conte affronte un grand genre, celui du « roman historicoromantique ». Giuseppe Conte traite son intrigue avec le ton sûr du romancier, en s'appuyant sur une minutieuse documentation historico-anthropologique, sans renoncer pour autant à un vibrant esprit civique et à des notations poétiques dont la mer, le vent et la voile constituent, dans ce roman humaniste comme dans toute l'oeuvre de Giuseppe Conte, les motifs majeurs.

  • La femme adultère

    Giuseppe Conte

    " les scribes et les pharisiens amenèrent une femme mariée qu'on avait surprise avec un autre, ils la placèrent au milieu et dirent : maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
    Moïse, dans la loi, nous ordonne de lapider à mort ce genre de femmes. toi, qu'en dis-tu ? " qui était cette femme ? quelle avait été sa vie, avant ? quelle allait être sa vie, après ? inspiré par ce personnage mystérieux des evangiles, giuseppe conte imagine tout de cette femme et nous raconte son enfance près de la mer, son mariage avec un triste marchand, sa découverte de l'amour et de la volupté, son errance ensuite.
    De jaffa à rome, de la palestine sous occupation romaine à l'italie néronienne qui voit la naissance du christianisme, giuseppe conte nous entraîne dans un roman superbe, foisonnant et éminemment sensuel. prix manzoni du meilleur roman historique 2008.

  • De mai à septembre 2008, Marie Cosnay assiste à des audiences d'étrangers présentés au Juge des Libertés et de la Détention de Bayonne. Juge qui décide de prolonger la rétention de ces étrangers qu'on appelle "sans papiers" dans les Centres de Rétention Administrative. Etrangers venus de pays où ils sont menacés, d'une manière ou d'une autre, et parfois installés en France et en Europe depuis de longues années. Pendant ces audiences, Marie Cosnay note ce qui se passe, ce qui se dit, les faits, les gestes, les paroles. D'assister ainsi à la mise en place d'un système et d'une politique qui brisent les individus la submerge de chagrin et du sentiment du néant. C'est pour quitter l'espace du chagrin et du néant qu'elle décide d'écrire les récits de ces audiences, de ces moments si particuliers où une personne, saisie dans son rapport avec l'administration et la loi française ou européenne du moment, n'est plus qu'un cas. Marie Cosnay s'efforce, dans son texte, de rendre à cette personne son statut de personne. Et de témoigner, de sa place de témoin chagriné, de sa place d'habitante frontalière, de ce qui, en son nom, en notre nom, se poursuit, en Europe et en France.

  • Après Ia mort de sa mère, Simon retourne dans l'appartement de ses parents pour ranger. Là, il se rappelle la vie familiale dans le bassin minier de la Ruhr vers la fin des années 1960. Son père, devenu mineur selon le souhait de sa femme ; sa mère, Liesel, personnage très attachant, dotée d'un formidable appétit de vivre, un peu frivole et qui rêve d'une autre vie ; son frère Traska, adolescent difficile et malheureux. II se rappelle aussi ses premiers émois sensuels et sa découverte de la sexualité. Tableau d'une jeunesse prolétarienne, Lait et charbon peint, à travers des scènes typiques et des dialogues très vivants, une Allemagne en marge du miracle économique et rend particulièrement bien l'atmosphère d'une époque révolue.

  • Le metier de tuer

    Norbert Gstrein

    En 1999, le journaliste autrichien Christian Allmayer, qui a couvert l'effondrement de la Yougoslavie depuis les premiers échanges de tirs, meurt au Kosovo dans une embuscade. Paul, écrivain contrarié auteur de récits de voyage, décide alors d'écrire un roman sur la vie et la mort tragique de cet homme. Pour ce faire, il retrouve un seigneur de la guerre, qu'Allmayer avait interviewé sur le front serbo-croate et auquel il pose la même question qu'Allmayer à l'époque : " Qu'est-ce que ça fait, de tuer quelqu'un ? " Finalement, c'est un troisième homme, " je ", narrateur anonyme, qui, intrigué par les motivations de Paul et amoureux de sa compagne Helena, se laisse entraîner sur les traces d'Allmayer dans un voyage à travers des régions de Bosnie et Croatie encore très marquées par la guerre et écrit le roman du roman qui ne se fera jamais. Un grand roman sur les dernières guerres des Balkans, dans lequel Norbert Gstrein tourne et retourne la question de savoir comment on peut arriver à relater les pires horreurs tout en sachant qu'il est d'avance trop tard et que l'écriture ne ressuscitera plus les morts. Ce livre a reçu le prix Uwe-Johnson 2003.

  • Les grands mots

    Franz Innerhofer

    Salzbourg, vers le milieu des années soixante. Ouvrier soudeur le jour, Holl passe ses soirées et une partie de ses nuits à étudier, en quête d'un savoir qu'il avait rêvé libérateur. Mais ce qu'il va découvrir, dans la confrontation avec une institution scolaire aussi obtuse que l'usine est brutale, c'est que ces " grands mots " tant désirés sont aussi des instruments de pouvoir. Fasciné par la puissance de suggestion et le pouvoir de vérité des mots, Holl prend douloureusement conscience du fossé qui existe à jamais entre le monde de la parole et celui du travail, entre ceux pour qui l'aliénation est un discours théorique et ceux qui la vivent jour après jour dans les fatigues du corps. Avec une ironie rageuse mais aussi un sens aigu de la farce, dans un style vif et acerbe, lnnerhofer incarne par l'écriture le monde du travail privé de parole et signe avec Les grands mots le roman de formation d'un écrivain révolté en quête d'une introuvable utopie. " La trilogie autobiographique d'Innerhofer qui paraît durant les mêmes années que L'origine et La cave de Bernhard est animée d'un même mouvement d'individuation: se libérer de toutes les formes [.. ] d'appropriation de la personne ".Christine Lecerf, La Quinzaine littéraire, 1er mai 2004. " Un grand d'Autriche. Moins connu ici que Thomas Bernhard et Elfriede Jelinek, Franz lnnerhofer forme cependant avec eux une manière de trio de la radicalité autrichienne. " Jean-Claude Lebrun, L'Humanité, 6 mai 2004. " Une trilogie romanesque critique dans la grande tradition des littératures autrichienne et allemande. " Dominique Dussidour, Remue.net, octobre 2004.

  • Pour Maeterlinck, un texte contient sa propre théâtralité, et c'est elle qui doit être mise sur le devant de la scène afin qu'advienne le " spectacle du poème ".
    C'est le sens de son texte majeur, Le Tragique quotidien, véritable manifeste pour un nouveau théâtre : nous faire voir et entendre ce qui, autrement, resterait invisible et inaudible, non seulement dans une oeuvre, mais également dans la vie de tous les jours. Avec un tel programme, Maeterlinck est bien un auteur de son temps ; mais, à la différence de ses contemporains, son projet consiste moins à montrer cet invisible et cet inaudible, qu'à les inventer.
    Le présent essai étudie, à partir des textes théoriques et des pièces du " premier théâtre ", comment les interrogations de Maeterlinck placent la question du représentable et de l'irreprésentable au centre du théâtre, exactement au point où l'articulation entre dire et montrer devient problématique. Spécifiquement, il analyse comment ce théâtre du poème réalise l'entreprise paradoxale de donner à voir l'inaudible et faire entendre l'invisible.
    Et cela, à partir d'une conception du langage qui n'oppose plus la parole au silence, mais fait du silence ce qui, ordinairement, ne s'entend pas dans la parole même. Alors surgit, au coeur du drame, quelque chose d'inouï.

  • Quoi qu'il arrive

    Dawid Bienkowski

    A Varsovie, au début des années 1980, cinq copains vivent leurs années de lycée, sur fond de grèves massives, de signature des accords de Gdansk, puis de proclamation de l'état de guerre par Jaruzelski.
    Aristo, Karol, Piotr, Ino et Grand Nain découvrent les plaisirs et les peurs de leur âge, à travers l'amour, l'apprentissage de la solidarité, l'engagement politique, la musique. Ils expriment leur révolte ou leurs talents, font l'expérience des premières désillusions. Les adultes, écrasés par l'absurdité du système, leur offrent un modèle décevant qu'ils ne peuvent accepter. L'assassinat de l'un d'entre eux achèvera de leur voler leur légèreté.
    Chronique intimiste d'une bande d'adolescents, ce roman est aussi un témoignage décisif sur la société polonaise moderne.

  • A partir d'un appareil photo perdu en 1939 (sur le navire qui ramenait la famille du père de l'auteur d'Afrique en Allemagne et qui fut bombardé par les Anglais), puis miraculeusement retrouvé soixante ans plus tard, l'auteur reconstitue dans ce roman autobiographique l'histoire et la vie de son grand-père, Andreas. Cet homme, né en 1893, a fait la Première guerre mondiale avant d'être nommé pasteur à Anhalt (à quelques kilomètres seulement d'Auschwitz) puis envoyé en Afrique du Sud. Le narrateur insère dans son livre des photos de famille (douze) et relit pour nous et avec nous le journal tenu par ce grand-père qui est l'homme d'une Allemagne perdue, celle d'avant- 1938. Ecrivant l'histoire de son grand-père, il se rapproche de cet homme qui ne lui a jamais adressé la parole et qui est resté pour lui une énigme douloureuse. L'élaboration de l'histoire familiale rencontre ainsi celle de l'Allemagne, et cette histoire de famille qui s'étend sur trois générations est aussi une histoire, à la fois imaginaire et réaliste, de l'Allemagne du XXe.

  • En 2007, alors qu'elle vit au Canada et s'apprête à partir en vacances, Berthe Kayitesi reçoit une lettre d'un ami qui l'invite à se demander d'où elle vient, et où elle va. Berthe se rend compte - selon ses propres termes - qu'elle n'arrive pas à croire à ce qu'elle a vécu, traversé, surmonté. Elle entreprend alors d'écrire l'histoire de sa vie qui se confond vite avec celle du génocide des Tutsis. Mais son témoignage porte encore davantage sur l'après-génocide : comme de nombreux enfants ou adolescents dans le Rwanda d'après, Berthe et ses frères et soeurs se retrouvent orphelins. Les grands frères ou les grandes soeurs deviennent des « orphelins-chefs de ménage » et s'occupent, comme des adultes parents, de la survie de toute la fratrie. Ecrit en 2007-2008, Tubeho raconte surtout la période 1994-2004. Et tout au long de son ouvrage, Berthe mêle à son récit interrogations et réflexions sur ce qui pour elle forme un ensemble indissociable : la vie, la survie, le témoignage.

  • Comment raconter aujourd'hui ? Comment fonder une éthique artistique au droit et au devoir d'écrire sur le passé et sur la guerre ? Comment transmettre en travestissant le moins possible ? Telles sont les questions qui guident la réflexion de Norbert Gstrein. A qui appartient une histoire ? fut écrit en réponse aux réactions souvent violentes déclenchées par la publication du roman, Le métier de tuer. Avec brio, véhémence, passion et sans craindre la polémique, Norbert Gstrein retrace ici quelques événements " réels " liés à la genèse du livre et à sa réception. Il dialogue avec des auteurs ayant travaillé sur la mémoire ou se situe par rapport à d'autres - comme Peter Handke ou Bernard-Henri Lévy - qui ont consacré aux guerres de Yougoslavie ou à la guerre en général des ouvrages de " fiction " ouvertement fondés sur des expériences réelles. Il revient aussi avec décence et respect sur la mort tragique de Daniel Pearl. Norbert Gstrein livre ainsi une analyse passionnante des frontières entre fiction et vérité, littérature et journalisme.

  • En 1766, le célèbre juriste et économiste milanais, Cesare Beccaria, est invité, à la suite du succès remporté par son traité Des délits et des peines, à Paris et à Londres par les philosophes des Lumières. Alessandro Verri l'accompagne. Tout au long de ce voyage, il correspond avec son frère Pietro, resté à Milan. Cesare Beccaria et Alessandro Verri fréquentent les plus grands : Diderot, d'Alembert, d'Holbach, Morellet, Julie de Lespinasse, etc. La correspondance offre ainsi une rencontre vivante avec les esprits du siècle des Lumières. Elle établit de surcroît un triangle passionnant entre les trois grandes villes européennes que sont Milan, Paris et Londres. La langue est celle du XVIIIe siècle : belle, intelligente et souple. Elle est aussi très alerte et parfois même très crue, Alessandro Verri, un rien libertin, ayant beaucoup à se plaindre de l'hypocondriaque Beccaria... Passionnant pour tous ceux qui aiment le XVIIIe siècle, cet ouvrage, qui se lit comme un roman, constituera pour tous les lecteurs une merveilleuse promenade dans l'Europe des Lumières.


  • c'est une fiction.
    une femme écrit, la nuit précédant la mort de son mari, qui agonise dans la chambre d'à côté. cette femme, c'est natalia gontcharova ; son mari, c'est le grand écrivain russe alexandre pouchkine, blessé à mort lors de son duel avec d'anthès. un texte subversivement classique qui dit l'amour au féminin.

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