• La brebis galeuse Nouv.

    Nicola a peur du noir. Nicola est depuis trente-cinq ans dans une « résidence de saints », il n'en sort qu'une fois par semaine pour aller au supermarché. Il est né dans les fabuleuses années soixante et il est mort cette année. Nicola ne sait pas qu'il est Nicola, alors il lui parle. Pour remettre de la lumière dans son cerveau, il y a l'asile électrique, et le docteur qui est le plus saint de tous.

  • « Toujours est-il que nous sommes immobiles chacun dans son trou. En un million d'années la mouche non plus n'a pas appris à échapper à l'araignée.» Dans Discours à la nation, Ascanio Celestini évoque une nouvelle fois la relation entre la classe dominante et la classe dominée, mais renverse ici son point de vue': cette fois, ce sont les puissants qui parlent. Des discours d'un cynisme suffoquant débarrassés de leur vernis de respectabilité, se parent d'un grotesque aussi comique qu'effrayant. La docilité du peuple, la démission des syndicats, le marché globalisé, sont aussi mis en situation dans le livre. Celestini met aussi le doigt sur les aberrations de nos sociétés modernes.
    Les pages de ce livre tintinnabulent comme un trousseau de clefs ; Au coeur de chaque histoire, il y a une image, le ton noir de la fable, une vertigineuse parabole anarchique (ou anarchiste) : des mots qui ouvrent en grand des portes dans la tête du lecteur.

  • Avec Ascanio Celestini, l'écriture est une féerie de la création. Son roman Lutte des classes en est un magistral exemple. Quatre personnes qui vivent dans le même immeuble, où se mêlent loufoquerie et désastre, nous racontent leurs histoires entremêlées.

    Ascanio Celestini est né en 1972 et vit à Rome. Cinéaste, dramaturge, écrivain, il est l´un des acteurs les plus connus du théâtre narratif en Italie. Son film La pecora nera, adaptation cinématographique de La brebis galeuse (éditions du Sonneur, 2010), a été remarqué à la Mostra de Venise en 2011 et a reçu le prix spécial du festival du film italien d´Annecy. Il a écrit cinq livres, tous publiés en Italie par les éditions Einaudi.

  • « La loi est la même pour tout le monde et les juges ne perdent pas leur temps à compter les poires ou les pommes. Devant le tribunal, il y a la statue de la justice. Elle a une balance à la main, mais les deux plateaux sont vides. Ce n'est pas une balance pour peser les fruits et légumes. » Dans une prison, un détenu décide de préparer un discours. On ne sait pas au juste ni quand ni com- ment il pense pouvoir le prononcer, ni à qui il entend l'adresser. Peut-être au Pouvoir, à l'État, à son juge, à ses Concitoyens ou à la Loi qui l'a fait échouer en prison, à cause d'un délit non précisé, vraisemblable- ment mineur, mais dont on comprend bientôt qu'il a pris, durant sa détention, une signification politique.
    C'est notamment la prison, l'institution carcérale - en tant que miroir grossissant d'une société, de ses injustices, de son inhumanité -, qui fait l'objet des questionnements et des attaques du détenu. Au fil de ses réflexions, il convoque grands personnages et événements de l'histoire, interpelle directement Mazzini, converse avec son gardien de prison ou avec son juge, rapporte les (més)aventures affreuses et édifiantes de l'un de ses co-détenus, le Nègre Dingo Africain, et d'autres infortunés prisonniers des temps révolus ou récents...

  • Vous avez sans doute vu le chef d'oeuvre du cinéma néo-réaliste italien, Le Voleur de bicyclette ? Ce livre d'Ascanio Celestini en a les couleurs et l'épaisseur, l'humour en sus.
    Rome, 4 juin 1944 : les Américains s'apprêtent à faire leur entrée dans la ville.
    Un gamin en culottes courtes marche aux côtés de son père, d'un point à l'autre de cette ville où tout peut arriver, surtout le pire, pour réaliser un projet dicté par leurs estomacs vides : recueillir la somme suffisante pour acheter un cochon entier, vivant, qu'un petit malin a dérobé aux soldats allemands. L'union faisant la force, il s'agit de collecter des fractions de la somme en échange d'une part de cochon à venir, selon un système de coopérative improvisée. C'est ainsi que, de voisins en connaissances, père et fils collectent aussi les histoires cruelles, drôles, absurdes et poignantes dont chacun en temps de guerre peut être le héros involontaire.
    Celestini nous entraîne sur le fil d'une voix d'enfant, dans une traversée picaresque de Rome entre bombardements, représailles allemandes, manoeuvres militaires confuses, actes de résistance et débrouillardises de marché noir.

  • La lutte des classes

    Ascanio Celestini

    Ascanio Celestini évoque l'Italie des délaissés à travers l'histoire de certains habitants d'un immeuble de la périphérie de Rome. La lutte des classes est un roman polyphonique avec des personnages distincts, rassemblés et qui se croisent, au tempo crescendo, avec des situations, malgré le tragique du quotidien, qui ont une fantaisie d'invention. Un livre tonique.
    Le roman s'ouvre avec Salvatore, un gamin en phase de puberté qui vit avec son grand frère Nicola et son oncle. Le jeune Salvatore s'interroge sur la disparition de ses parents. La mère serait morte après avoir ingéré de l'acide et le père aurait disparu en Chine. Salvatore s'intéresse au sexe, interroge son grand-frère sur ses expériences sexuelles et les prostituées qui lui plaisent surtout quand elles sont vieilles comme celle qui habite au dernier étage de leur immeuble. Il y a aussi Marinella. solitaire et révoltée en raison de son bec-de-lièvre, qui travaille, comme le frère de Nicola, dans un centre d'appel téléphonique. Son travail est pénible et mal payé. Le seul qui s'intéresse à elle est un voisin de palier, un patron de bar qui s'est mis en retraite anticipée. Quant à Nicola, le grand frère de Salvatore, il raconte en détail tout le mécanisme de l'exploitation du centre d'appel. Nicola va se retrouver au centre des luttes qui agitent l'entreprise. En même temps, il gère la vie familiale, c'est-à-dire l'oncle vissé sur son fauteuil et le petit frère à qui il apporte une affection certaine mais pas toujours adaptée. Il lui raconte ses histoires de sexe, il affuble la vérité pour lui faire plaisir. Patrizia, par qui l'événement arrive, élevée dans la religion, croyante et pratiquante pendant de nombreuses années, s'est révoltée contre ce qu'elle considérait comme inutile. Un jour où l'absurdité de sa vie et la fatigue lui tombent dessus, elle laisse le robinet de gaz ouvert, et provoque l'explosion dans cet immeuble vétuste où rien n'est en conformité.

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