• Bilqis, douze ans et demi, est une paysanne afghane qui aide sa mère aux champs et à la maison depuis la mort de son père. Elle est l'aînée de six enfants.
    Un jour de 1989, elle est violée par des soldats soviétiques qui rentrent dans leur pays après dix ans d'occupation. Alors commence pour Bilqis une lente descente aux enfers : rejetée par sa mère puisque « souillée », elle vivra dans l'étable, avant d'être vendue à une famille d'un bourg voisin. Pendant une dizaine doeannées, de bourgades en villages, elle sera bonne à tout faire, serveuse, femme de chambre, instrument de désirs et de fantasmes, battue, insultée, violentée...
    Dans un bordel à Herat, Bilqis a ses protecteurs parmi les talibans. Puis on la retrouve, enlevée par des bandits, prostituée dans une caserne, favorite d'un chef de guerre unijambiste et borgne qui la martyrise, avant qu'elle ne le poignarde et s'enfuie à nouveau...
    « Celle qui perd sa réputation n'est plus qu'une morte parmi les vivants.» Voilà ce que lui dit une de ses compagnes d'infortune.
    La jeune femme, qui a aujourd'hui vingt-six ans, a été sauvée par une ONG européenne. Elle a appris à lire, à écrire et à calculer. Elle se reconstruit lentement.
    Un document unique sur la condition des femmes en Afghanistan et dans les pays ravagés par les guerres, l'intégrisme et l'obscurantisme.

  • Le dernier eunuque

    Freidoune Sahebjam

    • Felin
    • 10 Juin 2004

    C'est une étonnante histoire qui a inspiré ce roman.
    Mais c'est pourtant une histoire vraie. Elle raconte la fantastique aventure de Mortéza, un petit paysan bossu, rejeté par les siens, et qui, au sortir d'une enfance meurtrie, se voit interpellé par le destin lorsqu'il sauve de la noyade la cousine du prince héritier de Perse, lequel le prend à son service comme jardinier à la cour, puis devient son ami. Devenu adolescent, Mortéza est reconnu impuissant par le médecin du palais et devient " petit eunuque " au sérail royal, chargé de la protection des femmes destinées au plaisir du roi.
    Devenu " grand eunuque " et jalousé pour sa rapide ascension, il lui faut pourtant garder un secret qui pourrait lui coûter la vie : il n'a jamais été impuissant... Il sera très apprécié par le shah qu'il accompagnera dans des voyages où il rencontrera toutes les familles royales et impériales d'Europe parmi lesquelles la reine Victoria et Sissi d'Autriche. Mortéza est mort en 1933, entouré de ses quatre épouses et de sa très nombreuse descendance, riche et respecté de tous.

  • C'est en 1842, dans la ville de Shiraz, qu'est née la religion bahaïe. Un jeune homme, Seyed Ali Mohamad, prêche et célèbre Mahomet tout autant que Bouddha, Krishna ou le Christ, tous, selon lui, messagers du même Dieu. Cette religion se propage vite, peut-être parce qu'elle prône l'égalité des sexes et le droit à l'enseignement pour chacun. Mais bientôt, la religion bahaïe est rejetée par le régime en place en Iran - massacres, tueries, exils, sont le lot de ceux que l'on considère comme des renégats de l'islam et des agents de l'étranger. Les shahs et les ayatollahs ont donc toujours condamné le bahaïsme. Aujourd'hui les tenants de cette religion sont plus de dix millions et leur grand temple est à Haïfa. Ce document raconte le parcours tragique d'un bahaï qui exerça de hautes fonctions religieuses et diplomatiques à l'époque du dernier Shah. On voit comment, peu à peu, il se trouve piégé dans un procès terrifiant dont il sera la victime. L'auteur a bien connu cet homme et il nous fait revivre dans ce texte la parodie de justice qui aura mené peu à peu celui qui fut un de ses proches vers une effroyable descente aux enfers. {Par l'auteur de} Je n'ai plus de larmes pour pleurer {(Grasset, 1985)}, La Femme lapidée {(Grasset, 1990)}.

  • Il s'agit d'un roman historique qui, évoquant un héros légendaire de l'ancienne Perse, ne songe, bien sûr, qu'à parler du présent iranien. Voici donc l'histoire de Hassan Sabbah, chef de la secte des ismaéliens, entre Ispahan, Bagdad et Alamout de 1075 à 1124. Mystique, ami du poète Omar Khayyam, Hassan est ce musulman qui, avant d'autres, prônera un retour aux sources de sa religion contre les sultans Seljoukides qui règnent alors sur l'Islam. Hassan regroupera autour de lui une troupe de musulman fanatisés, drogués au haschisch (d'où le mot "assassin") qui terrorisent l'empire des sultans jusqu'au jour où ils les manipuleront pour instaurer un véritable Etat théocratique qui durera plus d'un siècle, effrayant l'Occident des croisades par sa cruauté. Dans ce roman, on voit donc, de l'intérieur, comment se bâtit l'âme d'un intégriste. Pourtant Hassan était, aussi, un homme d'immense culture, ami des arts, poète à ses heures. Telle est l'énigme qui porte ce livre : comment peut-on être à la fois un Saint et un Monstre, un farouche défenseur du Bien et un tyran sans pareil, dans ce XIe siècle qui évoque étrangement la fin de notre propre millénaire en proie au fanatisme et à l'obscurantisme ?

  • Princesse persane

    Freidoune Sahebjam

    • Felin
    • 10 Mars 2005

    L'image enchanteresse de la princesse des contes de fées n'est certainement pas celle de la princesse Mofakham, fille de l'ambassadeur de Perse à la cour du tsar Nicolas II. Déjà, à l'âge de huit ans, il lui faut fuir la Russie avec toute sa famille, car la révolution de 1917 fait rage. C'est en France, finalement à Nice, que tout ce monde va s'installer, en compagnie de tous les déchus des cours d'Europe en attente de revanche. Dès lors, l'éducation de la princesse devient austère, étouffante, résolument xénophobe et raciste. Le prince Mofakham ne reçoit plus que des émissaires de Mussolini, Franco, Hitler... Le mariage de sa fille avec un jeune diplomate iranien ne recueille pas davantage son agrément. Car le jeune marié est au service du nouveau régime de Téhéran. Il est aussi malade du coeur, et laisse la princesse veuve à 27 ans, avec un enfant à élever au milieu de l'hostilité et des humiliations infligées par ses proches. Ce n'est qu'au décès du prince, en 1938, qu'elle retrouvera un peu de dignité, apprendra la musique et la danse classique, obtiendra même une licence de droit.

    Cette histoire étonnante, représentative de la fin d'une époque et annonciatrice d'une des plus grandes tragédies de l'histoire, est tout simplement celle de la mère de l'auteur de ce document.

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