Metailie

  • La pierre du remords

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 4 Février 2021

    Un livre impitoyable sur les regrets et le désespoir du remords. Une construction haletante et surprenante sur l'inévitabilité d'un passé qui refuse de se laisser oublier.
    Troisième roman de la série Konrad, plus simenonien et mélancolique que jamais.

    Une femme est assassinée chez elle. Sur son bureau, on retrouve le numéro de téléphone de Konrad, ancien policer. L'enquête révèle rapidement qu'elle l'avait contacté récemment pour lui demander de retrouver l'enfant qu'elle avait mis au monde cinquante ans plus tôt, et qu'elle avait abandonné juste après sa naissance. Maintenant désolé de lui avoir refusé son aide, Konrad s'emploie à réparer son erreur. Il retrouve les membres d'un mouvement religieux contre l'avortement et reconstruit l'histoire d'une jeune fille violée dans le bar où elle travaillait. Il retrouve aussi un clochard équivoque, des trafiquants de drogue et même des fragments de l'histoire de la mort violente de son père.
    Lorsqu'il retrouvera l'enfant, il mesurera l'ampleur de la tragédie dans laquelle son intuition et son entêtement l'ont plongé.
    Konrad se révèle un enquêteur sensible à la souffrance des autres, d'une humanité touchante.

    Dans une construction particulièrement habile et haletante, La Pierre du remords est un roman captivant et impitoyable sur la honte, le désespoir et l'intensité des remords qui reviennent nous hanter.

  • Le mur des silences

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 4 Février 2022

    Dans une vieille maison, dans laquelle toutes les femmes qui y ont vécu se sont senties oppressées sans raison, un mur de la cave s'effondre et on trouve un corps.
    Konrad, très intrigué par ce cadavre inconnu, enquête et fait resurgir des affaires traitées dans ses trois romans précédents. Par ailleurs, il presse la police d'élucider le meurtre de son père mais il a oublié qu'à l'époque il avait menti et se retrouve inculpé. Toujours dans une ambiance à la Simenon et avec un Konrad très ambigu, moyennement sympathique et noyé dans l'alcool.
    Le Mur des silences est un beau roman noir sur la violence familiale, la vulnérabilité, les sacrifices et l'impunité, dans lequel les cold cases ressurgissent toujours.

  • Le vieux qui lisait des romans d'amour

    Luis Sepúlveda

    • Metailie
    • 6 Juillet 2021

    Au bord de l'Amazone, un vieil homme ami des Shuars, qui lui ont appris à connaître la forêt, découvre la lecture et chasse un jaguar.

  • Les fantômes de Reykjavik

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 6 Février 2020

    Inquiets pour leur petite-fille dont ils savent qu'elle fait du trafic de drogue, un couple fait appel à Konrad, un policier à la retraite, suite à sa disparition. Dans le même temps une amie de Konrad lui parle d'une jeune fille retrouvée noyée dans l'étang devant le Parlement en 1947. Elle lui demande de l'aider car l'enfant hante ses rêves. Il découvre que l'enquête sur la mort de cette dernière a été menée en dépit du bon sens. Lorsqu'on trouve le cadavre de la jeune trafiquante, il met encore en doute les méthodes de la police.

    Konrad mène les deux enquêtes de front. Il nous apparaît comme un personnage solide, têtu, coléreux et rompu, par son enfance auprès de son père, à toutes les ruses des voyous. Toujours aux prises avec son enquête sur l'assassinat de son propre père, il avance vers la vérité.

    Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspens et des attentes sur des plans différents et surprenants. Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. On peut dans ce volume saluer la naissance d'un nouvel enquêteur attachant, sensible mais violent, n'hésitant pas à faire le coup de poing. Par ailleurs l'auteur nous introduit au merveilleux islandais très insolite et terre à terre.

  • La daronne

    Hannelore Cayre

    • Metailie
    • 9 Mars 2017

    « On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j'entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.

    - Comme ça on se verra plus souvent, m'a-t-il dit, réjoui, en m'annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.

    J'étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n'étais qu'une simple traductrice-interprète judiciaire et je n'avais pas encore une tonne deux de shit dans ma cave ».

    Comment, lorsqu'on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l'existence... qu'on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l'eau tout en élevant ses enfants... qu'on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d'heures d'écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir... on en arrive à franchir la ligne jaune ?

    Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d'un Go Fast et on le fait l'âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt... disons... un détachement joyeux.

    Et on devient la Daronne.

  • Patagonie route 203 Nouv.

    Patagonie route 203

    Eduardo Fernando Varela

    • Metailie
    • 13 Mai 2022

    Un formidable road-trip à travers les routes les plus inhospitalières et sidérantes du sud du monde où rien ni personne n'est ce qu'il semble être.
    Un merveilleux premier roman.

    Au volant de son camion, un énigmatique saxophoniste parcourt la géographie folle des routes secondaires de la Patagonie et subit les caprices des vents omniprésents.

    Perdu dans l'immensité du paysage, il se trouve confronté à des situations aussi étonnantes et hostiles que le paysage qui l'entoure. Saline du Désespoir, La Pourrie, Mule Morte, Indien Méchant et autres lieux favorisent les rencontres improbables avec des personnages peu aimables et extravagants : un journaliste qui conduit une voiture sans freins et cherche des sous-marins nazis, des trinitaires anthropophages qui renoncent à la viande, des jumeaux évangéliques boliviens gardiens d'un Train fantôme, un garagiste irascible et un mari jaloux...

    Au milieu de ces routes où tout le monde semble agir avec une logique digne d'Alice au pays des merveilles, Parker tombe amoureux de la caissière d'une fête foraine. Mais comment peut-on suivre à la trace quelqu'un dans un monde où quand on demande son chemin on vous répond : « Vous continuez tout droit, le jeudi vous tournez à gauche et à la tombée de la nuit tournez encore à gauche, tôt ou tard vous allez arriver à la mer » ?

    Ce fabuleux premier roman est un vrai voyage à travers un mouvement perpétuel de populations dans un paysage dévorant, auquel le lecteur ne peut résister.

    Présentation du livre par Eduardo Fernando Varela réalisée par la Librairie Mollat à l'occasion des Correspondances de Manosque.

    Prix Casa de las Americas - 2019.
    Prix de l'Université Inter-Ages du Dauphiné - 2021.
    Prix du Premier roman : sélection catégorie romans étrangers - 2020.
    Prix Expression 2020 : sélection (prix de la librairie Expression à Châteauneuf de Grasse) - 2020.
    Prix Femina étranger : finaliste - 2020.
    Prix LDB 2020-2021 : sélection (prix de la librairie des bauges à Albertville) - 2020.
    Prix Transfuge du Meilleur roman hispanophone - 2020.
    Sélection rentrée littéraire Fnac - 2020.

  • Richesse oblige

    Hannelore Cayre

    • Metailie
    • 5 Mars 2020

    Comment élaguer, sans soulever de soupçons, toutes les branches d'un arbre généalogique pour arriver à un héritage. Un roman noir sarcastique avec des justicières pleines d'humour et de mauvais esprit qu'on n'a pas envie de condamner.

    Au XIXe siècle, les riches créaient des fortunes et achetaient des remplaçants pour que leurs enfants ne partent pas à la guerre. Aujourd'hui, ils ont des héritiers très riches et des descendants inconnus mais qui peuvent légitimement hériter !

    En 1870, l'un des fils d'une grande famille d'industriels a été un utopiste généreux et a reconnu un enfant illégitime. En 2016, Blanche, la non-conformiste aux béquilles, entend parler des deuils qui frappent cette famille sans scrupules et découvre qu'elle pourrait très bien elle aussi accéder à cette fortune. Devant le cynisme affairiste, elle va faire justice en se servant de tout ce que la modernité met à notre portée.

    Une incroyable galerie de personnages : des méchants imbuvables, de riches inconscients, des idéalistes, une île où règne le matriarcat, des femmes admirables, avec en toile de fond une évocation magistrale de Paris assiégée par les Prussiens et le déménagement du Palais de Justice aux Batignolles.

  • Le dernier Lapon

    Olivier Truc

    • Metailie
    • 17 Avril 2013

    L'hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul Emile Victor. C'est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme.
    Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d'eux. La mort d'un éleveur de rennes n'arrange rien à l'affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l'école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Katokeino on n'aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l'immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent.
    Au cours de l'enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d'Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc. Que s'est-il passé en 1939 au cours de l'expédition de Paul Emile Victor, pourquoi, avant de disparaître, l'un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l'air de bien connaître la géologie du coin ? Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d'un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l'hypermodernité et de la tradition d'un peuple luttant pour sa survie culturelle.
    Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

  • Froid comme l'enfer

    Sigurdardottir Lilja

    • Metailie
    • 18 Mars 2022

    Arora vit en Angleterre et sa soeur Isafold en Islande, elles sont très différentes et ont des relations compliquées. Isafold disparaît et leur mère, ne faisant pas la différence entre enquêtrice financière et enquêtrice policière, supplie Arora d'aller chercher sa soeur.

    Arora ne peut pas s'empêcher de pratiquer ce qu'elle fait de mieux, démasquer les fraudeurs et les faire payer. Elle va donc profiter de ce voyage pour examiner de près certains investissements financiers douteux, et analyser la corruption islandaise tout en testant ses capacités de séduction sur deux hommes.

    Elle découvrira surtout la violence domestique à laquelle était soumise Isafold et qu'elle niait farouchement subir ; au cours des témoignages qu'elle reçoit, elle voit évoluer les nuances de ses sentiments pour sa soeur. En même temps, des personnages inquiétants émergent peu à peu.

    Nous suivons son enquête au fil des détails qu'elle nous donne sur les façons de vivre et de se parler, et par ce travail de dentelière elle nous fait entrer dans un monde plus complexe que ce dont il a l'air.

  • Ce que savait la nuit

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 7 Février 2019

    Les touristes affluent en Islande et les glaciers reculent lentement. Le cadavre d'un homme d'affaires disparu depuis trente ans émerge du glacier de Langjökull. Son associé de l'époque est de nouveau arrêté et Konrad, policier à la retraite, doit reprendre bien malgré lui une enquête qui a toujours pesé sur sa conscience, en partie sabotée par la négligence d'un policier toujours en service.

    Au moment où il pensait vivre sa douleur dans la solitude - le meurtre de son père n'a jamais été élucidé et sa femme vient de mourir d'un cancer -, Konrad doit reprendre ses recherches, malgré les embûches et la haine. Seul le témoignage d'une femme qui vient lui raconter l'histoire de son frère tué par un chauffard et le supplie de trouver ce qui s'est passé pourrait l'aider à avancer...

    Ce nouvel enquêteur, jumeau littéraire d'Erlendur, permet à Indridason de développer le spectre de son talent. Konrad est né en ville, il a eu une enfance difficile, il vient de perdre l'amour de sa vie, il est en train de renoncer à lui-même. Arnaldur Indridason se place ici dans la lignée de Simenon, avec la construction d'un environnement social et affectif soigné et captivant. Un beau roman noir sensible aux rebondissements surprenants.

  • Les roses de la nuit

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 3 Octobre 2019

    La vengeance des victimes.
    Elle est condamnée, il l'aime, elle l'entraîne dans sa vengeance mortelle.

    A la sortie d'un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s'éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d'un grand homme politique originaire des fjords de l'Ouest.
    La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s'intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l'Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d'immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s'intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.
    Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. Pendant ce temps, contre toute déontologie, Sigurdur Oli tombe amoureux de son témoin.

    Avec son duo d'enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l'Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux États-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l'originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l'intrigue exceptionnelle.

  • Un recueil d'essais captivant sur les sujets chers au grand écrivain cubain : l'amitié, l'exil, la littérature, le cinéma et l'écriture.

    Les livres du grand écrivain cubain Leonardo Padura sont un dialogue entre l'Histoire et la littérature, l'île de Cuba et l'exil, la puissance de l'amitié et la dureté des rêves frustrés. Dans ce captivant recueil d'essais, l'auteur explore les coulisses de ses oeuvres les plus célèbres et emblématiques et les sujets qui lui sont les plus chers (la cubanité, la musique, le cinéma, la littérature, le base-ball...). Véritable immersion dans la salle des machines littéraire d'un auteur mondialement reconnu, ce livre personnel et évoca-teur est également un hommage au genre du roman, qu'il maîtrise et affectionne tant.
    Une fascinante fenêtre ouverte sur le métier d'écrivain, sur la création artistique et l'importance de la littérature. Une masterclass humaine, brillante et profonde sur l'art du roman avec le rythme, les contradictions, l'humour et les saveurs de Cuba.

  • Les fils de la poussière

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 4 Octobre 2018

    Paru en 1997, Les Fils de la poussière , premier roman d'Arnaldur Indridason, a ouvert la voie au polar islandais en permettant à ce genre littéraire d'accéder enfin à la reconnaissance et d'acquérir ses lettres de noblesse en Islande.
    Le récit s'ouvre sur le suicide de Daniel, quadragénaire interné dans un hôpital psychiatrique de Reykjavík. Au mêm e moment, un vieil enseignant, qui a eu Daniel comme élève dans les années 60, meurt dans un incendie. Le frère de Daniel essaie de découvrir ce qui liait ces deux hommes et comprend graduellement que, dans les années 60, certains enfants ont servi de coba yes dans le cadre d'essais pharmaceutiques et génétiques qui ont déraillé...
    L'enquête est menée parallèlement par le frère de Daniel et par une équipe de policiers parmi lesquels apparaît un certain Erlendur, accompagné du jeune Sigurdur Oli et d'Elinborg.
    Dès ce premier roman, on trouve tous les éléments qui vont faire le succès international qu'on connaît.
    Au moment où il écrit ce roman, après des études d'histoire, Arnaldur Indridason est journaliste chargé de la rubrique cinéma dans le principal journal de Reykjavík.
    Il est le fils d'un écrivain reconnu, ce qui est aussi un défi.

  • Poussière dans le vent

    Leonardo Padura

    • Metailie
    • 19 Août 2021

    Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s'aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1989 dans le jardin de sa mère et elle y reconnaît la sienne, cette femme mystérieuse qui ne parle jamais de son passé. Ils vont chercher à comprendre le mystère de cette présence et les secrets enfouis de leurs parents...

    Leonardo Padura nous parle de Cuba et de sa génération, celle qui a été malmenée par l'histoire jusqu'à sa dispersion dans l'exil : « Poussière dans le vent. » Nous suivons le Clan, un groupe d'amis soudés depuis la fin du lycée et sur lequel vont passer les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba. Des grandes espérances des nouveaux diplômés devenus médecins, ingénieurs, jusqu'aux pénuries de la « période spéciale » des années 90, après la chute du bloc soviétique (où le salaire d'une chercheuse représente le prix en dollars d'une course en taxi) et la fuite dans l'exil à travers le monde.

    Des personnages magnifiques, subtils, nuancés et attachants, soumis au suspense permanent qu'est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des mensonges. Ils vont survivre à l'exil, à Miami, Barcelone, New York, Madrid, Porto Rico, Buenos Aires. Ils vont prendre de nouveaux départs, témoigner de la force de la vie.

    Leonardo Padura écrit un roman universel. Il utilise la forme classique du roman choral mais la sublime par son inventivité et son sens aigu du suspense, qui nous tient en haleine jusqu'au dernier chapitre.

    Ce très grand roman, qui place son auteur au rang des plus grands romanciers actuels, est une affirmation de la force de l'amitié et des liens solides et invisibles de l'amour.

  • Coupez !

    Chris Brookmyre

    • Metailie
    • 25 Mars 2022

    Un thriller fondé sur les relations entre deux héros improbables assoiffés de vérité, un road-movie européen, plein de surprises.

    2019. Millicent Spark, 72 ans, était spécialiste des maquillages et des effets spéciaux dans les films d'horreur de série B. Elle vient de sortir de prison après avoir purgé une peine de 24 ans pour le meurtre présumé de son amant lorsqu'elle rencontre le jeune Jerry, 18 ans, étudiant en cinéma, fan de ces mêmes films gore et de black metal, par ailleurs délinquant à la petite semaine.
    Au moment du meurtre, Millicent n'a su convaincre personne de son innocence, mais la découverte d'une photographie et sa rencontre avec Jerry vont éveiller en elle un irrépressible désir de rétablir la vérité. Qui était son amant ? Et pourquoi veut-on l'assassiner, elle ?
    Les deux improbables héros s'apprivoisent, se révèlent peu à peu et s'embarquent alors dans une sorte de road-movie à travers l'Europe, sur les traces de personnages louches avec lesquels Millicent frayait à l'époque du meurtre, alors qu'elle travaillait sur le tournage de Mancipium, film gore italien mythique qui ne verra jamais le jour, frappé d'une malédiction : producteur à la Harvey Weinstein, artistes maudits, starlettes, financiers douteux, magnats de la presse... Leurs questions ne vont pas tarder à importuner des gens haut placés, au péril de leur vie.
    Dans ce roman au timing impressionnant de précision, la vieillesse n'est pas un naufrage et la jeunesse veut connaître le passé, dans cette relation se trouve aussi un suspense doublé d'une réflexion sur les profonds changements que le monde a connus ce dernier quart de siècle.

  • L'ange déchu

    Chris Brookmyre

    • Metailie
    • 18 Mars 2021

    Toute la famille Temple se retrouve dans la maison de vacances au Portugal après la mort du père, un professeur de psychologie reconnu pour sa méthode de discréditation des théories complotistes. Pour Amanda, la nouvelle nounou des voisins, ils semblent tout avoir : la mère a été une actrice célèbre, les trois enfants sont des adultes comblés. Mais la perfection n'existe pas, et moins encore en famille. Leur passé commun les met en face des comptes à régler.

    Seize ans auparavant, la petite Niamh Temple est morte dans cette maison. Amanda commence à penser que l'un des membres de la famille cache quelque chose d'inavouable... et avoir des soupçons peut s'avérer dangereux.

    Une intrigue psychologique tendue et palpitante, où même les twists ont des twists. Avec un talent hors pair, l'auteur nous mène de chausse-trapes en impasses jusqu'au bout. Un roman qui montre la séduction des théories du complot et à quel point les pires mensonges sont ceux que l'on se raconte à soi-même. Un thriller familial étouffant, surprenant et subtil qui vous fera réfléchir à deux fois avant de partir en vacances avec une famille élargie.

  • Une maison à Bogota

    Santiago Gamboa

    • Metailie
    • 4 Mars 2022

    Après obtention d'un prix littéraire, un professeur de philologie achète la maison dont il a toujours rêvé. Depuis son enfance, ce lieu le fascine et l'obsède sans qu'il comprenne le pourquoi de cette attraction. Dès le moment où il en devient propriétaire et déménage dans cette vieille maison en plein centre de Bogotá, chaque chambre, chaque coin et chaque objet qu'il déballe donnent lieu au récit fascinant de la vie du narrateur, riche en voyages, lectures, désirs et aventures. D'une jeunesse itinérante à travers le monde jusqu'à sa passion pour les livres et la langue, tout en passant par des incursions dans les bas-fonds des villes, ce roman est un voyage urbain qui oscille entre l'idée de trouver son espace idéal dans le monde et celle de fuir les tragédies du passé. Une image d'un rêve fera éclater son monde. Dans ce roman, Santiago Gamboa évoque des sujets qui lui sont chers, l'errance, le retour et le sens de l'appartenance, mais ce qui reste à la fin, dépourvue de frontières, est sa foi dans la littérature.

  • La fille du diable

    Jenni Fagan

    • Metailie
    • 11 Février 2022

    1910. Une jeune femme arrive au port d'Édimbourg. Elle est à bord d'une petite embarcation, elle rame sur un cercueil. Elle porte un bonnet qui cache deux petites cornes étincelantes. Elle doit se rendre au no10 de l'allée Luckenbooth où se dresse l'un des plus hauts immeubles de la ville. Son père l'a vendue au propriétaire, l'un des hommes les plus riches de la ville, pour porter son enfant car sa femme est stérile. Mais rien ne se passera comme prévu et l'immeuble et ses habitants subiront les conséquences d'une malédiction pendant cent ans.
    Avec puissance et profondeur, Jenni Fagan nous raconte la vie d'un immeuble, d'une ville et du XXe siècle du point de vue des outsiders qui y ont vécu, étage par étage, décennie après décennie. Un roman unique, noir et exubérant où les oubliés sont au coeur de l'Histoire, à la croisée des excès du capitalisme et des revirements de l'amour et du désir.
    Alternant grands événements et détails infimes, étonnants et merveilleux, nous suivons un taxidermiste obsédé par la création d'un squelette de sirène, une médium sexagénaire au sommet de son art, la chef d'un gang en guerre contre les triades hong-kongaises, un mineur au chômage allergique à la lumière, une espionne fascinée par les aviatrices, des femmes brisées ou battantes, une ourse polaire et la fille du Diable en personne.
    Ce roman est un hommage au pouvoir de l'imagination, au courage des survivants et à la force vitale de l'art narratif. Une Vie mode d'emploi en version punk et féministe, un Immeuble Yacoubian fantastique, repaire de fantômes, poètes et sorcières. Un livre unique et étincelant.

  • La trilogie des ombres t.1 ; dans l'ombre

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 2 Février 2017

    Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d'une balle de Colt et le front marqué d'un «SS» en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941.
    Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d'Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l'Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu'il est bilingue.
    L'afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d'agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s'émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n'ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l'île. Par ailleurs on attend en secret la visite d'un grand homme.
    Les multiples rebondissements de l'enquête dressent un tableau passionnant de l'Islande de la «Situation», cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus.
    Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu'incarnent les personnages que par l'intrigue, imprévisible.

  • Dérive des âmes et des continents Nouv.

    Dérive des âmes et des continents

    Shubhangi Swarup

    • Metailie
    • 13 Mai 2022

    Voici peut-être le premier roman où la nature s'exprime directement et où les histoires semblent surgir organiquement le long d'une ligne de faille qui fait trembler la terre et tout ce qu'elle contient de l'océan Indien à l'Himalaya.

    Deux jeunes mariés s'installent dans une ancienne demeure coloniale, sur les îles Andaman, et tentent de s'apprivoiser. Ils savent qu'ils se sont déjà aimés dans d'autres vies. Girija Prasad est un scientifique fasciné par les volcans lilliputiens et les phénomènes naturels de l'archipel. Chanda Devi est un peu sorcière. Elle sait amadouer les éléphants en colère, prévoir les tremblements de terre et parler aux arbres et aux fantômes qui peuplent les îles.

    Plusieurs personnages plus loin (un jeune révolutionnaire, un trafiquant désabusé, un yéti mélancolique, une tortue, une strip-teaseuse...), on retrouve le descendant de nos héros le long de la ligne de faille sismique : un géologue chargé de s'assurer que le prochain sommet himalayen, prévu pour être plus haut que l'Everest, surgira bien dans le cadre des frontières de l'Inde, pour encourager le tourisme.

    Avec ce premier roman au souffle et au charme incroyables, l'auteur surprend par sa puissance narrative, à la hauteur des tsunamis qu'il contient.

  • La cité des jarres

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 4 Février 2005

    Pourquoi l'inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l'assassin d'un vieil homme dans l'ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d'une enfant de quatre ans Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s'avère être un violeur? Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ? Comment résister à l'odeur des marais qui envahit tout un quartier de Reykjavic?

    A quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisée pudiquement la Cité des Jarres? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri ? Erlendur le colérique s'obstine à tenter de trouver les réponses à toutes ces questions.

    Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l'inéluctable qui sous-tend les vieilles sagas qu'au Moyen Age les Islandais se racontaient pendant les longues nuits d'hiver. Il reprend leur humour sardonique, l'acceptation froide des faits et de leurs conséquences lointaines.

    La Cité des Jarres a obtenu le prestigieux prix Clé de Verre du roman noir scandinave. Il figure en tête des listes des best-sellers en Allemagne et en Angleterre.

  • La trilogie des ombres t.3 ; passage des ombres

    Arnaldur Indridason

    • Metailie
    • 3 Mai 2018

    Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d'une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l'occupation américaine.

    Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ?

    Soixante ans plus tard, l'ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d'Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l'Islande de la « situation » n'est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l'affaire consommée, « tu diras que c'était les elfes ».

    Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l'on découvre que les elfes n'ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos...

  • Vers Calais, en temps ordinaire

    James Meek

    • Metailie
    • 21 Janvier 2022

    Trois périples. Une route.
    Angleterre, 1348. Une gente dame, lectrice du Roman de la Rose, fuit un odieux mariage arrangé, un procureur écossais part pour Avignon et un jeune laboureur en quête de liberté intègre une compagnie d'archers qui a participé à la bataille de Crécy. Tous se retrouvent sur la route de Calais. Venant vers eux depuis l'autre rive de la Manche, la Mort noire, la peste qui va tuer la moitié de la population de l'Europe du Nord.
    Pendant ce voyage, assombri par le passé violent des archers et les avertissements des prêtres sur la fin du monde prochaine, les voyageurs se confrontent à la nature de leurs amours et de leurs désirs. La demoiselle séduite par l'amour courtois va découvrir ce qu'aimer veut dire, l'archer mettra son honnêteté à l'épreuve dans un contexte cruel et injuste, le procureur recevra des confessions qui remettront en cause sa façon de penser.
    Au milieu des fumées des bûchers censés éloigner la pestilence, des bagarres, des us et des coutumes oubliés, des personnages magnifiques, complexes, drôles, nuancés et profondément humains vivent leurs aventures dans un monde médiéval à la fois étrangement plausible et complètement étranger.
    Impressionnant exploit de langue et d'empathie, l'auteur ne falsifie jamais l'époque en l'assimilant à la nôtre, et crée ainsi un roman extraordinaire sur l'amour, les classes sociales, la foi, la perte, le genre et le désir sur fond de l'un des plus grands cataclysmes de l'histoire de l'humanité.

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