Sciences humaines & sociales

  • Sang, feu, garance, gueules, pourpre, danger, amour, gloire, beauté.
    Des origines à nos jours, une histoire de la couleur rouge racontée par l'historien Michel Pastoureau

  • Aujourd'hui, en Europe, le jaune est une couleur discrète, peu présente dans la vie quotidienne et guère sollicitée dans le monde des symboles. Il n'en a pas toujours été ainsi. Les peuples de l'Antiquité voyaient en lui une couleur presque sacrée, celle de la lumière, de la chaleur, de la richesse et de la prospérité. Les Grecs et les Romains lui accordaient une place importante dans les rituels religieux, tandis que les Celtes et les Germains l'associaient à l'or et à l'immortalité. Le déclin du jaune date du Moyen Âge qui en a fait une couleur ambivalente. D'un côté le mauvais jaune, celui de la bile amère et du soufre démoniaque (signe de mensonge, d'avarice, de félonie, parfois de maladie ou de folie). C'est la couleur des hypocrites, des chevaliers félons, de Judas et de la Synagogue. L'étoile jaune de sinistre mémoire trouve ici ses lointaines racines. Mais de l'autre côté il y a le bon jaune, celui de l'or, du miel et des blés mûrs (signe de pouvoir, de joie, d'abondance). À partir du XVIe siècle, la place du jaune dans la culture matérielle ne cesse de reculer. La Réforme protestante puis la Contre-Réforme catholique et enfin les « valeurs bourgeoises » du XIXe siècle le tiennent en peu d'estime. Même si la science le range au nombre des couleurs primaires, il ne se revalorise guère et sa symbolique reste équivoque. De nos jours encore, le jaune verdâtre est ressenti comme désagréable ou dangereux ; il porte en lui quelque chose de maladif ou de toxique. Inversement, le jaune qui se rapproche de l'orangé est joyeux, sain, tonique, bienfaisant, à l'image des fruits de cette couleur et des vitamines qu'ils sont censés contenir.

  • La mode comme on ne vous l'a jamais racontée, ou plutôt les modes. Le pluriel est important dans le titre de cet ouvrage ambitieux qui repose sur une démarche radicalement neuve, ouverte et transversale. 500 pages, 400 images, une cinquantaine de focus aux angles originaux et surprenants rythmant les 7 chapitres chronologiques, ce livre au design somptueux est destiné à un large public : étudiants, enseignants, professionnels ou passionnés de la mode.

  • Bien des chemins mènent à la chambre : le sommeil, l'amour, la méditation, Dieu, le sexe, la lecture, la réclusion - voulue ou subie. De l'accouchement à l'agonie, elle est le théâtre de l'existence, là où le corps dévêtu, nu, las, désirant, s'abandonne. La chambre est une boîte, réelle et imaginaire. Quatre murs, plafond, plancher, porte, fenêtre structurent sa matérialité. De l'Antiquité à nos jours, Michelle Perrot esquisse une généalogie de la chambre, creuset de la culture occidentale, et explore quelques-unes de ses formes : la chambre de Louis XIV, la chambre d'hôtel, la chambre conjugale, celle de la jeune fille, du malade ou du mourant, celle de l'écrivain, la cellule du religieux ou celle de la prison.

  • L'année 2020 marque le centenaire de la publication des Champs magnétiques, « première oeuvre purement surréaliste » et moment de rupture majeur dans le domaine de la création littéraire. Ce texte d'André Breton et Philippe Soupault marque en effet la naissance de l'écriture automatique.
    Cette première exposition consacrée au surréalisme organisée à la BnF est centrée sur les années de jeunesse du mouvement, au moment où, sur les décombres de la Première Guerre mondiale, émerge un besoin radical de liquidation des valeurs passées et de renouvellement des formes d'expression.
    Le catalogue édité à cette occasion propose des éclairages inédits de ces pages fascinantes et révèle au grand public, avec des analyses neuves, certains des « trésors » de la BnF, comme le manuscrit de travail des Champs magnétiques (1919) ou celui de Nadja, réputé perdu, tout récemment retrouvé (l'une des plus importantes acquisitions patrimoniales de ces dernières années, jamais encore exposé).
    Si l'accent est mis sur le traitement novateur apporté par le surréalisme à l'écrit et au langage, la place est aussi faite à une grande diversité de supports, afin de rendre compte de la poétique surréaliste dans sa globalité. Les quatre sections - Guerre et esprit nouveau, Rêve et automatisme Manifestes et provocations, Amour et folie : Nadja, l'âme errante - qui rythment l'exposition structurent l'ouvrage, chacune organisée autour d'un document littéraire exceptionnel, auquel répondent tableaux, dessins, photographies, films, costumes, objets.
    Une vision kaléidoscopique pour restituer l'aventure de cette génération de poètes qui, au lendemain d'une expérience barbare, cria son dégoût pour le monde dans des éclats de rire sauvages.

  • Les écrits historiques de Goethe occupent une place décisive dans l'histoire de la culture allemande, à la charnière entre classicisme et romantisme, à l'aube de la modernité ; leur influence est considérable, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Allemagne. La présente anthologie n'a pas d' équivalent en langue française. Le lecteur y trouvera des textes ayant trait à la littérature, la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique et le théâtre. Ils ne rendent pas simplement compte de l'évolution de Goethe ; ils traduisent également l'exceptionnelle richesse de la réflexion d'un auteur dont l'ambition était d'être un homme universel

  • Nous publions la traduction d'Autoritratto nello studio. Voici ce qu'on pourrait lire sur la quatrième de couverture de l'ouvrage :
    « Le titre, Autoportrait dans l'atelier - un thème iconographique familier à l'histoire de la peinture - doit être entendu ici à la lettre : ce livre est un autoportrait, mais seulement dans la mesure où, à la fin, le lecteur pourra en déchiffrer les traits à travers le patient examen des images, des photographies, des objets, des tableaux présents dans les ateliers où l'auteur a travaillé et travaille encore. Le pari d'Agamben est, dès lors, celui de réussir à parler de soi seulement et exclusivement en parlant des autres : les poètes, les philosophes, les peintres, les musiciens, les amis, les passions - en somme les rencontres et les confrontations qui ont décidé de sa formation et ont nourri et nourrissent encore en diverses manières et proportions sa propre écriture, de Heidegger à Elsa Morante, de Melville à Walter Benjamin, de Caproni à Giovanni Urbani. Les images font donc partie intégrante de ce livre - comme dans ces rébus où des figures variées en produisent une autre, plus grande par leur juxtaposition -, elles composent avec le texte l'un des autoportraits les plus insolites qu'un auteur ait jamais laissés :
    Non pas une autobiographie mais une autohétérographie des plus fidèles, et intemporelle. »

  • Deux mouvements inverses semblent, chez Debussy, parcourir l'espace musical : l'un est descente aux enfers de la profondeur ; l'autre remontée à l'air libre, ascension vers les grands espaces de lumière. Mais quand on étudie ces deux mouvements, on comprend bien vite que l'essentiel chez Debussy n'est ni l'un ni l'autre : l'essentiel est l'instant impalpable, celui-là même que nous appelons apparition disparaissante, surgissement sur fond de silence et de ténèbres.
    Vladimir Jankélévitch, dont l'oeuvre a toujours mêlé philosophie et musique, perce dans cet ouvrage le mystère de l'instant qui est l'essence de la musique de Debussy.

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  • Raconter en images la vie des enfants sous l'Occupation est inédit.
    Il faut retrouver les traces de ces destins, les plus terribles comme les plus ordinaires. Tous les enfants ont en commun d'avoir continué à jouer aux billes ou à la poupée, à s'amuser aux séances de Guignol ou à construire des cabanes dans la forêt. Parfois jusque dans les camps d'internement où les enfants juifs sont parqués avant d'être déportés. Mais avoir 10 ans en 1940, c'est aussi être obligé de quitter sa maison pendant l'exode, de se cacher si on est juif, c'est être exposé à la faim et au froid, ébranlé par les séparations, les deuils, l'absence de son père ou de son frère, prisonniers de guerre ou partis pour le STO.
    Autant de souvenirs enfouis et ici restitués grâce à des lettres retrouvées, des rédactions, des photos de classe ou des albums de famille, des dessins, des témoignages, des jouets conservés dans les greniers. Car si les enfants subissent l'Histoire, ils y participent aussi à leur manière, à leur hauteur. On n'oublie pas son enfance, elle vous marque à jamais.
    Un magnifique album pour comprendre et découvrir la vie quotidienne des enfants de la guerre.

  • « Nos ancêtres étaient ivres de couleurs. Leur quotidien était composé d'uniformes étincelants et de robes chatoyantes, de papiers peints fleuris et de rues pavoisées. Les tableaux, les aquarelles, la littérature nous dévoilent un passé coloré. ».
    Xavier Mauduit.

    Regardons notre histoire autrement.
    Ce livre est une promenade dans le temps, une flânerie dans le monde d'hier où tout est soudainement en couleurs. Retrouvons nos poètes et nos romanciers, Baudelaire, Hugo, Proust ou encore Colette, sans oublier tous les anonymes, élèves, ouvriers, paysans.
    Parcourons les rues de nos villes et les routes de nos campagnes. Au plus près de ce qu'ont pu voir nos ancêtres, voici une manière différente de revisiter le passé. Avec les petits et les grands moments qui ont fait notre histoire : la vie quotidienne, les mines, les usines, le métropolitain, le Tour de France, la Commune, les congés payés, et les guerres aussi. Tant d'hommes et de femmes, dans un foisonnement d'images, quand plus d'un siècle d'histoire se dévoile sous nos yeux, enfin... en couleurs !
    Une expérience unique pour toutes les générations.

  • Cet ouvrage est centré sur les espaces coloniaux français, du Maghreb à l'Afrique noire et Madagascar, et de « l'Indochine » aux îles du Pacifique du début du XIXe siècle jusqu'aux Indépendances des années 1950-1960.
    Les auteurs ont fait un choix pertinent et varié d'oeuvres satiriques, souvent inédites, qui révèlent les regards contradictoires de la domination de la pensée coloniale.
    Elles pointent la complexité de l'époque coloniale, où l'adhésion aux valeurs dominantes - fortement marquées par un racisme envahissant - s'exprimait ouvertement, que les efforts de ceux qui s'y opposaient par les mêmes moyens artistiques. L'ouvrage soigne la présentation des informations historiques accessibles à tous pour décrypter la propagation et les traits les plus caractéristiques de ce régime visuel.

  • Comment la création artistique de Soulages enrichit-elle notre recherche d'un sens, au coeur du visible et du monde sensible ?
    Quel processus de découverte, de connaissance, engage la peinture ?
    L'entretien par Aliocha Wald Lasowski permet de traverser l'ensemble de l'oeuvre de Soulages en dialogue et en miroir avec l'histoire de la peinture, de Manet à Klein, en passant par Rothko, Pollock, de Staël...
    L'objectif ? Montrer la continuité d'une oeuvre élaborée à partir d'une rupture. Comprendre la vitalité, la productivité et l'obstination d'une dialectique entre le noir et la lumière, entre le temps et l'espace, entre la matière et le reflet, entre l'unité et la multiplicité. Ou comment, en huit décennies de travail acharné, un peintre réinvente l'art de créer.

  • Dans l'article sur le goût de L'Encyclopédie Montesquieu expose sa théorie de l'art en affirmant que la beauté d'une oeuvre vient de la relation entre sa force créatrice et l'effet qu'elle produit. L'idée qu'il se fait du goût repose donc sur une analyse des causes du plaisir qu'inspire une oeuvre d'art, et fait de l'impression ressentie un critère esthétique décisif.
    Ainsi, les sources du beau [...] sont dans nous-mêmes et en chercher les raisons, c'est chercher les causes des plaisirs de notre âme. [...] La poésie, la peinture, la sculpture, etc. [...] peuvent lui donner du plaisir. Voyons pourquoi, comment [...] cela pourra contribuer à nous former le goût, qui n'est autre chose que l'avantage de découvrir avec finesse [...] la mesure du plaisir que chaque chose doit donner aux hommes.

  • Le Pérou avant les Incas

    Collectif

    L'une des découvertes archéologiques forte de ces dernières années : l'existence d'une civilisation antérieure aux Incas.
    On y découvre des temples et palais, fortes places du pouvoir mais aussi des tombes qui reflètent les niveaux de la société, on apprend surtout la place primordiale de la femme dans le pouvoir de ces sociétés pré-Incas.
    Le catalogue reproduit des photographies et reconstitutions 3D des temples et palais, ainsi que les trésors des tombes (céramiques, bijoux, coiffes, etc.) présentés dans l'exposition.

  • DOSSIER :
    VILLES FOLLES Lagos la dingue par Jesco Denzel Plongée dans les bidonvilles de la mégalopole nigériane, surpeuplée et frénétique.

    Vientiane, plaquée or par Pascal Meunier Quand la discrète capitale du Laos bascule dans l'ère du bling-bling.

    Dubaïland par Nick Hannes Comment la ville phare des Emirats arabes unis devient un parc d'attractions mondial.

    L'Entretien Rolf Nobel Les leçons du fondateur de l'école de photojournalisme de Hanovre.

    Récit L'Atome est dans le pré par Fabrice Catérini A Bure, village de la Meuse divisé par le futur site de stockage de déchets radioactifs.

    Récit Athlètes de la manette par Adrien Vautier En France aussi, les champions de jeux vidéo se professionnalisent.

    Récit L'Ile aux femmes par Fabian Weiss Voyage à Kihnu, au large de l'Estonie, où les îliennes font vivre les traditions.

    Récit Une vie à servir par Thomas Morel-Fort Avec les domestiques philippines des beaux quartiers de Paris.

    Le monde de...
    Enfants de bohème par Stephanie Gengotti Dans la "dolce vita" d'un cirque familial.

    Et aussi...
    La photobiographie de Gérard Depardieu, les archives de l'Angleterre des années 60, l'album de famille d'un tour du monde.
     

  • Debussy

    Ariane Charton

    « Les musiciens ont le privilège de capter toute la poésie de la nuit et du jour, de la terre et du ciel, d'en reconstituer l'atmosphère et d'en rythmer l'immense palpitation.
    » Indiscipliné, depuis le Conservatoire, et méprisant les succès faciles, Claude Debussy (1862-1918) dut toute sa vie faire face à de sévères critiques. Avec le Prélude à l'Après-midi d'un faune, Pelléas et Mélisande, La Mer ou encore ses Préludes pour piano, sachant se libérer des traditions romantiques et wagnériennes, il a révolutionné la musique française. Admirateur des Impressionnistes, de Verlaine et de Mallarmé, il s'est nourri d'art et de littérature mais aussi des musiques orientales et espagnoles.
    Il a recherché des harmonies et des rythmes nouveaux dans lesquelles les notes expriment sensations et images. En proie durant toute son existence à des difficultés matérielles et à des accès de spleen, il reste un compositeur à part, perfectionniste et intransigeant. Il mourut au son des canons allemands bombardant Paris.

  • Ce livre nous a paru une évidence. Il s'est imposé suite aux marches pour le climat dans plusieurs pays. Face à l'urgence de la situation et à la mobilisation de la jeunesse, la classe politique ne peut plus rester indifférente. Les discours de la jeune Greta Thunberg au forum de Davos et à la COP 24 à Katowice, son sangfroid et la pertinence de son propos nous laissent perplexes. On ne veut pas croire à un feu de paille !
    Le livre de 80 pages réunit photos en noir et blanc et slogans entendus dans la rue. Un livre comme un manifeste... à brandir lors des prochaines manifs !!

  • Procédé de fixation de l?image mis au point par Louis Daguerre. Cette annonce mémorable est en quelque sorte la date de naissance officielle de la photographie comme invention. La solennité de cet événement, dont le retentissement international sera considérable, doit tout à la volonté affirmée du célèbre député astronome, grand physicien de la lumière, qu?est à cette époque François Arago, qui met sa notoriété d?homme d?État et l?éminence de son autorité scientifique au service de cet instant par lequel la photographie est " donnée au monde  (?).
    La France dote noblement le monde entier d?une découverte qui peut tant contribuer aux progrès des arts et de la science?. ?oeL?événement Arago?, comme l?a désigné le collectionneur historien André Jammes, aura trois conséquences majeures dont les effets ont déterminé en grande partie la postérité et la perception de l?irruption de la photographie dans le champ des grandes découvertes du XIXe siècle.
    Avec Arago, l?invention de Daguerre se place sous les auspices de la science : elle marque donc une rupture avec l?univers de l?expérimentation laborieuse et des chimères, pour se parer d?une aura irréfutable. La photographie, que chacun peut potentiellement pratiquer librement, se donne dès son ?oeinvention? comme un facteur de progrès social. Consacrée par le ?oehéros républicain? qu?est Arago, elle permet l?accès à de nouvelles connaissances, elle est vecteur de progrès dont chaque citoyen pourra bénéficier.
    La photographie a une mère patrie originelle: la France. Elle devient un élément du patrimoine national et porte au plus haut les valeurs de la République dans la lignée des savants et des philosophes des Lumières. Dans la passionnante introduction qu?elle consacre à ce nouveau Photo Poche Histoire, Monique Sicard revient longuement sur l?extraordinaire destin d?Arago, né à Estagel (Pyrénées-Orientales) en 1876.
    De son admission à l?École polytechnique à l?âge de dix-sept ans jusqu?à son accession à la présidence du Conseil en 1848, en passant par l?aventure rocambolesque de la Méridienne qui permit au courageux et brillant physicien d?accéder aux honneurs de la République, elle retrace l?itinéraire d?un humaniste engagé qui, à l?égal de Victor Hugo, connut en 1853 des funérailles nationales. De toutes les épopées politiques et scientifiques qu?a menées François Arago, celle de l?avènement de la photographie, ici rapportée et illustrée de manière exhaustive, restera pour longtemps à la fois captivante et exemplaire.

  • Premier panorama illustré et documenté de l'histoire de la justice des enfants:cet ouvrage vient combler une réelle lacune éditoriale. Mauvaises graines, vauriens, voyous, blousons noirs, racailles: les mots changent, la stigmatisation perdure pour qualifier les mêmes jeunes, ceux des classes populaires. Depuis deux siècles les mentalités oscillent entre le choix de punir et la volonté d'éduquer. Les auteurs respectifs de "Mauvaises filles" et d' "Histoire d'une jeunesse en marge" contribuent ici avec leur regard d'historiens à nourrir un débat de société toujours actuel sur le mal être et la délinquance des jeunes.

  • Que peuvent apporter les débats sur les biens communs et le commun à la réflexion sur les paysages aujourd'hui et sur leur fabrication ? Telles sont les questions que Les Carnets du paysage ont souhaité explorer dans ce numéro, qui est aussi un numéro anniversaire : celui des vingt ans de la revue. Les enjeux sont considérables : l'hypothèse qui structure ce numéro est que le paysage non seulement relève des biens communs, mais qu'il constitue en outre un élément décisif dans la reformulation d'une écologie politique.

  • Avec le temps, une oeuvre d'art s'éloignera fatalement du sens que, par provision, son auteur lui donne. Celui-ci, néanmoins, escompte secrètement cette méprise future comme une solution possible à son énigme. S'il est vrai que «le fondement même du discours interhumain est le malentendu» (Lacan), on devrait considérer l'art, ou la relation artistique, comme un malentendu spécialement productif, paradoxal et initiatique. Ce ne sont ni les peintres ni les regardeurs qui font les tableaux, mais la conjugaison de l'inconscience des uns et des bévues des autres : ils se déchargent l'un sur l'autre de la responsabilité d'un sens qui n'en finit pas de leur échapper. Le présent ouvrage évoque quelques-unes de ces méprises en symétrie inverse, indéfiniment reconduites, et qu'on peut considérer finalement comme des «ratages réussis». Ce n'est pas le moindre intérêt de l'histoire de l'art que ces coups de théâtre qui rendent le passé lui-même imprévisible.

  • J'ai payé Hitler

    Fritz Thyssen

    Friedrich Thyssen (1873-1951), l'un des plus grands industriels allemand de son époque, est l'héritier de l'empire minier et sidérurgique construit par son père. Dès 1923 il est séduit par Hitler, dont il pense qu'il va redresser l'économie allemande mise à mal par le Traité de Versailles. Thyssen se met à financer le parti nazi à un tel point qu'il devient l'un des principaux responsables de son ascension. « Fritz » se félicite aussi de la suppression du Parti communiste, des sociaux-démocrates et des syndicats. Dans un premier temps, il accepte l'exclusion des Juifs de la vie économique, mais, catholique fervent, il s'oppose à la répression croissante de l'Église catholique romaine.
    Après la Nuit de Cristal en novembre 1938, il démissionne du Conseil d'État. En 1939, il critique la politique économique du régime, qui subordonne tout au réarmement en vue de la guerre : Thyssen est exclu du parti nazi, ses entreprises sont nationalisées. En 1939 il s'enfuit pour la Suisse puis gagne la France. Lors d'une visite à sa mère en Belgique il est arrêté par les autorités de Vichy et déporté au camp de concentration de Sachsenhausen. En février 1945, il est transféré à Dachau mais, probablement en raison d'un traitement de faveur, il survivra. Il sera jugé à Nuremberg et émigrera ensuite en Argentine, où il mourra en 1951.
    Avant son arrestation, pendant son exil français, il avait dicté ses mémoires à un journaliste américain, Emery Reves, qui les a édités et publiés aux États-Unis à la fin de 1941 sous le titre J'ai payé Hitler.

  • Après Babel, traduire

    Barbara Cassin

    Le catalogue de l'exposition «Après Babel, traduire» (MuCEM, du 13 décembre 2016 au 20 mars 2017) articule deux idées fortes. L'une renvoie à un fait d'histoire : la traduction est l'une des caractéristiques essentielles de la civilisation en Méditerranée. L'autre est un enjeu de politique contemporaine : la traduction, comme savoir-faire avec les différences, est un modèle pertinent pour appréhender la citoyenneté d'aujourd'hui. Ces idées seront instruites dans un «fil rouge» rédigé par la commissaire de l'exposition, Barbara Cassin, qui court tout au long de l'ouvrage, en regard ou en marge des différentes contributions.

  • Armistice ; 1918-2018

    Collectif

    Les Éditions Gallimard et la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale commémorent le centenaire de l'Armistice de 1918 par la publication d'un ouvrage exceptionnel : une trentaine d'écrivains sont invités à s'exprimer sur ce que l'Armistice évoque pour eux.

    Chacun de nous, cent ans après, entretient avec la Grande Guerre une relation personnelle, intime, faite de souvenirs familiaux, de récits, de lectures, de reconstructions imaginaires. Comment cette déflagration mondiale a-t-elle infléchi les destins individuels et les histoires familiales?
    Quel regard porter sur l'Armistice de 1918 ? Comment résonne-t-il dans les consciences, encore aujourd'hui ? Quelles histoires cette paix a-t-elle laissées derrière elle ?

    Autant de questions qui ont inspiré des prises de parole très personnelles.
    Fiction, récit, chant, discours, essai, lettre... Le choix des textes a été coordonné par Jean-Marie Laclavetine.
    Le livre est illustré de gravures et d'estampes sélectionnées par l'historienne d'art Marine Branland, empruntées notamment à Fernand Léger, Félix Vallotton, Otto Dix, Frans Masereel...

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