Bayard

  • Gérard Noiriel, conseiller sur le film, livre la véritable histoire du clown Chocolat : une enquête exceptionnelle pour retrouver les traces de ce premier artiste noir et réhabiliter sa mémoire.

  • Meriem Menant est une comédienne qui a créé, depuis une vingtaine d'années, son personnage, son double, Emma la clown, et qui se produit, en «one woman show» (ou avec Catherine Dolto) sur de multiples scènes.
    Dans ce livre témoignage, elle raconte son parcours d'artiste,la vie, l'amour, la création, le rire... Elle l'a écrit sous forme de dialogue entre Emma la Clown et elle-même. Parce que «Emma parle plus facilement que moi, dit-elle, il est donc normal qu'elle écrive une grande partie du texte.» Emma est une clown métaphysique qui fait rire sur des sujets graves. Une clown poète qui a fait sienne cette définition de Kafka pour qui l'oeuvre est «la hache qui fend la mer gelée en nous.» À travers ce texte-dialogue singulier et très drôle, le lecteur perçoit ce qu'est cette forme de création artistique où l'auteur ne peut être dissocié de son personnage. Meriem Menant raconte sa formation, ses expériences existentielles, comme la première fois qu'elle a fait rire et qu'elle s'est sentie vivre, les secrets de famille découverts, tout ce qui nourrit sa création.
    Le récit drôle et profondément original d'une expérience de vie infiniment touchante parce qu'elle révèle une personnalité désarmée, vulnérable, comme tous les clowns, mais courageuse, et même irréductible.

  • Footit et Chocolat, c'est le plus célèbre duo de clowns de la Belle Epoque qui a inventé la comédie clownesque centrée sur deux personnages, le clown blanc et l'Auguste. Leurs numéros mettaient en scène de façon comique les relations de domination entre blanc et noir. Amis des peintres vivants à Montmartre, les deux clowns ont été immortalisés par Toulouse-Lautrec et ont été les premiers acteurs du cinéma muet.
    Le clown Chocolat, esclave noir cubain ayant fui en Europe, fut le premier artiste noir à susciter un tel engouement populaire, célébré comme un « monument national ». L'affaire Dreyfus mettra brutalement un terme à ce succès, le rire provoqué par les clichés racistes étant devenu gênant. Malgré son talent, Chocolat se trouvera exclu du monde du spectacle et mourra dans la misère.
    A travers lui, c'est l'histoire de l'esclavage et du devenir des affranchis que Gérard Noiriel étudie, les stéréotypes raciaux d'une époque et la mémoire qui en a été conservée : Chocolat fut enterré dans le quartier des indigents et aujourd'hui encore, aucune notice ne lui ait consacré dans les ouvrages sur le cirque. Footit, lui, a sa tombe au Père Lachaise et apparaît dans toutes les livres. A travers le monde du cirque, qui n'a jamais été regardé comme un objet historique, et plus largement celui du spectacle vivant, Gérard Noiriel poursuit ici son travail sur le racisme. Et réhabilite enfin un de ceux qui fut « chocolat » dans notre histoire nationale.

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