Gallimard

  • Charlotte

    David Foenkinos

    Le roman de David Foenkinos retraçant la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans à Auschwitz, a connu un succès considérable depuis sa publication en septembre 2014.
    Il a obtenu deux prestigieux prix littéraires, le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens, avec près de 500 000 exemplaires vendus à ce jour.
    De nombreux lecteurs ont demandé à l'auteur de montrer les oeuvres peintes de Charlotte, quelques-unes des centaines de gouaches qu'elle a laissées et dont l'ensemble, intitulé Vie ? ou Théâtre ? raconte son histoire.
    Cette édition intégrale illustrée du roman est accompagnée de cinquante gouaches de Charlotte Salomon choisies par David Foenkinos, et d'une dizaine de photographies représentant Charlotte et ses proches.
    Ce livre représente une nouvelle expérience pour les admirateurs de David Foenkinos qui ont été touchés, bouleversés par l'histoire de Charlotte et qui ainsi entreront plus profondément dans l'univers de ce roman inoubliable.

  • Depuis dix ans, Ulysse, roi d'Ithaque, erre sur les mers. Il a affronté le Cyclope, résisté au chant des Sirènes, déjoué les pièges de Circé et de Calypso... Mais Ulysse «aux mille ruses» ne s'avoue jamais vaincu. Et c'est déguisé en mendiant qu'il revient en son royaume pour se débarrasser des prétendants qui cherchent à lui ravir son trône.

  • Des accumulations des tombeaux égyptiens ou chinois et des trésors royaux jusqu'à notre Louvre d'aujourd'hui, entre autres lieux, il faudra du temps pour que le musée trouve sa forme et sa fonction de conservation, d'étude et d'exposition des objets. Or, une histoire mondiale des musées, à la fois politique, sociale et culturelle, n'a encore jamais été écrite. La voici : Le Musée, une histoire mondiale, en trois tomes qui paraîtront sur deux ans.
    Le premier volume de cette monumentale entreprise, Du trésor au musée, part d'un passé éloigné pour arriver à la création de l'institution appelée "musée" , inventée en Italie à la fin du XV ? siècle, gagnant toute l'Europe au XVIII ? . Une histoire faite de dons et de marchandises, de vols et de pillages, de guerres et de diplomatie. Et aussi d'architecture, de manière de contempler et de manier les objets, de problèmes juridiques et d'organisation, avant les vastes débats d'exposition, d'éclairage, d'accrochage qui suivront.
    Une histoire d'art, mais aussi de commerce, de savoirs, de techniques. La richesse de l'illustration qui s'appuie sur un texte lumineux donneront envie à tout en chacun de retourner enfin dans ce "lieu bien étrange , comme le déclare Krzysztof Pomian en ouverture de son ouvrage : le musée.

  • Paris

    Collectif

    Des guides courts séjours sur une ville ou une région qui se déplient et se déploient, alliant la carte au guide.
    Un quartier, une carte, des bonnes adresses : c'est un guide pratique "tout-en-un" qui permet de vivre une ville comme ses habitants la vivent et de s'intégrer, en toute liberté, au coeur de la cité.
    Parti-pris d'organiser une ville par quartiers, plans à l'appui.
    Sur le même principe, les guides Carto vous permettent de pénétrer au coeur d'une région.

    À qui est destinée la collection ?
    Voyageur qui souhaite découvrir en profondeur les différents quartiers d'une ville, à pied ou par les transports, pour un court séjour.
    Voyageur désireux de vivre une ville au rythme de ses habitants.

  • Un seul roman : il n'en faut pas plus à Horace Walpole pour conduire la sensibilité romanesque de son temps sur de nouvelles voies. Le Château d'Otrante (1764) inaugure le genre du récit gothique, où le passé tient le présent à la gorge et où un Moyen Âge angoissant empiète sur les Lumières. La mixité générique de ce livre fondateur, où le sublime coexiste avec le grotesque en vertu d'un hiatus emprunté à Shakespeare, va essaimer pendant près d'un siècle. Les romanciers gothiques anglais tirent parti de la passion la plus invasive et la mieux ancrée dans la psyché : la peur. Macabres et spectaculaires, situées au coeur de demeures hantées ou de souterrains parsemés d'ossements, leurs histoires doivent produire des émotions extrêmes, en premier lieu la terreur et la pitié. Confronté à la noirceur d'âme de «héros» monomaniaques et déviants prêts à briser tous les tabous (inceste, matricide, viol), le lecteur va de frayeur en horreur avant de compatir aux malheurs des victimes - de sexe féminin pour la plupart. En 1796, Le Moine de M. G. Lewis atteint les sommets en matière de sensationnalisme, avec une forte dimension érotique et mortifère qui fit beaucoup pour le succès de ce roman, toujours actif aujourd'hui. En 1818, la jeune Mary Shelley parachève cette tradition en donnant naissance à une créature monstrueuse qui se nourrit des mythes de Prométhée et de Faust. Elle met en discours un concept inouï : l'assemblage, à partir de morceaux de chair morte, d'un être humain, par le docteur Victor Frankenstein, qui fait fi de la sexualité et de la reproduction biologique. Féconde invention...

  • Publié à l'occasion des 20 ans de la mort de Charlotte Perriand (1903-1999), cet essai biographique illustré dresse le portrait de la conceptrice engagée, femme libre et visionnaire qui a marqué l'architecture moderne et le design du XXe siècle.
    Dans un essai très personnel, Laure Adler aborde trois facettes complémentaires de la créatrice : tout d'abord celle de la conceptrice qui développera, avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret dans les années 1930, des meubles fondateurs du design moderne ; celle de la femme libre, engagée, sportive et aventurière ;
    Et en?n celle de la visionnaire, capable de s'inspirer de toutes les cultures, en particulier japonaise, pour développer une pensée de l'espace et de l'habitat adaptés à l'humain.
    Grâce à la richesse des archives Perriand, le récit de Laure Adler est accompagné d'une sélection de 200 photographies, dont un grand nombre ont été réalisées par Charlotte elle-même, qui donnent à voir la femme libre, indépendante et moderne qu'elle était.

  • Génie de l'humour, Pierre Dac a durablement marqué la culture française du XXe siècle. Issu d'une famille juive alsacienne qui choisit la France après l'annexion allemande de 1871, patriote engagé durant la Première Guerre mondiale, Pierre Dac débute comme chansonnier avant de s'imposer à la radio dans les années 1930 en créant les premières émissions humoristiques. Il fonde ensuite L'Os à moelle, hebdomadaire officiel des "loufoques" , qui remporte un succès exceptionnel.
    Militant contre l'antisémitisme dès 1935, résistant au régime de Vichy, il rejoint Londres en 1943 et devient l'un des "Français parlent aux Français" sur Radio Londres. Après la guerre, son duo avec Francis Blanche triomphe à la scène et sur les ondes : le sketch "Le Sâr Rabindranath Duval" est aujourd'hui un classique, et le feuilleton Signé Furax la série la plus écoutée de l'histoire de la radio.
    Enfin, on doit à ce maître de l'absurde l'invention du schmilblick qui, ne servant à rien, peut par conséquent servir à tout !

  • Premier analyste de son oeuvre, Matisse s'est tu, obstinément, sur lui- même. Ses souvenirs, dit-il, ne le représentent pas moralement. Sa biographie s'arrête à la porte de l'atelier, où le temps s'efface au cadran de la création et cède la place aux murs empourprés, à la clarté phos- phorescente des tableaux. Mais qu'on y prenne garde, les grands aplats des rouges et des bleus, les mouvements d'une ligne désancrée et la lumière éblouissante d'une image dessinée à même la couleur, toutes ces inventions, si semblables au bonheur, ne forment pas des lieux idéaux ou sacrés mais les espaces d'un travail ininterrompu à travers lequel Matisse cherchera toute sa vie l'allégement dans la somptuosité.
    Xavier Girard nous entraîne dans cet univers dense et clair.

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  • « Au fond quand on parle d'art abstrait, on dit toujours que c'est de la musique. Quand on veut en dire du bien on parle musique. Tout devient musique [...]. Je crois que c'est pour ça que je n'aime pas la musique. » Pablo Picasso.
    Contrairement à cette déclaration volontiers provocatrice, l'observation de l'oeuvre de Picasso dévoile un intérêt considérable pour l'imaginaire musical : des premières scènes de vie gitane aux joueurs de flûte des années 1970, en passant par les saltimbanques musiciens, les Guitares cubistes, les collaborations avec les Ballets Russes, les poèmes sonores de l'artiste ou les bacchanales qui colorent après-guerre un nombre infini de toiles, d'oeuvres graphiques, de céramiques et de sculptures, tout son oeuvre est traversé par la musique.
    Cet ouvrage s'attache à explorer cette dimension, en soulignant notamment l'attachement de l'artiste pour les instruments, son intérêt pour la musique populaire et ses diverses manifestations, les ambiances sonores de spectacles auxquels il aimait assister (cirque, fanfare, corrida), le chant de la poésie, ainsi que la dimension rituelle de la musique.

  • « J'ai lu La Métamorphose à l'âge de 13 ou 14 ans d'un trait, la nuit. Peut-être même deux fois de suite, comme j'avais l'habitude de faire parfois. Le jour d'après, en rentrant de l'école, j'ai trouvé ma mère en train de pleurer en le lisant, alors que je l'avais trouvé drôle et troublant. Ma mère pleurait à l'idée que j'avais lu ÇA. Je l'ai ensuite relu plusieurs fois. Peut-être à chaque décennie. Je le considère comme une sorte de comique essentiel et moderne (tel Cervantès). Plus les années et les évènements passent, plus je trouve Franz Kafka pertinent, avec cet humour qu'on disait juif mais qui est une forme très ancienne d'humanisme... désespoir cosmique... Métamorphose: changement. Le seul qui ne change pas est Gregor Samsa, il maigrit peut-être, mais il reste le même du réveil jusqu'à la fin. Autour de lui tout se transforme. Son père, sa mère, sa petite soeur ! Après lecture, on prend conscience de quelque chose qu'on avait oublié depuis longtemps, que l'on savait déjà. » Miquel Barceló

  • Revendiquée par les impressionnistes au nom de la sincérité et de la spontanéité, la pratique de la peinture en plein air est l'aboutissement d'un long processus au cours duquel le paysage s'affirme comme un genre à part entière. En France mais aussi en Angleterre et en Italie, les peintres s'attachent dès le XVIIIe siècle à l'observer et à saisir avec objectivité les effets de la lumière. En 1708, le traité Du paysage de Roger de Piles (1635-1709) conseille aux peintres de travailler en plein air. Mais peindre hors des murs de l'atelier pose de sérieux problèmes d'organisation. L'artiste doit en effet transporter sur le site élu un attirail encombrant : ombrelle, pliant, feuilles de papier et boîte à couleurs. Il doit aussi être rapide, car le spectacle de la nature évolue en permanence et le passage d'un nuage suffit à transformer le motif au fil des heures. Malgré ces contraintes, les impressionnistes et leur approche singulière du paysage révolutionneront la peinture de plein air.

  • Indépendant et incisif, parfois sarcastique, toujours provocant, Debussy a exercé le métier de critique avec une grande liberté. En exprimant des jugements sur les compositeurs de son temps et sur ceux du passé, il révèle quelles sont les oeuvres qui ont nourri sa propre sensibilité.

  • Lorsque Toulouse-Lautrec découvrit Montmartre, Aristide Bruant chantait au Mirliton ; le Moulin Rouge, après le Moulin de la Galette, ouvrait ses portes aux danseurs, la Goulue et Valentin le Désossé y tenaient la vedette. Spectateur passionné, Lautrec devint l'ami des stars et, par ses affiches, l'artisan de leur gloire. Claire et José Frèches nous entraînent sur les pas de ce jeune aristocrate d'Albi que la maladie avait rendu différent. À la nature et au paysage du Sud-Ouest, aux subtiles nuances des ciels, il préféra vite Paris et les cabarets, les feux de la rampe et les lumières de la nuit qui font les femmes plus belles.

  • Yves Peyré, écrivain et ami de Francis Bacon, consacre à l'oeuvre et au destin de ce dernier un ouvrage particulièrement complet tant en terme d'analyse que de représentation des peintures.
    Ce livre se compose de sept textes à la fois philosophiques et littéraires, offrant des angles d'attaque différents. Ce sont autant de variations sur le thème de l'apport de l'artiste à l'histoire de son art. Chacune des parties peut s'appréhender pour elle-même ou au contraire se relier aux autres. Le texte est toujours fondé sur des faits précis tout en élargissant considérablement la vision de l'oeuvre par des interprétations fouillées. Cet ensemble inédit constitue un apport indéniablement nouveau à la perception de l'oeuvre et de l'homme.
    Un ouvrage exceptionnel qui s'appuie sur une connaissance sans faille de l'oeuvre et s'enrichit de la proximité de l'auteur avec Francis Bacon lui-même.

  • " Représenter l'invisible ", tel est le rêve de Léonard, le grand maître de la Renaissance, l'artiste de la science et de la technologie, de la pittura mentale, du dessin analytique pénétrant les phénomènes de l'univers. Pour le comprendre, il fallait une biographie nouvelle, par-delà le mythe et le mystère, la légende et la rhétorique, une plongée dans les innombrables manuscrits autographes et les documents originaux ; il fallait une interprétation originale de cette oeuvre interdisciplinaire, universelle et plus que jamais actuelle. Alessandro Vezzosi, un des plus grands connaisseurs de Léonard, nous accompagne dans cette aventure, et nous fait découvrir le vrai léonard, une hydre aux mille têtes...

    Les oeuvres attribuées en toute certitude à Léonard, de l'Adoration des Mages à la Joconde, les oeuvres d'atelier, les oeuvres d'école, les copies, les dessins, réunis en codex ou sur feuilles isolées, les projets d'ingénieur et d'architecte, les cartes et les manuscrits, couverts d'écriture en miroir. En tout, plus de 230 illustrations.

  • Huysmans (1848-1907), plutôt féru de Frans Hals et Rembrandt jusque-là, a avoué combien fut déterminante la découverte de Degas lors de l'exposition impressionniste de 1876, la deuxième du genre. L'artiste de la « commotion » jouira d'un statut particulier dans la critique d'art de l'écrivain, qui admet d'emblée la possibilité d'une double modernité : celle des peintres de la vie moderne, et celle des explorateurs du rêve. Son désir d'échapper aux logiques de chapelle aura toutefois porté tort à Huysmans, dont le massif critique souffre encore d'une méconnaissance relative. Cet ouvrage entend montrer que ce supposé ?ls de Zola agit davantage, et très tôt, en héritier de Baudelaire, sa véritable autorité, et Gautier, très souvent cité, comme si le romancier de Marthe s'était dès le départ doublé de celui d'À Rebours. Le lecteur est ainsi invité à reprendre pied dans un moment particulier de l'art européen et de la sensibilité moderne, à la croisée de la poussée naturaliste des années 1870, du décadentisme des années 1880-1890 et du « retour » aux Primitifs sur fond de renaissance catholique. Il est peu de grands écrivains qui aient été aussi impliqués que lui dans ce vaste mouvement d'époque.

  • Ernest Hemingway incarne le personnage romanesque par excellence : écrivain, soldat, correspondant de guerre, voyageur. Au-delà des mythes qui entourent cette ?gure incontournable de la littérature américaine, l'ouvrage révèle des éléments intimes de sa vie à travers de nombreuses archives :
    Photographies, extraits de sa correspondance, notes prises au cours de ses voyages en France, en Espagne ou dans le Midwest. Illustré par plus de quatre cent documents et accompagné des contributions de Michael Katakis, garant du patrimoine littéraire d'Hemingway, de Patrick, ?ls du romancier, et de Seán, son petit-?ls, ce livre relate une histoire inédite, plus personnelle, de la vie de l'auteur. Les lettres adressées à ses différentes épouses et à ses éditeurs y sont notamment sont publiées. Unique en son genre, l'ouvrage est un hommage éblouissant à l'icône américaine.

  • Découvrons le paysage de la montagne si différent d'une saison à l'autre.
    Observons les hôtes de ce milieu parfois si rude. Apprenons à reconnaître les sommets les plus célèbres du monde.

  • Le 21 octobre 2016 s'ouvrait à la Fondation Louis Vuitton de Paris « Icônes de l'art moderne. la collection Chtchoukine », une exposition destinée à marquer les esprits des visiteurs français et de ceux venus du monde entier pour admirer cet ensemble d'oeuvres unique. À la veille de cette manifestation, le nom de Sergueï Chtchoukine n'évoquait pas grand chose au grand public. Cet incroyable personnage, marchant de tissus et collectionneur éclairé, avait réuni entre la fin du xixe siècle et 1917 un ensemble exceptionnel d'oeuvres des plus grands artistes de l'époque.
    Confisquée par les révolutionnairs, et conservée depuis l'après-guerre au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, et au Musée Pouchkine à Moscou, la collection a été enfin réunie et présentée au grand public lors de cette exposition unique. Il a fallu toutes les énergies d'Anne Baldassari et de la Fondation Louis Vuitton pour convaincre l'État Russe à prêter ces chefs-d'oeuvre qui font désormais partie du patrimoine de l'humanité.
    Une manifestation qui a attiré plus d'un million de visiteurs et dont le catalogue a été un énorme succès à la Fondation comme en librairie. Cet ouvrage imposant, malgré les nombreuses réimpressions, est aujourd'hui épuisé.
    Pour prolonger ce grand événement, la Fondation Louis Vuitton et les Éditions Gallimard s'associent de nouveau et publient une nouvelle édition de ce catalogue devenu désormais un livre de référence. De plus, un cahier richement illustré d'images en couleurs de l'accrochage de l'exposition, souvenir impérissable de cette manifestation majeure, vient enrichir le contenu et met physiquement en scène la passion pour l'art de Sergueï Chtchoukine.

  • Lorsque Rainer Maria Rilke naît à Prague en 1875, Rodin a déjà 35 ans. Fort de ses premiers succès, il est en passe de s'imposer, en quelques décennies, comme l'un des sculpteurs les plus talentueux et innovants de son époque. De son côté, le jeune Rilke se destine tôt à l'écriture, et publie dès 1896 ses premiers recueils de poèmes.

    Peu après avoir découvert l'oeuvre de Rodin, notamment grâce à son épouse, la sculptrice Clara Westhoff, il reçoit la commande d'un livre sur l'artiste et se rend à Paris pour le rencontrer.
    Pour la première fois rassemblée, cette correspondance retrace, de 1902 à 1913, la relation entre deux hommes a priori dissemblables : le jeune poète désargenté maîtrisant mal la langue française et le sculpteur au faîte de son art et de sa gloire, à la tête d'une véritable entreprise chargée de la diffusion de son oeuvre. Rilke donne du « Maître » à Rodin et analyse son oeuvre dans de longues lettres, tandis que les réponses du sculpteur sont lapidaires, sans pourtant dissimuler son affection pour le jeune poète. De 1905 à 1906, Rodin engage Rilke comme secrétaire et l'héberge à Meudon. Une brouille survient, puis se dissipe. Ils renoueront des rapports soutenus entre 1908 et 1911, à l'Hôtel Biron, futur Musée Rodin, que Clara Westhoff fait découvrir au sculpteur. Le poète a beaucoup publié, il est célèbre - ils sont désormais sur un pied d'égalité. Considéré en Allemagne comme le « gardien à la porte rodinienne », Rilke affirme par ailleurs que c'est grâce à Rodin que Paris sera longtemps le seul point d'attache dans sa vie de déraciné.

    Cette correspondance dessine précisément un échange, à la croisée des générations, des disciplines artistiques, des langues et des cultures, entre deux personnalités hors du commun, et témoigne d'un cosmopolitisme remarquable et, avant l'heure, d'un véritable esprit européen.
    Hugo Hengl est traducteur et enseignant à l'Université Clermont Auvergne. Il a publié en 2018 Pessoa et Rilke. Modernisme et poétiques acroamatiques (Garnier).

  • « Je voudrais être illustre et inconnu », disait Edgar Degas. Illustre, il l'est, par ses danseuses, ses jockeys, ses femmes au bain. Inconnu, également, tant ces thèmes occultent le reste de l'oeuvre, peintures d'histoire, portraits, paysages, tant l'oeuvre a dévoré la vie privée. Sur une carrière de soixante ans dont Henri Loyrette restitue la richesse et la cohérence, on découvre alors l'insatiable curiosité technique, la constante recherche d'expressions nouvelles, l'évidente continuité de la ligne mélodique.

  • «Ma grand-mère était une drôle de bonne femme. Elle se nommait Flora Tristan...» Voilà pour l'ascendance maternelle. Clovis Gauguin, le père, est journaliste. Il meurt, en route pour le Pérou, en 1849. Paul a un an. Toute son adolescence, il gardera la nostalgie des tropiques. La suite, ce sera une vie de départs perpétuels : Copenhague, Pont-Aven, la Martinique, Arles et, en 1891, le grand départ, pour Tahiti. «Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l'influence de la civilisation. Je ne veux faire que de l'art simple, très simple.» Ce «sauvage malgré lui» meurt aux îles Marquises, le 8 mai 1903.

  • Pierre Soulages, le maître de l'"outrenoir", aura 100 ans le 24 décembre 2019. À cette occasion, le musée du Louvre lui rend hommage par une exposition personnelle présentée dans le prestigieux Salon Carré, situé entre la galerie d'Apollon et la Grande galerie, lieu très cher à l'artiste et point de passage incontournable pour les visiteurs du musée.
    Compte tenu de la longévité singulière de sa carrière, l'idée s'est imposée aux commissaires de l'exposition désignés par la direction du musée, le regretté Pierre Encrevé et Alfred Pacquement, d'une sorte de mini-rétrospective présentant au public des oeuvres majeures des plus grands musées français et étrangers, de chacune de ses sept décennies. Il s'agit en effet de montrer à la fois la continuité d'une oeuvre toute entière élaborée à l'intérieur de la même conception d'une abstraction totale et la rupture intervenue à mi-chemin, en 1979, qui donne naissance à une peinture neuve, pour laquelle Soulages a proposé le néologisme d'"outrenoir". Les oeuvres emblématique sont présentées chronologiquement, commençant par quelques peintures au brou de noix sur papier et sur toile des années 1940 puis des toiles importantes des décennies suivantes, mais elle insistera davantage sur les oeuvres « outrenoires » souvent caractérisées par un agrandissement des formats et le recours aux polyptyques. Le parcours se termine par des oeuvres inédites réalisés par l'artiste pour célébrer cette exposition-événement.

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