L'arche

  • Pina

    Walter Vogel

    • L'arche
    • 18 Juin 2014

    Walter Vogel réalise dans cette monographie une belle évocation à la fois poétique, pédagogique, évanescente du travail artistique de Pina Bausch. L'intimité de la danse a rarement été aussi bien mise en valeur par la photographie.

  • Depuis presque trois décennies, la grande dame de Wuppertal exerce son influence sur le monde théâtral, d'abord dans son pays puis, avec un succès grandissant, dans le monde entier. Sa compagnie, composée de danseuses et de danseurs qui viennent, pour la plupart, de pays étrangers, est un modèle de créativité multiculturelle, étayée par le génie de sa directrice et par une volonté commune : enchanter le public par un théâtre qui ne connaît ni les frontières conventionnelles ni les frontières linguistiques.

    Pina Bausch a incontestablement créé un nouveau style de danse et, au-delà, un genre théâtral inédit : le théâtre dansé. Ce théâtre est visuel et acoustique, il appartient à « l'empire des sens ». C'est la raison pour laquelle presque toutes les publications qui étaient consacrées à cette oeuvre réunissaient beaucoup de photos mais disaient peu sur les origines des différentes pièces, donnaient peu d'éclaircissements sur le sens de l'ensemble, son contexte historique et dramaturgique.

    Norbert Servos tente, pour la première fois, une démarche quasi « encyclopédique ». Il décrit et analyse trente pièces et réunit plusieurs interviews avec Pina Bausch, dans lesquelles elle s'explique sur son travail. Ce livre, illustré par de nombreuses photos, est un ouvrage-clé pour tous ceux qui voudraient comprendre le travail de Pina Bausch et plus généralement le théâtre de notre époque.

    Traduit de l'allemand par Dominique Le Parc et Cécile Delettres.

  • Ce livre s'est distingué, dès sa parution, par une rare authenticité. Il est devenu une fenêtre indispensable sur le travail et l'oeuvre de Pina Bausch.
    Pendant dix ans, Raimund Hoghe fut son dramaturge, son conseiller artistique, son " hommeà idées ". Il a pris des notes lorsque la compagnie évoluait. Naissent des pensées esthétiques, des portraits, des journaux de répétition. Aujourd'hui, Raimund Hoghe, portant ses propres spectacles sur scène, dit : " Enfant, j'étais muet. L'écriture m'a permis de trouver des mots pour dire mes sentiments. Avec Pina Bausch, j'ai appris à parler à ma place. Comme elle, je suis obsédé par l'amour. " Amour, tendresse, violence, enfance, angoisse, tristesse, désir et besoin d'être aimé sont les thèmes récurrents des pièces que les textes de Raimund Hoghe et les photos de Ulli Weiss racontent ici. Certes, la compagnie a beaucoup changé depuis les années 80 mais les principes du travail artistique de Pina Bausch sont restés les mêmes. En balayant les frontières entre les genres - ballet, théâtre, opéra et même cinéma - elle en a créé un nouveau : le Tanztheater. C'est cette forme spécifique de théâtre qui a inspiré et continue à inspirer le théâtre dans son ensemble.

  • Rien n'est plus difficile que de décrire des gestes, des pas, des couleurs, des sons, leurs relations, leurs continuités. C'est pourtant la tâche de celui qui essaie de comprendre le « système » esthétique de Pina Bausch. Pas étonnant donc que la plupart des ouvrages qui visent son oeuvre débordent d'images et se contentent de fournir des arguments lapidaires. Il y a dans la personne de Pina Bausch ce mélange de fragilité et de force. « La force la plus grande est un profond désir », a-t-elle un jour déclaré. La douceur de son regard surprend. La simplicité de ses gestes, le ralenti de ses jeux de mains ouvrent sur une danse qui n'est pas une chorégraphie imposée de l'extérieur. La création de ses pièces est proche de l'enseignement socratique, elle fait naître la danse de l'intérieur des danseurs. Elle leur permet de laisser émerger le mouvement, dont il faut découvrir l'origine en soi-même. Ainsi ses oeuvres puisent dans des ressources qui, jusque-là, restaient inexplorées ou étaient taries. Il y a dans la personne de Pina Bausch ce mélange de fragilité et de force. « La force la plus grande est un profond désir », a-t-elle un jour déclaré. La douceur de son regard surprend. La simplicité de ses gestes, le ralenti de ses jeux de mains ouvrent sur une danse qui n'est pas une chorégraphie imposée de l'extérieur. La création de ses pièces est proche de l'enseignement socratique, elle fait naître la danse de l'intérieur des danseurs. Elle leur permet de laisser émerger le mouvement, dont il faut découvrir l'origine en soi-même. Ainsi ses oeuvres puisent dans des ressources qui, jusque-là, restaient inexplorées ou étaient taries. Brigitte Gauthier présente, au cours de cette étude, l'émergence de ce mouvement dansé si typique de Pina Bausch. Son travail part du souvenir des textes d'Ervin Goffman (1922-1982) sur la dramatisation de l'expérience quotidienne. Goffman a essentiellement travaillé sur les lieux d'interaction entre les individus. Il existe des seuils entre nos différentes activités, ces moments de passage d'un état à un autre. C'est là où le lien surgit. C'est là où la méthode de Goffman peut nous aider à comprendre cette oeuvre unique qu'est celle de Pina Bausch.

  • Kontakthof

    Pina Bausch

    • L'arche
    • 8 Juin 2007

    Voici une petite sensation: le premier DVD d'une pièce de Pina Bausch.
    Kontakthof,pièce "mythique", a été, en 2001, mise en scène avec des dames et des messieurs ayant un certain âge, ni acteurs ni danseurs, mais disposant d'un trésor d'expériences.
    Deux plans interfèrent pendant toute la pièce: les relations entre hommes et femmes, et la nécessité de se montrer à un public. Le Kontakthof ("cour de contact") est l'endroit où les prostituées attendent leurs clients. Le théâtre est la forme sublimée d'un processus similaire.
    La scène consiste en un espace surélévé, gris, style 1900, érigé en salle de danse avec une estrade et un piano, comme une scène sur la scène. Rolf Borzik, le créateur de la scénographie et des costumes, a réalisé ici l'une de ses grandes oeuvres, typiques d'une série de spectacles qui ont fondé la renommée mondiale de la troupe.
    L'aspect "Variétés" de la pièce est souligné dans la musique: les chansons des années 20 et 30, avec leur mélodie nostalgique, sur la brèche entre joie et désespoir, emporte danseurs et spectateurs comme en un souffle.
    Lors de la première, en 1978, la pièce fut bien sûr interprétée par les danseuses et danseurs de la troupe de Pina Bausch. Mais le désir de la chorégraphe de voir un jour la pièce interprétée par des danseurs plus âgés était déjà là.

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  • " On n'arrête pas de réduire - jusqu'à ce que ne restent que des choses petites, simples. " Réduire sans rapetisser. Même la langue. Nombre de paroles et de phrases sont devenues superflues. Ce sont des images qui les remplacent.
    Lorsqu'au début des années 1980 ce livre paraissait en Allemagne, longtemps avant les Histoires de théâtre dansé, Pina Bausch n'était connue que des initiés. Certes, quelques-uns de ses spectacles avaient fait sensation mais peu de personnes anticipaient l'influence profonde que son travail artistique allait exercer sur le théâtre du monde entier.
    Raimund Hoghe fut à l'époque son dramaturge - son conseiller, son porteur d'idées, celui qui contrôlait et enrichissait le travail de jour en jour. Son journal et les photos de Ulli Weiss témoignent d'un processus de création, en l'occurrence de Bandonéon, qui est devenu familier au théâtre - entrer en répétition sans texte ou livret établi et construire la " pièce " pas à pas en fonction des contributions des danseurs et de tous ceux qui participent au travail. Ce livre est une source inestimable pour comprendre le travail de Pina Bausch. De même les photos de Ulli Weiss : leur beauté n'a pas pris une ride. Plus que jamais on comprend pourquoi cette compagnie, avec ses talents, pouvait conquérir le monde entier et exercer jusqu'à aujourd'hui toute son influence.

  • En marge des pratiques artistiques reconnues que sont la danse, le théâtre et l'opéra, mais aussi les arts plastiques ou le cinéma, la chorégraphe allemande Pina Bausch a développé dans le Tanztheater un mode d'expression qui a révolutionné les arts de la scène. Ses créations, qui se situent au delà des lignes de démarcation entre les genres, visent à brouiller les repères en créant un territoire chorégraphique qui lui est propre. Les corps sont déstabilisés, les scènes chavirées, jusqu'à dissoudre la frontière entre un dehors et un dedans scénographiques. Une façon d'affoler les codes et les usages, de bousculer les certitudes, de troubler la perception.

    À la croisée des disciplines, chercheurs, danseurs et chorégraphes explorent ces marges et territoires dans un ouvrage qui, au terme d'un parcours qui se voudrait infini, invite à s'arrêter sur la question centrale et obsédante du regard, celui de Pina Bausch sur le monde, sur la danse, sur ses danseurs et sur ses pièces, mais aussi celui qu'elle éveille, réveille ou révèle en nous.

  • En novembre 1987, quand débute le tournage de La Plainte de l'impératrice, Pina Bausch est à l'apogée de sa gloire. Elle a porté la révolution dans le spectacle vivant, cassant tous les codes, inventant tout au fur et à mesure, pièce après pièce. Filmer, c'est pouvoir sortir de scène, du théâtre, c'est avoir accès à l'espace extérieur, à la nature. Il y a là le désir d'un appel d'air. Comment la chorégraphe et sa troupe de Wuppertal ont-ils trouvé le chemin qui conduit de la scène à la caméra ? Pourquoi ce film sera-t-il la seule réalisation cinématographique de Pina Bausch ? C'est ce que raconte cet ouvrage.
    Federico Fellini, Pedro Almodóvar, Heiner Müller, Pippo Delbono, Bob Wilson mais aussi Susan Sontag, François Weyergans, Hervé Guibert et Peter Esterhazy, pour n'en citer que quelques-uns, se succèdent pour exprimer un désir compulsif, pour s'approprier le pouvoir et la force de la réalisatrice.
    Il y a, dans l'oeuvre de Pina Bausch, un avant et un après de La Plainte de l'impératrice. Le film reste une énigme et fixe un point de rupture dans l'oeuvre théâtrale, qui l'oblige à se transformer. Aujourd'hui Pina Bausch a disparu. La Plainte de l'impératrice, oeuvre maudite et culte, au titre prémonitoire, ne se rend toujours pas. Comme un roc solitaire.

  • Chez.pina.bausch.de

    Jo Ann Endicott

    • L'arche
    • 18 Novembre 2015

    Dans ce témoignage à vif, la danseuse-phare de Pina Bausch relate son intimité et sa relation avec la célèbre chorégraphe, son travail auprès de la créatrice et son deuil après sa mort - comme un témoignage de la créature, avec sensibilité et intensité.


  • " avec son air aristocratique, tendre et cruel à la fois, mystérieux et familier, pina bausch me souriait pour se faire connaître.
    une religieuse qui mange une glace, une sainte en patins à roulettes, une allure de reine en exil, de fondatrice d'un ordre religieux, de juge d'un tribunal métaphysique, qui soudainement te fait un clin d'oeil. " federico fellini.

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