Le Mot Fou

  • Découvrez Des rois dans les arbres, le livre de Christian Viguié

  • Vingt courtes nouvelles qui confrontent les personnages à leurs démons ? à moins que ce ne soient à leurs anges intérieurs dont le poids contraste avec l'air extérieur. Ici l'être profond se transforme, s'exprime ou crie. Un sourire deviendra salvateur, une coupe de cheveux propulsera Mathilde dans son passé : des mains interdites qui caressent ses cheveux, celles d'un Allemand. La peur de l'enfant laid entraînera l'avortement à six mois de grossesse. Une naissance, devenue secret d'adulte, entraînera l'incompréhension des enfants et laissera des séquelles... Et ces séquelles, et cette violence, ils en ont tous, subies ou provoquées comme à Kouribga, l'adulte qui a un trou à la place de l'oeil gauche, comme ces enfants trop curieux et impatients de voir la femme la plus grosse du monde... Kadidja devant l'anéantissement des fourmis, cet homme qui s'acharne à tuer un chat, cette chenille avalée lors d'un repas professionnel, ce spectacle d'une marionnette, insoutenable. Tous ces êtres sont-ils manipulateurs ou manipulés comme cette pauvre marionnette ?
    N'auraient-ils pas avalés eux aussi une chenille de fiel pour être aimés ? Des personnages attachants enfermés entre libre arbitre et jugement des autres - voire jugement dernier. Les fées dans la dernières nouvelles nous avertissent : "Tu te méfieras du MOI car il n'est pas fiable et tu le détesteras car le MOI est haïssable [...] tu le transformeras, tu le repeindras aux couleurs qui plairont aux autres.
    [...] Et si hélas, les fées s'étaient un peu trop penchées sur notre berceau ?

  • Dans Mon coeur les écoute, Gisèle Prassinos nous engage dans les voies mystérieuses de la gestation ; vie et poésie s'y rejoignent. L'auteur se partage entre deux désirs contraires et complémentaires : entre l'appel du retour au sein maternel, à la protection, l'abri, entre le refus de la lutte, le rejet des angoisses que comporte la destinée humaine, l'aspiration au vide aussi, à l'absence de pensée, puisque la pensée est déchirement et douleur, et, de l'autre côté, le souhait, le besoin, la passion d'être mère elle-même, de créer, de produire, de protéger, de donner. Il y a conflit chez elle - et tel, sans doute, est le cas dans la plupart des vies humaines -, conflit entre involution et évolution, si bien que la poétesse surgit devant nous comme une figure de proue... elle monte la garde et nous communique dans les symboles de son oeuvre toutes les clefs de notre sort.(Par Rosemarie Kieffer, À l'écoute de Gisèle Prassinos, revue Brèves, 1997) Édité aux éditions Liasse en 1982, puis chez HB éditions en 1998, Mon coeur les écoute intègre aujourd'hui la collection de poche «Récidives» du Mot fou éditions. « Le ton de Gisèle Prassinos est unique, tous les poètes en sont jaloux » André Breton

  • Un exercice de style périlleux qui transforme la laideur en beauté. Perdus entre la folie et la peur, nous redoutons presque la chute de ces nouvelles.
    Quand un homme enfermé dans un cachot a l'esprit qui s'évade au son d'une mouche puante, lorsque l'on devine pourquoi Landry invite à ses soirées mondaines des "beaufs" bien sélectionnés qu'il place en invités d'exception, ou qui est cette ombre qui s'attaque à l'enfant tourmenté. quand on comprend pourquoi, pour tous ces êtres, il ne fait plus bon vivre dans le monde réel, on entre nous aussi dans l'imaginaire de ces fous ou que la société a rendus fous.
    "La peur seule vaut mieux que la folie"

  • Le destin d'un conducteur d'autobus, d'une vieille dame fanatique de danse, d'un solitaire exilé sur une île, d'un employé municipal amoureux d'une affiche peuvent être à la fois extraordinaires et empreints de l'humanité la plus universelle.

  • Des nouvelles aux couleurs multiples, à l'image de la vie, tantôt rose tantôt grise. Serge Roussel a cessé de grandir le jour de ses treize ans, il ne s'en plaint pas. Jour après jour, dans une loge vitrée, il surveille les entrées et sorties de collégiens, il ne s'en plaint pas. Ce qu'il aime Serge, ce sont les boîtes, petites, grandes, cylindriques... une passion dévorante, à tel point qu'un jour Serge disparaît. Des personnages confinés dans un quotidien, dans un secret ou dans une passion. Des petits riens, des petites habitudes inscrites dans le temps, mais qui, au moindre changement, peuvent provoquer de grandes révolutions. Mireille par exemple a pris l'habitude de dire oui à Georges, depuis quarante-huit ans. Mais, voilà, il y a six mois, elle lui asséna un non. Quant à Pierre-Henry, il ne peut vivre qu'entouré de vitrines, alors le jour où son médecin lui impose de se «mettre au vert», le monde semble s'écrouler pour lui. Le rituel de Mauricette consiste à rectifier la ligne de son rouge à lèvres. Depuis plus de vingt ans elle n'a jamais dérogé à cette tradition. Elle se dit que si elle changeait la couleur elle ne serait plus la même, et Dieu sait ce qui peut arriver quand on est plus soi-même ! La répétition des mêmes scènes de notre théâtre intérieur conduirait-il à notre anéantissement ?

  • On ne devrait jamais lire de nouvelles ! À moins que frissonner ne reste un plaisir.

    De ces nouvelles, il vous restera « un parfum tenace », un parfum qui ne vous quittera plus. Jacques Fulgence jongle avec les mots et joue avec son lecteur, il vous emmène avec ironie et dérision vers des univers inexplorés et délicieusement inquiétants : le vieux prof est ridicule, mais son élève devenu flic l'est encore plus que lui ; les souffre-douleur deviennent bourreaux ; les beaux discoureurs ne sont que singes savants. De macabres découvertes vous attendent à l'entrée des réserves indiennes, vous allez frémir en écoutant le commentaire d'exploits sportifs. Quant à l'inoffensif français moyen mangeur de baguettes.

  • Le cadre des récits est l'Amérique d'aujourd'hui, profonde ou urbaine, fruste ou policée, du Montana, de la Floride ou de la côte est. Les personnages sont des gens ordinaires, fermiers, mécaniciens, chômeurs, professeurs d'université, chauffeur de taxi ou vétérants du Vietnam. On y boit beaucoup de bière, on y lave son linge dans des laveries automatiques, on y attend le bus ou le retour du mari. Mais l'essentiel n'est pas dans le silence des apparences. Il est dans les coutures qui le révèlent en même temps qu'elles le font craquer.

  • Certaines des histoires de ce recueil rappellent l'univers déjà rencontré dans Cité des Fleurs, premier opus de Nadia Berquet paru chez HB et qui avait obtenu le Prix de la Ville et de la Citoyenneté 1998.
    Il s'agit de la "cité" où ont grandi des jeunes partagés entre deux cultures, l'algérienne et la française... Mais cette dernière, à l'heure de la mondialisation, est aussi américaine : on la retrouve ici dans deux nouvelles dont l'intrigue se déroule aux Etats-Unis. On verra que les histoires qui se jouent "là-bas" rejoignent celles d'"ici" par leur charge d'amour, de peur, de haine et d'amitié, qui nous parle bien de la même humanité.

  • Cris de guerre

    Julia Billet

    Un petit livre, mais quelle force, quel retentissement ! Neuf nouvelles, concernant des femmes, écrites à la première personne. Des femmes enfermées, prisonnières, en asile, des femmes révoltées, exclues, déplacées. et pour dire leur douleur, leur colère, leur accablement, une langue précise, sincère.

  • Elle a des rendez-vous avec des inconnus. Loin. Elle s'y rend, exaltée par l'idée du danger, de le frôler un peu, pas trop. Décharge d'adrénaline, trac différent de celui du théâtre, meilleur, qu'elle voudrait faire durer. Et puis le passage au réel. Rude chaque fois.

  • Comme dans un texte de Yasushi Inoué, Chemins, Janine Chirpas évoque les " chemins d'erres ", ces tracés mystérieux où tentent de se retrouver les petits d'hommes et d'animaux, dans un accord avec la nature plus ancien que les apprentissages.
    Les nouvelles de ce recueil sont de superbes méditations sur les vies mêlées qui composent le quotidien : peurs anciennes, parentés profondes, courants souterrains que les mots nouent et dénouent.

  • Au coeur de la cité des Fleurs, mais loin des stéréotypes de la banlieue, se croisent dix-neuf frères et soeurs, une grand-mère un peu sorcière, un père détesté, des mères désemparées : des personnages imprégnés d'humanité et de sensibilité. Nadia Berquet évoque ici leurs inquiétudes, leur débrouillardise et leur gaieté. [...] Réalité ou fiction? Peu importe, c'est le rire qui l'emporte, le rire qui éclate pour dire les incohérences de la vie dans les cité ou ailleurs.

  • Un hôtel accueille pour une nuit, pour quelques jours, pour quelques heures, des bouts d'existence.
    En somme, il réunit des vies en pièces détachées.
    Les destins qu'on croise dans les couloirs ne sont donc pas toujours d'une solidité à toute épreuve.
    Dieu merci, il existe aussi des félicités dans les chambres et des ravissements dans les rêves. Et dans les lits.
    Dans tous les cas, il s'agit toujours de l'appétit qu'on met à vivre. Ou à aimer. C'est la même chose.
    Des destinées diverses et des sorts opposés se croisent ainsi, s'évitent, s'ignorent, se rencontrent, se frôlent ou se fuient dans un même hôtel, au cours d'une seule nuit.
    Ce sont autant d'histoires : autant de nouvelles qui rédigent enfin de compte le roman de cet hôtel.

  • L'air de riens

    Monique Jouvancy

    On y croise des êtres étranges qui prennent mal la mesure du temps, trimbalent des morceaux d'enfance loin de leur vie ou se trouvent dans leur vieillesse, comme face à un gouffre. Désemparés.
    De ces êtres curieux qui échappent au poids des ans, et dont on ne saura jamais s'ils sont totalement demeurés ou parfaitement sincères. Ils déroutent. Dérangent.
    Quand ils se cassent la figure.

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