• Au croisement de la science, de l'art et de la philosophie, le livre exhume une tradition qui doit être redécouverte : le point de vue, ce n'est pas seulement ce qui divise, c'est aussi ce qui se partage.
    « C'est une question de point de vue... » On associe aujourd'hui la perspective à l'individualisme, à l'affirmation d'une vérité privée et indépassable. C'est oublier la tradition de la perspectiva communis, celle qui fait de la perspective le vecteur d'un horizon commun. Au croisement de la science, de l'art et de la philosophie, le livre exhume une tradition que l'on se doit de redécouvrir : le point de vue, ce n'est pas seulement ce qui divise, c'est aussi ce qui se partage. Au lieu d'incriminer le perspectivisme d'avoir fait le lit de la post-vérité, et de la perte d'une référence à un monde réel, il est temps de retrouver en quoi la perspective n'est pas qu'une affaire de relativisation, mais de réalisation. C'est à la perspective que nous devons notre perspicacité : « à travers » - voilà le mot-clé pour comprendre son opération. Une mise en regard d'enjeux anciens et contemporains, où s'entrecroisent les arts visuels, l'architecture, la phénoménologie et l'anthropologie sociale. Autant de manières de faire l'éloge d'une perspective qui se décline invariablement au pluriel.

  • Regards croisés sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images (une anthologie).

    Si elles ne manquent certainement pas de visibilité, les images contemporaines souffrent par contre d'un défaut de lisibilité. Suralphabétisés que nous sommes, nous sommes encore imparfaitement préparés pour déchiffrer les nouvelles réalités visuelles qui déterminent pourtant nos vies, plus que jamais. Comment réarmer le regard et faire de la lecture un outil critique du présent ? Regards croisés (histoire de l'art, philosophie, photographie, cinéma, architecture, histoire des sciences...) sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images. Avec, incidemment, un retour sur la notion même de lecture qui, au contact des images, vient toucher à sa propre limite. Comment lire donc, au risque de l'illisibilité ?

    Voir aussi Penser l'image (volume I) ; Penser l'image II - Anthropologies du visuel.

  • Le grand retour de la question anthropologique a complètement redessiné les enjeux de la représentation. Un état des lieux.
    Ces dernières années ont été le théâtre d'une étonnante résurgence de la question anthropologique. Parmi les propositions les plus débattues, il y a eu celle qui consisterait à penser l'homme non pas comme un animal doué de langage, mais avant tout comme un homo pictor ou encore comme un homo spectator, capable de produire et de reconnaître ses propres images. Si entre-temps, cette idée d'une anthropologie par l'image a permis d'inaugurer des nouveaux domaines de recherche, comme l'anthropologie visuelle, celle-ci relève cependant d'une histoire déjà plus ancienne dont cet ouvrage livre quelques clés. Entre ceux qui considèrent que les images sont le reflet exact de l'homme et ceux qui, au contraire, sont d'avis que les artefacts visuels mènent une vie dont les raisons échappent à la logique anthropocentrique, se dessinent aujourd'hui les lignes de front de ce qui s'apparente à une nouvelle querelle de l'image.

  • Une anthologie de textes de philosophes, de théoriciens et d'historiens de l'art (Boehm, Mondzain, Nancy, Coccia, Alloa, Belting, Bredekamp, Mitchell, Rancière, Didi-Huberman) qui témoignent à la fois de l'incidence de la question de l'image, de sa logique spécifique et de la transformation du champ visuel dans les savoirs contemporains, et de la variété de ses approches conceptuelles, de la préhistoire à nos jours et dans différentes traditions de pensée.

  • On ne saurait reprocher à une pensée dont le développement a été brutalement interrompu de ne pas être conclusive.
    Mais si cet inachèvement a incité de nombreux auditeurs et lecteurs à prolonger ses lignes de fuite vers d'autres horizons féconds, l'oeuvre elle-même a souvent fait l'objet d'un paradoxal oubli. vouloir évaluer le legs de maurice merleau-ponty (1908-1961), cent ans après sa naissance, signifie donc avant tout prendre l'oeuvre au sérieux en tant qu'oeuvre et mettre au jour l'extrême cohérence qui la soutient.
    En suivant le fil rouge d'une notion, omniprésente des premiers aux derniers écrits, mais qui, en tant que concept opératoire, est passée jusqu'ici inaperçue, l'ouvrage retrace la lutte incessante de merleau-ponty contre toute idéologie de la transparence (transparence de soi à soi, du soi et de son savoir, du soi et de l'autre) qui est aussi toujours la lutte de merleau-ponty avec lui-même. tout en intégrant les recherches sur les textes publiés ces dernières années ainsi qu'un nombre de manuscrits à ce jour inédits, le livre se défait de la tentation philologique pour restituer au contraire l'organicité d'une pensée en acte, dont on commence à peine à mesurer toute la portée.

  • En philosophie, l'impossible a un nom : c'est, depuis Kant, la « chose en soi ». La notion n'a pas bonne presse. À peine introduite, elle a connu un discrédit durable. Curieuse idée en effet que celle d'une réalité reconnue comme inconnaissable sans être pour cela impensable. Et pourtant, la chose en soi résiste et ne cesse de revenir sous diverses dénominations : « matière », « facticité », « résistance », « inconstructible », etc.
    Aujourd'hui encore, son idée hante les débats, du côté de la philosophie comme des sciences de la nature ou de l'anthropologie, chez les métaphysiciens comme chez les philosophes les plus réalistes. Il fallait donc la traiter pour de bon : c'est chose faite avec cette compilation, qui regroupe parmi les plus grands noms de la philosophie contemporaine afin de régler cette question qui touche à l'absolu, donc à toute pensée.

  • L'expérience génocidaire a imprimé une marque indélébile dans l'histoire de l'humanité. Dans un va-et-vient entre des perspectives singulières et une réflexion philosophique sur la notion de témoignage, ce volume cherche à cerner la figure à la fois aporétique et incontournable qu'est le témoin à l'époque de la survivance.
    -Les contributions de ce volume portent toutes sur l'expérience de l'extermination et du témoignage qui s'en suit, que ce soit du point de vue de son contenu ou de sa vérité, du point de vue de la situation existentielle et relationnelle du témoin, du point de vue du mode du témoignage, parole ou image, ou encore de la réception ou de l'écoute du témoignage. Cette diversité de problèmes se double d'une complémentarité d'approches, non seulement pour les domaines concernés (philosophie, littérature, psychanalyse, cinéma), mais encore par les cadres théoriques mobilisés. En effet, c'est seulement en explorant les ressources théoriques de la pensée de Wal- ter Benjamin, d'Emmanuel Levinas, de Paul Ricoeur, de Jean- François Lyotard ou encore de Hannah Arendt qu'on parvient à une vue d'ensemble de la question.
    -L'ouvrage est divisé en quatre parties : La première section «Le témoignage comme problème» rassemble une série de réflexions sur la place du témoignage à notre époque par rapport à sa teneur de vérité. La deuxième section, intitulée «Le témoignage comme geste», déploie plusieurs essais de description de l'expérience du témoignage, du point de vue du témoin. Dans la troisième section, «Le témoignage comme figuration» c'est la forme du témoignage qui fait l'objet d'une exploration approfondie. Enfin, le volume se clôture avec une quatrième section intitulée «Le témoignage en héritage», consacré aux difficultés de l'écoute, ou de la réception.

  • Des mains se détachent dans la pénombre devant le vacarme et l'anonymat de la grande ville. Elles évoquent la rencontre avec l'autre et l'arrêt sur son histoire. Des moments qui permettent de dépasser le chaos et l'hostilité de la métropole observée à travers la vitre. La nouvelle réalisation d'Anna Malagrida, pour la Carte blanche PMU, est faite de contrastes. Au centre il y a la métropole où se croisent des millions de destins humains ; la métropole dont l'attractivité, l'intensité et le capital économique attirent les indi-vidus du monde entier qui espèrent y trouver une vie meilleure. Mais c'est également la métropole qui repousse, isole, déçoit. Anna Malagrida s'arrête sur cette contradiction et la soumet à une obser-vation intense.
    Pour les photographies qu'elle propose, l'artiste tourne la caméra vers l'intérieur, un intérieur comme celui d'un bar et s'introduit parmi ceux qui sont là. Elle les regarde de près, mais elle les écoute aussi - les fragments d'histoires qu'elle a recueillis sont inscrits sur les murs de la galerie. Les images sont très sombres, les mains sont le seul élément qu'on y distingue.

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