Seuil

  • La danse représente un réel défi pour les historiens. Art de l'éphémère, elle ne laisse dans son sillage que des traces très partielles une fois évanouie, et continue souvent à être oubliée dans les récits de l'histoire de l'art. Afin de combler ce manque, Laura Cappelle a réuni vingt-sept des meilleurs spécialistes internationaux de la danse occidentale, dont les travaux mettent en avant sur la longue durée, depuis la Préhistoire jusqu'à nos jours, une multiplicité de techniques et de pratiques.

    Des premiers indices de transes dansées à la libération moderne du corps, des ballets de la Renaissance à la création chorégraphique actuelle, cet ouvrage décrypte le mouvement à la lumière des dynamiques sociales, culturelles et artistiques qui l'ont façonné en Occident. La danse y est contemporaine, classique, apollinienne, dionysiaque, politique, esthétique, populaire ; de la ville à la scène, elle brouille les frontières et revendique aussi bien l'élévation que l'ancrage au sol, la virtuosité que le dépouillement.

    Projet essentiel pour que les fruits de la recherche nourrissent la culture générale de la danse ainsi que la compréhension des oeuvres et des pratiques aujourd'hui, cette traversée de l'histoire s'adresse à tous les publics.

  • Il s'agit de la deuxième exposition présentée dans la Petite Galerie du musée du Louvre, co-dirigée par Jean-Luc Martinez et Benjamin Millepied. Ce catalogue, comme l'exposition, tente de répondre au défi de la représentation du mouvement dans l'art, depuis la matière inanimée jusqu'aux nouveaux codes élaborés par les chorégraphes-danseurs au début du XXe siècle.Avec son regard d'historien, Georges Vigarello introduit le livre et montre comment il existe une invention progressive de la dynamique du corps dans les arts visuels, en réponse à ce défi de donner existence au mouvement, dans la sculpture, la peinture ou la gravure, qui demeurent nécessairement statiques. Suivant le découpage de l'exposition, un parcours en quatre temps est proposé au lecteur. La première partie sera consacrée à la matérialité des oeuvres, à la difficulté pour l'artiste de traduire le mouvement. Puis il s'agira de s'intéresser au décryptage des codes de représentation, les mouvements et les gestes étant le résultat de normes sociales révélatrices de l'image que se fait d'elle une civilisation à un moment donné de son histoire. La troisième partie interrogera le séquençage du mouvement, et montrera ainsi la difficulté pour l'artiste de capter un mouvement rapide qui soit réaliste et de le représenter. La quatrième partie enfin, dédiée à la danse, permettra de retrouver les problématiques précédemment développées, autour de trois axes principaux (le passage de la représentation allégorique de la danse à l'observation directe des corps dansants ; les avant-gardes artistiques et les nouveaux codes du mouvement dansé autour de 1900 ; la danse dans l'univers des Grecs de l'Antiquité, source d'inspiration des artistes).
    Richement illustré de reproductions de peintures et de sculptures photographiées au plus près des oeuvres pour en marquer la matière et le rythme, cet ouvrage proposera également des vidéos accessibles par flashcodes.

  • Le moi est aujourd'hui solidement ancré dans un corps auquel est portée la plus grande attention. Cette perception « physique » intérieure n'a pas toujours existé. Elle est née de lentes transformations engageant la manière même dont le sujet se perçoit. Les discours médicaux, la littérature comme les expériences concrètes, pratiques sportives ou de loisir, les révèlent.
    Jusqu'au XVIIIe siècle, la sensibilité traditionnelle privilégiait les cinq sens - la vue, l'odorat, le gout, l'ouïe, le toucher -, tenus pour de simples messagers de l'âme, des vigies tournées vers l'extérieur. Le moi était circonscrit à la pensée et à l'esprit : « je pense, donc je suis ».
    C'est dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qu'apparaît, dans les textes de Diderot ou de l'Encyclopédie, l'idée d'un sixième sens pour désigner les perceptions internes du corps. Cette conscience inédite du corps s'exprime dans des notions nouvelles comme celle du sentiment de l'existence. Le corps coïncide avec le moi : véritable révolution de la perception de soi, qui s'exprimera bientôt abondamment dans les journaux intimes.
    Le XIXe siècle approfondit ces réflexions en s'interrogeant sur le rêve, la folie, l'effet des drogues, le somnambulisme. Le début du XXe siècle introduit plus qu'on ne le croit à la culture d'aujourd'hui : de la relaxation aux exercices de prise de conscience, de la détente au vertige, la conscience corporelle devient un lieu de vertige autant que d'approfondissement de l'intime.
    Un parcours fascinant à travers l'histoire des représentations de l'intime.

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