Gallimard

  • " Bartabas a inventé ce qui n'existait pas.
    Il façonne avec ses mains fortes et graciles de la splendeur éphémère. Ce rebelle que le chamanisme a pacifié, ce nomade que l'équitation a conduit à l'extase, cet ambitieux dont la patience a été l'arme secrète, ne ressemble à personne, sauf à lui-même, qui reste une énigme. J'ai voulu exprimer ici la chance que nous avons d'être ses contemporains. Je sais trop qu'il ne restera presque rien, lorsqu'il aura disparu, de ce qu'il a créé sous des chapiteaux de bois et de toile.
    Je sais aussi que les films de ses spectacles sont impuissants à restituer la magie du vivant, les parfums et les couleurs du cérémonial nocturne dont il est le spectral officiant. Déjà Zingaro, le frison que l'on croyait invincible, l'éternité en muscles noirs, est mort. Et puis je me méfie de Bartabas. Je le sais capable de s'éclipser aussi vite qu'il est apparu. Il ne s'installera pas, si s'installer, c'est abdiquer.
    " Portrait d'un artiste universel qui a réinventé le spectacle équestre et roman d'un homme qui a construit, sous une identité fictive, un monde imaginaire, Bartabas, roman est aussi le récit d'une amitié fraternelle, botte à botte sur les chemins de traverse.

  • «Depuis le romantisme, le bouffon, le saltimbanque et le clown, ont été les images hyberboliques et volontairement déformantes que les artistes se sont plu à donner d'eux-mêmes et de la condition même de l'art. Il s'agit là d'un autoportrait travesti, dont la portée ne se limite pas à la caricature sarcastique ou douloureuse. Une attitude si constamment répétée, si obstinément réinventée à travers trois ou quatre générations requiert l'attention. Le jeu ironique a la valeur d'une interprétation de soi par soi : c'est une épiphanie dérisoire de l'art et de l'artiste. La critique de l'honorabilité bourgeoise s'y double d'une autocritique dirigée contre la vocation "esthétique" elle-même. Nous devons y reconnaître une des composantes caractéristiques de la "modernité", depuis un peu plus d'une centaine d'années.» Jean Starobinski.

  • La piste aux étoiles, l'odeur des fauves, les cuivres de l'orchestre, la lumière dorée, le clown pailleté et l'auguste au nez rouge...
    Le spectacle de notre enfance est l'héritier direct du cirque équestre initié au xviiie siècle par un officier de cavalerie anglais philip astley. au siècle suivant, le trapèze volant et le dressage des lions, des tigres ou des éléphants viennent enrichir la représentation et séduire des générations de spectateurs. les premières dynasties composent une puissante aristocratie saltimbanque : les knie, bouglione, grüss, amar, ringling sillonnent l'ancien et le nouveau monde dans leurs roulottes ou à bord de leurs trains spéciaux.
    Pourtant, dans les années 1970, le cirque traditionnel s'essouffle. un nouveau champ d'expériences artistiques, qui intègre la performance à la chorégraphie et au jeu, s'affirme. c'est la naissance d'un autre cirque qui conjugue désormais la création au quotidien. pascal jacob retrace l'itinéraire de la plus longue des tournées, celle qui a conduit une forme classique et codée à devenir un art à part entière.
    Inscrits dans une piste circulaire de 13 mètres de diamètre, les arts du cirque ont inspiré un large éventail de créations graphiques. 160 estampes, tableaux, affiches et photographies mettent en scène la virtuosité des acrobates, des jongleurs et autres enfants de la balle.

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