• Partant d'objets singuliers issus tant du Hollywood classique que du cinéma bis ou du film expérimental, l'auteur mène une investigation personnelle et singulière, de La Nuit du chasseur à Peter Kubelka, des morts-vivants à la baignoire en forme de coeur de Jayne Mansfield. Il nous offre le récit d'une expérience de spectateur mêlée au savoir et à la rigueur d'un historien de l'art aux curiosités disparates, restituant au lecteur ces instants lucifériens - littéralement « porteurs de lumière » - que fait naître la rencontre du faisceau du projecteur et de l'image à l'écran. Ce recueil, sorte de « séance idéale », réunit pour la première fois tous les « propos filmiques » de Jean-Claude Lebensztejn dans un seul volume. Écrits entre 1980 et 2020, pour certains parus dans des revues ou catalogues d'exposition, inédits pour d'autres, chacun de ces textes (essais, entretiens, journaux, programmes, etc.) a été revu et corrigé par l'auteur qui a choisi pour l'occasion une iconographie originale de plus de cent illustrations révélant à elle seule l'hétérogénéité de ses goûts.

  • Un ouvrage apportant une analyse complémentaire et très personnelle par des artistes de premier plan sur le rapport entre art pictural et littérature, entre peinture et écriture.

    Traduction inédite en français d'entretiens menés en 1975 par le critique d'art Jean-Claude Lebensztejn sur l'influence de Matisse et publiés à l'époque dans le périodique Art in America (Eight Statements. Interviews by Jean-Claude Lebensztejn) avec les artistes suivants :
    Roy Lichtenstein.
    Paul Sharits.
    Tom Wesselmann.
    Carle Andre.
    Donald Judd.
    Brice Marden.
    Franck Stella.
    Andy Warhol.

  • Tout se passe durant la longue construction du palais Farnèse de Caprarola (1559-1630) et la réalisation de son programme décoratif. Entre un dessin préparatoire de Taddeo Zuccaro représentant la Maison du Sommeil (1562) et la peinture à fresque du médaillon qui en découle dans la chambre d'été du cardinal Alexandre Farnèse, quelque chose a disparu... S'est perdu? C'est sur les traces de cet évanouissement que s'engage ici Jean-Claude Lebensztejn, historien de l'art dont l'oeuvre se définit plus par une méthode que par une période ou un type d'objets spécifiques. Ce qu'on peut souhaiter à l'histoire de l'art, disait-il, « ce n'est pas seulement qu'elle tienne compte de tous les paramètres de la recherche, documentaire, formel, théorique, fantasmatique, mais qu'elle les intègre davantage; que la production qui se constitue là soit un va-et-vient organique, innervant de part en part le matériau d'étude ».Ce qui se rejoue ici entre un dessin préparatoire, la peinture à fresque d'une chambre d'hiver puis d'une chambre d'été et enfin d'une chapelle d'un même palais, c'est un drame qui affecte le statut des rêves ou des songes ainsi que l'histoire de leur représentation et de leur interprétation. Drame épistémologique qui, du point de vue thématique, met en jeu le passage de motifs mythologiques à d'autres bibliques. Drame moral aussi, parce que dans ce passage le sommeil a pu aussi devenir coupable. Cette collusion des langages et des époques nous fait effectivement transiter de la maison du Sommeil au rêve proprement dit, qui n'est sans doute pas encore le rêve tel que nous le connaissons et l'interprétons aujourd'hui, mais qui n'en est pas moins déjà rêve. En un court précipité, Jean-Claude Lebensztejn convoque, dans ce cheminement sinueux entre les différents espaces du palais Farnèse de Caprarola, des siècles de spéculation sur les rêves.

  • Le nouvel essai de Lebensztejn revisite l'histoire de l'art à partir des figures de Pygmalion et de Vénus. Amour de l'art, désir pour le vivant et plaisir de la matière comme moteurs, finalités et récompenses de la création, oeuvre fantasmée et auto-célébration d'un art rendu tout-puissant par l'amour : une érotique qui traverse les images, les mots, les idées, les sons et les danses dans l'histoire occidentale, de la sculpture antique au cinéma moderne (de Raphaël et Bronzino à Magritte et Lichtenstein, d'Aristote à Agamben en passant par Diderot, Rousseau ou Condillac, de Boccace à Pierre Louÿs, d'Eisenstein à Hitchcock et Fellini jusqu'à David Fincher).

  • Recueil de textes de Jean-Claude Lebensztejn, inédits ou rares et revus (1992-2012), qui constituent autant de coups de sonde dans des cibles esthétiques choisies : le plagiat, la propriété des mots, la magie de l'art, l'excentricité, le goût et la convenance, la lutte des pouvoirs dans le champ artistique...

  • Trois « pièces » textuelles autour de Kafka, Sade et Lautréamont, écrites d'après les rêves et les lectures nocturnes de l'auteur.

    Tel est le titre - Rêve déchiré - que Franz Kafka donne à son récit dialogué, le Gardien de la crypte. Ce n'est pas un modèle.
    Ces trois pièces sont nées de rêves, et de lectures nocturnes, subséquentes. Elles en gardent le ton rompu, féroce, intime, indigne ; très à l'écart de tels grands essais littéraires - Blanchot, Barthes - qui ont visé de semblables cibles.
    Elles tentent de donner une espèce de corps à ces rêves, tout en maintenant quelque chose de leur légèreté insubstantielle. Je pense au Cavalcanti de Calvino, ses leçons américaines.
    Dire de telles choses, les écrire surtout, est encore trop, beaucoup trop lourd. J'aimerais qu'on ne lût pas cette note.

  • Entre 2018 et 2019, le photographe Éric Poitevin séjourne à plusieurs reprises à Ouches, près de Roanne, chez Troisgros. Avec Michel, l'idée leur vient alors à l'esprit de faire un livre, mais les traditionnelles images des livres de cuisine ne soulèvent pas l'enthousiasme des deux amis. Éric Poitevin propose de « retourner le gant »... il va plutôt saisir les assiettes au sortir de table, dégustées, saucées, vidées - parfois reste un os, parfois une coquille.

    Dans cette série de photographies qui forme un inventaire insolite, la magie des rencontres opère. Avec la complicité du service de salle, Éric Poitevin récupère les assiettes et sans y toucher capte le geste de la mangeuse ou du mangeur.

    L'éphémère de leur composition reflète les 41 recettes inédites imaginées par Michel et César Troisgros, qui varient en fonction des saisons et de l'humeur du jour.

    Jean-Claude Lebensztejn y ajoute son grain de sel avec un texte sur les manières de table.

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