L'oeil D'or

  • La création artistique de Josef Nadj s'organise autour d'un ensemble de motifs qui reviennent constamment et qui, pour la plupart, s'enracinent dans son enfance. Au jeu des questions, Josef Nadj répond par des histoires. Allégories ou métaphores ouvertes, suspendues. Ce texte de Myriam Bloedé, accompagné de 75 photographies et dessins de Josef Nadj, restitue ici quelques-unes de ces histoires, évite la chronologie et l'analyse systématique des pièces pour faire apparaître la cohérence de l'oeuvre scénique et plastique. Inviter à une traversée de son univers, en suivant le fil des motifs et surtout de ces figures qui le « hantent positivement ».


  • cette autobiographie, écrite en 1908, se construit en une succession de tableaux intimistes, mondains ou comiques, qui relatent le surprenant parcours et les nombreuses rencontres de l'une des reines de la belle epoque, loïe fuller.
    créatrice de la danse serpentine, par ses gestes hypnotiques, ses jeux de voiles et de lumières, loïe fuller fascina toulouse-lautrec, nadar, méliès, rodin, les frères lumière ou mallarmé et devint l'égérie des symbolistes. cette " aladine " occidentale, adulée aux quatre coins du monde, fut aussi une féministe avant l'heure. me afficha son homosexualité et revendiqua pleinement son rôle d'artiste. dirigeant son propre théâtre, productrice, imprésario, elle fit venir en france là premières troupes d'acteurs japonais, écrivît des ballets et des tragédies puis s'essaya, comme réalisatrice, au cinématographe.
    mais, surtout, sa danse serpentine en puant sur la lumière, la couleur, la forme abstrait et le merveilleux est à l'origine de tout un plan de la danse contemporaine.

  • Conversation avec Annie Suquet et Jean Pomarès Figure artistique majeure de la seconde moitié du XXe siècle, le danseur et chorégraphe américain Merce Cunningham (1919-2009) s'intéressa aussi, tout au long de sa vie, aux progrès de la technologie - de l'audiovisuel à la modélisation en 3D et au multimédia - comme moyens d'enrichir sa création chorégraphique.
    Avec Westbeth et Blue Studio, les premiers films qu'il réalise avec Charles Atlas au milieu des années 1970, Merce Cunningham est considéré comme l'inve teur de la "vidéo-danse ". C'est dire le prix de ses réflexions sur les singularités de la danse filmée, qu'il s'agisse d'adapter des oeuvres créées pour la scène ou de chorégraphier directement pour la caméra.
    Le 17 novembre 1996, il était justement l'invité d'une rencontre publique au Centre Pompidou, organisée dans le cadre de la manifestation Vidéodanse, films de danse, sur le thème " Chorégraphier pour la caméra ". Cet ouvrage reprend l'intégralité des propos tenus par Merce Cunningham à cette occasion et les prolonge par des textes de ses interlocuteurs d'alors, Annie Suquet et Jean Pomarès, qui reviennent, chacun à sa manière, sur l'oeuvre filmée de cet immense artiste.
    Présenté par Myriam Bloedé, l'ensemble est illustré par des images de films réalisés par Cunningham avec Charles Atlas ou Elliot Caplan.

  • Duo de « théâtre dansé », Rosaura (2002) marque un aboutissement dans l'élaboration du langage scénique de Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna. Un tissage de genres et de styles qui fait intervenir sans hiérarchie théâtre, image, musique et mouvement dansé et se prolonge dans le multilinguisme qui les caractérise : le passage, sans transition et sur une même portée musicale, du castillan au français ou au catalan. D'où leur désir d'en faire un livre, c'est-à-dire d'y revenir tout en explorant un médium différent. Aborder Rosaura dans cette perspective, c'est donner la priorité aux écritures. En effet, au texte de la pièce, s'ajoutent des fragments de la chorégraphie. La partition réalisée pour cette publication en notation Benesh par Natalia Naidich apporte des indications sur la physicalité du mouvement et la tension entre les corps, le texte, l'espace. Les photographies de Brigitte Eymann font valoir la qualité picturale et plastique du spectacle. Enfin, dans un entretien, les deux artistes reviennent sur le processus de travail et la dramaturgie. Pensé comme un « objet de transmission », ce livre amorce d'autres pistes de lecture et d'interprétation, y compris pour la scène.

empty