Essais / Réflexions / Ecrits sur l'art

  • Paris-Athènes : naissance de la Grèce moderne 1675-1919 Nouv.

    En 2021, la Grèce fêtera le bicentenaire de sa guerre d'indépendance ; c'est également il y a 200 ans, en 1821, que la Vénus de Milo est entrée dans les collections du musée du Louvre. L'ouvrage revient sur les différents liens culturels, diplomatiques et artistiques qui unissent la France et la Grèce entre le XVIIe et le début du XXe siècle, depuis l'ambassade du marquis de Nointel à Constantinople jusqu'à l'exposition indépendante du groupe grec TECHNE à Paris.
    La France redécouvre par le biais de ses ambassadeurs, ses artistes et ses archéologues une Grèce fortement imprégnée de son passé byzantin et ottoman. L'histoire antique de la Grèce est sans cesse enrichie par les nombreuses fouilles qui permettent d'apporter le concours de la science à l'archéologie, auparavant essentiellement littéraire. Après son indépendance, l'enjeu primordial pour la Grèce est de se créer une identité propre et surtout moderne : l'Europe, fortement impliquée dans cette Révolution, fait circuler des modèles, des idées et exerce son influence sur le nouvel état.
    A travers de nombreux médiums, la peinture, la sculpture, l'archéologie, la littérature, le costume, l'architecture, la photographie, nous découvrons l'ampleur de ces relations et la construction de l'identité grecque moderne au contact des nations européennes.
    Cette brève histoire des relations franco-grecques permet de mettre en lumière ce que la Grèce doit à la France, mais également ce que la France doit à la Grèce.

  • Ce coffret met à l'honneur le thème des fleurs, et plus généralement de la nature, si importants dans l'art japonais, à travers une sélection des plus célèbres estampes du genre ancestral du kachô-ga, ces « images de fleurs et d'animaux », de l'époque d'Hokusai au début du xxe siècle.
    Dès le début du xixe siècle, face à la politique d'isolationnisme du pays, les Japonais aspirent à plus de liberté, et trouvent dans la nature une échappatoire à la claustration ambiante et à l'asphyxie qui les menace à terme.

    Renouer avec la nature, écouter le rythme des saisons, admirer les fleurs de pruniers ou de cerisiers, goûter la fraîcheur du soir, contempler les premières neiges, ou surprendre l'envol des grues ou des oies sauvages sont autant d'occasions de longs voyages ou de simples promenades.
    Hokusai et Hiroshige saisissent cette évolution de la société japonaise, qu'ils transcendent dans leurs magnifiques estampes de fleurs.

    Conjuguant réalisme et spiritualité, observation directe et interprétation tout empreinte de shintoïsme et de bouddhisme, Hokusai (1760-1849), et Hiroshige (1797-1858) portent à sa perfection la représentation d'une nature magnifiée. Partant tous deux de l'observation de la faune et de la flore, ils en expriment, par des styles différents, la permanence et l'état d'éternel recommencement, en même temps que le caractère fragile et éphémère.

    Aucun grand maître de l'estampe n'a capturé aussi bien l'âme de la nature japonaise qu'Hokusai. Pour Edmond de Goncourt, c'est « le peintre universel qui, avec le dessin le plus vivant, a reproduit l'homme, la femme, l'oiseau, le poisson, l'arbre, la fleur, le brin d'herbe [...] qui a fait entrer, en son oeuvre, l'humanité entière de son pays ».

    Ces deux grands noms de l'estampe vont inspirer nombre d'artistes, ceux notamment du mouvement shin-hanga (« nouvelles gravures »), tels Imao Keinen (1845-1924) ou Ohara Koson (1877-1945), qui vont à leur tour célébrer les fleurs et la nature, et se passionner pour leurs plus infimes variations, puisant dans leurs formes et leurs textures une formidable source d'inspiration graphique Cette sélection des plus belles estampes dédiées aux fleurs ne se veut pas simplement descriptive mais elle révèle comment les artistes les rêvent, les fantasment et leur donnent une force symbolique propre. Les fleurs deviennent ainsi l'expression des émotions, mais aussi celle d'un rapport profond avec la nature, plus que jamais au coeur des questionnements actuels.

  • Catalogue officiel de l'exposition Edward Burtynsky - Eaux troublées du 23 juin au 26 septembre 2021 au Pavillon populaire - espace de la photographie de Montpellier.
    Du Golf du Mexique jusqu'aux berges du Gange et au moyen d'images aériennes, un tableau saisissant de l'eau et des systèmes imaginés par l'homme pour la maîtriser, comme une question posée à l'humanité présente et future sur son rapport à cette ressource vitale qui s'amenuise dangereusement. Au cours des cinq dernières années, l'artiste canadien Edward Burtynsky a voyagé à travers le monde, du golfe du Mexique aux rives du Gange, pour construire une ambitieuse représentation du cycle de l'eau toujours plus fragmenté. À travers ses immenses images aériennes et colorées, dont beaucoup frôlent l'abstraction, il retrace les différents rôles que joue l'eau dans notre mode de vie moderne : fondement d'écosystèmes sains et de sources d'énergie, élément clé de rituels culturels et religieux, et surtout ressource essentielle qui sera très bientôt épuisée.
    Nombre de ces images portent presque davantage l'attention non sur l'eau elle-même mais sur les systèmes que les humains ont mis en place pour l'exploiter, la modeler et la contrôler. Des photographies de puits à degrés labyrinthiques en Inde, de la construction d'un barrage massif et d'aquaculture en Chine, de cités de bâtiments préfabriqués au bord de l'eau et de systèmes d'irrigation dans l'Ouest américain sont présentées aux côtés de paysages desséchés, de régions fluviales asséchées, de marais salants fermes de crevettes aux couleurs inquiétantes. Certaines de ces photographies comptent parmi les images les plus abstraites réalisées par Burtynsky jusqu'à maintenant : les parcelles d'irrigation à pivot central sont soigneusement modelées en empilements totémiques et géométriques, les champs agricoles en terres arides sont quant à eux transformés en collections vertigineuses de formes biomorphiques. Ces images, parfois élégantes, parfois obsédantes, se placent entre le monde de la peinture et celui de la photographie et forment un portrait de l'eau dans le monde émouvant qui semble nous poser une question ouverte sur la relation passée, présente et à venir entre l'humanité et le monde naturel.
    Ce livre explore ainsi la relation de plus en plus tendue entre l'humanité et cette ressource naturelle la plus essentielle au monde.

  • Cette nouvelle édition poche, revue et corrigée, s'enrichie d'une préface émouvante de la petite-fille de Ernst H.Gombrich qui raconte la genèse de ce livre désormais iconique. Aussi audacieux que cela puisse paraître, raconter l'histoire de l'humanité en quelque trois cent pages est le pari fou que s'est lancé Ernst Grombrich, et qu'il a relevé avec brio. Tutoyant ses lecteurs, petits ou grands, et considérant que ceux-ci savent réflechir par eux-mêmes, il leur présente les personnages historiques emblématiques de leur temps et raconte les faits dans leur continuité, comme dans un roman au long cours, avec toujours cette question centrale qui guide son propos : quels épisodes du passé ont eu une influence sur la vie de l'humanité en général et quels sont ceux dont on se souvient le plus ? Un ouvrage formidable pour apprendre l'histoire sans en avoir l'air, comme l'explique si bien Gombrich : "j'aimerais que mes lecteurs l'abordent en toute décontraction et suivent le fil de l'histoire sans se sentir tenus de prendre des notes ni de retenir des noms et des dates. Je leur promets aussi qu'il n'y aura pas d'interrogation."

  • Les nombres sont, dans la pensée pythagoricienne, « l'étoffe » de l'univers, les principes qui gouvernent toutes choses. L'oeuvre d'art n'échappe pas à ce constat : elle s'appuie sur un rythme et des proportions, par conséquent sur le nombre, et c'est encore plus manifeste lorsqu'un nombre est au centre de son sujet, historique ou fictif. Cet ouvrage envisage la façon dont la représentation artistique est régie par le nombre des éléments qu'elle renferme, objets, personnages, motifs structurels. Il constitue, plus largement, un panorama de la présence esthétique et symbolique des nombres dans tous les arts.
    Explorant les neuf premiers nombres, l'essai de Robert Bared, de type encyclopédique et fort d'une objectivité pédagogique, interroge aussi notre relation à l'autre et à nous-même, à travers le narcissisme, le dédoublement, le triangle amoureux, le quatuor amical, et se lit comme une invitation sensible à une autre intimité du monde.

  • Grands voyageurs et passionnés de nature, Hokusai (1760-1849) et Hiroshige (1797-1858) ont révolutionné l'art de l'estampe japonaise dès la fin du xviiie siècle, en portant à son apogée le genre du paysage. Peuplant leurs vues de scènes de la vie quotidienne, ils se sont largement appropriés le thème des saisons, au coeur de la pensée japonaise depuis la fin de la période Yamato (250-710). Dès le vie siècle, les poètes s'emparent du sujet en lui associant une iconographie propre : la floraison des cerisiers devient le grand symbole du printemps et le soleil celui de l'été. L'automne appelle à la contemplation des feuilles d'érables et de la lune. L'hiver vient avec les premières neiges... Les artistes, largement influencés par le modèle chinois, s'approprieront ensuite cette vision simplifiée du cycle de la nature. Dès l'époque de Heian (794-1185) émergent de nouveaux genres liés au cycle de la nature, comme les peintures des quatre saisons, des douze mois de l'année et des lieux célèbres. Toutefois, c'est à l'époque d'Edo (1600-1868) que le thème de la nature connaît son plus grand succès avec l'estampe, et plus particulièrement avec le paysage, propice à la représentation des saisons. Avec les illustres Hokusai et Hiroshige en chefs de file, les artistes du paysage capturent toutes les variations de la nature, s'attachent aux scènes enneigées comme aux jardins de cerisiers ensoleillés, aux promeneurs luttant contre la pluie ou admirant les feuilles d'érables rougeoyantes. Ce genre leur survivra, au Japon mais également en Occident où il aura une influence considérable sur l'oeuvre des impressionnistes. Il renaîtra au début du xxe siècle, avec les derniers grands maîtres japonais du paysage et de l'estampe, et Hasui (1883-1957) qui s'attacha autant qu'Hokusai et Hiroshige à la représentation des saisons. Désormais, l'immuable cycle de la nature se fond dans un paysage moderne, bouleversé par les grands changements de la seconde moitié du xxe siècle. Hasui réactualise ce thème intemporel, encore aujourd'hui au coeur des préoccupations du Japon d'aujourd'hui.
    Ce petit coffret met à l'honneur ce sujet si cher aux Japonais en proposant une sélection des plus célèbres estampes, issues de l'oeuvre des plus grands artistes du paysage, de l'époque d'Hokusai à celle d'Hasui, et en les accompagnant d'un livret explicatif.

  • Sur les chemins du paradis

    Collectif

    • Hazan
    • 12 Mai 2021

    Sur les chemins du paradis présente plus de cent oeuvres aux techniques et provenances différentes : miniatures, manuscrits, peintures, céramiques, objets rituels, tapis, arts graphiques, photographies et vidéos qui retracent les métamorphoses de l'idée de "paradis" dans l'histoire des cultures chrétienne, judaïque et musulmane, du troisième millénaire avant JC à l'époque contemporaine. Pas à pas, le comité scientifique réuni à l'occasion de cet ambitieux projet, historiens, philosophes et écrivains, nous guide sur les chemins des paradis des trois religions monothéistes. Des traditions orales aux textes fondateurs, de la Création au jardin d'Eden, du paradis terrestre à la Terre Promise et aux anges messagers, le livre nous invite à un voyage entre imaginaire collectif, croyance et histoire de l'art, pour entrevoir un au-delà peint, rêvé, fantasmé, écrit.
    Manuscrits, vidéos, peintures, arts graphiques, objets d'art... autant de médiums présents dans cet ouvrage illustrent la diversité et la richesse des réflexions des artistes de tout siècle, d'Occident et d'Orient (Jan Brueghel l'Ancien, d'Albrecht Dürer, de William Turner, de Marc Chagall, de Georges Braque ou encore de Pierre et Gilles, Gérard Garouste...) qui ont représenté le paradis.

  • Cet ouvrage se veut une véritable déclaration d'amour à Paris, un inventaire intime et émotionnel d'un Paris de toutes les histoires et de la grande Histoire. L'auteur, Sophie Chauveau, part en exploratrice arpenter ses rues, ses places et ses cafés, ses jardins, ses monuments et ses musées, y trouver la magie des lieux où vécurent les peintres et les écrivains qui ont écrit et immortalisé pour toujours la ville. Elle part à la recherche de tous les Paris, aimés ou détestés. Elle part à la recherche de ses souvenirs et des nôtres aussi.
    Du Paris iconique de Montmartre, des Champs-Élysées, de Notre-Dame ou de la tour Eiffel, au Paris des rues et de la Seine, l'auteur flâne et redécouvre l'âme d'une ville à travers les plus beaux textes de Proust, Balzac, Maupassant, Hugo, Modiano, et des chefs-d'oeuvre de Raguenet, Pissarro, Caillebotte, Manet, Renoir, Béraud, Monet, Van Gogh et de bien d'autres encore.
    Ce livre propose une anthologie illustrée inédite, qui puise dans la littérature et la peinture, du xvie siècle à nos jours, et met en valeur toute la beauté de Paris. Ce dialogue riche et contrasté entre citations choisies et peintures célèbres révèle un Paris qui a su attirer les plus grands artistes du monde, qui a nourri leur imaginaire et leur créativité.

    « Il existe mille lieux à Paris dont le talent des hommes a marqué l'histoire. Paris est si petit qu'il y fleurit une étonnante accumulation de génies au mètre carré. Au 50, rue de Vaugirard, madame de Lafayette rédigea la Princesse de Clèves, Balzac écrivit La Peau de Chagrin, rue Cassini, et Alain Fournier y acheva Le Grand Meaulnes. Pascal vécut sa nuit de feu au 54 rue Monsieur. Mallarmé, Zola et Manet vivaient et créaient sans quitter les Batignolles, où le mouvement impressionniste se tenait en embuscade. »

  • Un classique sur l'apprentissage des couleurs, dont les éditions Hazan ont l'exclusivité de la publication, proopsé dans une nouvelle édition (Collection Les Incontournables). Cet ouvrage est le compte rendu d'une méthode d'étude expérimentale et d'enseignement de la couleur d'un des maîtres du Bauhaus (école d'architecture et d'arts appliqués, fondée en 1919 en Allemagne) et du Black Mountain College (université libre expérimentale, fondée en 1933 aux États-Unis), sur la manière dont les couleurs sont utilisées et perçues dans l'art, l'architecture, le textile, l'architecture intérieure et les supports graphiques. Josef Albers fait la démonstration qu'« avec la couleur, nous ne voyons pas ce que nous voyons, parce que la couleur - le plus relatif des moyens d'expression artistique - offre un nombre incalculable de visages ou d'apparences. Les étudier dans leurs interactions respectives, dans leurs interdépendances, enrichira notre «vision», du monde, et de nous-mêmes. ».
    Exposition Josef et Anni Albers au Musée d'Art Moderne de Paris prévue du 12 mars au 18 juillet 2021.

  • L'art qui guérit

    Pierre Lemarquis

    • Hazan
    • 4 Novembre 2020

    Et si l'art pouvait vraiment nous aider à vivre mieux et plus longtemps ?
    « Un jour on saura peut-être qu'il n'y avait pas d'art, mais seulement de la médecine », écrit J.M.G. Le Clézio. Le rapport de l'OMS du 11 novembre 2019 confirme son intuition et affirme que l'art peut être bénéfique pour la santé, tant physique que mentale.
    Si les philosophes ont les premiers pressenti l'impact du beau et de l'art sur le cours de notre existence, sur notre humeur, notre état d'esprit et notre santé, leurs thèses sont désormais confirmées par les neurosciences, qui nous révèlent comment notre cerveau et, par là, notre corps entrent en résonance avec la création artistique sous toutes ses formes.
    /> On sait aujourd'hui comment l'art sculpte et caresse notre cerveau et s'avère indispensable à notre vie. Tuteur de résilience, il élargit aussi notre vision du monde et nous métamorphose dans un processus de guérison, voire de renaissance.
    Pierre Lemarquis, accompagné de Boris Cyrulnik qui préface cet essai, nous invite à visiter une exposition imaginaire afin de nous faire partager leur expérience de l'art qui guéri, depuis la préhistoire jusqu'à nos jours. Des premières oeuvres de Lascaux à la Renaissance, de L'Origine du monde à Matisse ou Picasso, laissons-nous envahir par ces chefs-d'oeuvre et soigner par Michel-Ange, Jérôme Bosch, Albrecht Dürer, Gustave Courbet, Frida Kahlo, Antoni Tapiès et bien d'autres. Nous croiserons aussi quelques indiens Navajos, quelques fous géniaux, nous plongerons dans d'étranges retables et autres mystérieux palais, nous nous réchaufferons au coeur de la chapelle Sixtine et nous reviendrons à la vie régénérés et transformés.

  • Nos artistes martyrs

    Hersh Fenster

    • Hazan
    • 16 Juin 2021

    Nos artistes martyrs est la première traduction française de Undzere farpaynikte kinstler de Hersh Fenster (1892-1964), publié en yiddish à Paris en 1951.
    À partir de témoignages de survivants, de ses souvenirs et d'une enquête minutieuse, Fenster retrace dans cet ouvrage sans équivalent - à la fois mémorial et livre d'art - le parcours de quatre-vingt-quatre artistes de l'École de Paris dont la Shoah et l'Occupation ont abrégé l'existence et parfois détruit l'oeuvre.
    Cette édition, enrichie d'un appareil critique et d'une nouvelle iconographie, permet de découvrir le Montparnasse artistique des années 1920-1930. Avec une profonde humanité, Fenster fait revivre ses figures les plus célèbres comme Chaïm Soutine ou Otto Freundlich, mais aussi des peintres, sculpteurs, illustrateurs alors reconnus et aujourd'hui pour la plupart effacés des mémoires.

  • Ce coffret met à l'honneur le thème des femmes et de leur beauté, si important dans l'art japonais, à travers une sélection des plus célèbres estampes du genre ancestral des bijin-ga (« images de belles femmes »).
    Après un siècle de guerres civiles, l'époque d'Edo (1600-1868) s'ouvre sur une période de relative paix et de stabilité sociale et voit l'apparition d'une nouvelle bourgeoisie urbaine et marchande : les chônin. Ces derniers s'enflamment pour les portraits de belles femmes et les héros de la littérature et du kabuki.
    La femme séduit alors les artistes qui répondent à cet engouement et se lancent avec ferveur dans l'art des bijin-ga, la représentant dans toutes ses incarnations (courtisane, jeune fille, mère de famille, poétesse célèbre...) et selon une multitude d'attitudes : se coiffant, se prélassant dans son intérieur, s'adonnant à l'art floral, jouant aux cartes ou encore observant la floraison des cerisiers (hanami)...
    Véritable célébration de la femme, ce coffret, accompagné d'un livret explicatif, déploie en format accordéon près d'une centaine d'oeuvres des plus grands maîtres de l'estampe japonaise : de Utamaro, Eisui et Eishi à Hokusai, sans oublier Eizan, Kunisada et Yoshitoshi, ces estampes subliment les visages, les gestes et la beauté féminine. Coloris délicats ou motifs exubérants des kimonos, délicatesse des coiffures et richesse des parures révèlent la virtuosité et le raffinement de ces artistes intemporels.

  • L'intégrale des 36 vues du Mont Fuji, comprenant les dix estampes supplémentaires commandées par l'éditeur d'Hokusai suite au succès de cette série.
    « Si seulement les cieux pouvaient m'accorder encore dix ans... Si seulement les cieux pouvaient m'accorder encore cinq ans, je deviendrais un grand artiste. » En formulant ainsi ces voeux à la fin de sa vie, Hokusai (1760-1849), aujourd'hui considéré comme le plus célèbre artiste de son époque, exprime son éternel quête de la perfection.
    Au début des années 1830, il entreprend sa suite colorée des Trente-six vues du mont Fuji, et parvient ainsi à l'apogée de sa carrière. Consacrée tout entière au paysage, la série présente le mont Fuji selon une multitude de points de vue et de cadrages. Voyageur infatigable, Hokusai, passionné de nature, explore toutes les facettes du volcan. Parfois solitaire et majestueuse, ou esquissée dans un horizon lointain, en grande spectatrice du monde des hommes, la montagne sacrée est inébranlable malgré les saisons et le temps. Mais elle n'est pas le seul élément d'observation : le peuple, dans toute sa diversité, s'affaire, occupé à toute sorte d'activités quotidiennes, parfois en symbiose avec son environnement, paisible et bienfaisant, ou au contraire, en prise avec une nature souveraine, magnifique et impitoyable, comme pour La Grande Vague de Kanagawa. Il capture dès lors l'instantané, l'éphémère, mais également l'éternel. La nature, quant à elle, demeure et se renouvelle sans cesse sous l'égide de son grand souverain, l'immuable mont Fuji à la cime enneigée. Créatif, Hokusai joue avec la couleur, et notamment avec le bleu de Prusse, pigment artificiel importé de Hollande depuis peu, plus intense et profond que les bleus naturels traditionnellement utilisés. Le maître s'amuse des effets d'atmosphère, de l'anecdotique, et allie la tradition picturale japonaise, largement influencée par le modèle chinois, à la perspective occidentale. Le succès de ces estampes est considérable et popularise le genre du paysage. Dès lors, l'éditeur d'Hokusai lui commande dix nouvelles planches, Le Fuji vu de l'autre côté. C'est donc une intégrale de quarante-six estampes au total qui est reproduite dans ce coffret, accompagné d'un livret explicatif décrivant chacune des estampes de la suite la plus célèbre du grand maître japonais.

  • Tout au long d'un XIXe siècle attaché aux normes, genres et hiérarchies, le champ artistique fut confronté à la multiplication des images, à leur reproductibilité technique et à la densification de leur circulation par le biais de la gravure industrielle et du journal illustré, qui modifièrent les statuts et déplacèrent les rapports au sein du système des beaux-arts. Parmi ces bouleversements, la caricature - image grimaçante et expressive par excellence - connut une expansion inédite qui fut d'abord perçue comme une menace pour l'art et plus particulièrement pour la peinture, d'autant que des peintres s'y adonnaient (Goya, David, Delacroix, Daumier, André Gill...).Progressivement, cet objet partisan et utilitaire, doté d'une faible légitimité artistique et culturelle, considéré comme ingrat et régressif, quand il ne passait pour vulgaire, fut pourtant disjoint de ses intentions initiales - le comique, la polémique et la critique -, pour devenir un langage formel. De la sorte, les procédés usuels de l'image satirique - la déformation, l'exagération, l'altération, la mutilation ou la condensation - furent institués en moyens plastiques, selon un double processus de translation et de déterritorialisation qui caractérise plus largement la modernité du xixe siècle.Cet essai analyse comment, dans l'historiographie de la caricature, dans la critique d'art et dans la pratique même des artistes, la caricature et son arsenal de dérèglements sont progressivement devenus l'espace d'invention du caricatural, dont la peinture de Courbet, Cézanne, Degas, Ensor, Rouault ou Picasso est le lieu.

  • Dans la lignée des grandes monographies d'artistes du XXesiècle présentées au Grimaldi Forum Monaco, l'exposition de l'été 2019 sera consacrée à «  Dalí, une histoire de la peinture  », du 6 juillet au 8 septembre 2019.
    L'exposition Dalí, une histoire de la peinture  propose au public un parcours exceptionnel à travers la production artistique dalinienne. La sélection réunit des peintures, des dessins et des photographies datés de 1910 à 1983 et permet de découvrir les différentes étapes de création de l'artiste. Elle n'offre pas seulement une vision rétrospective de l'oeuvre de Dalí mais révèle de quelle manière le peintre s'est lui-même inscrit dans l'histoire de la peinture du XXesiècle. Le public pourra ainsi découvrir les différentes étapes de sa création et reconnaître l'empreinte des différents peintres qui l'ont influencé et auxquels il rend hommage. Après des premières expérimentations, une constante dans la création de l'artiste sera particulièrement mise en exergue, celle du paysage et des avant-gardes européennes à savoir l'impressionnisme, le cubisme, la peinture métaphysique et l'abstraction. Le chapitre de Dalí dans l'univers surréaliste présente des peintures exceptionnelles comme La mémoire de la femme-enfant de 1929, Le spectre du sex-appeal ou Eléments énigmatiques dans un paysage datant de 1934. Le corpus des peintures surréalistes sélectionnées à l'occasion de cette exposition montre l'aspect spécifique de Dalí au mouvement d'André Breton. Que ce soit la méthode paranoïaque-critique, système inventé par Dalí pour rendre manifeste l'invisible par un délire contrôlé de l'esprit ou l'application de la double image, c'est l'ADN de cet artiste qui permet de décrypter sa pensée et qui constitue sa véritable contribution au Surréalisme.
          Sous l'influence de Gala, dans les années 40 et 50, Dalí se consacre à l'observation du classicisme dans ses peintures, plutôt à travers d'oeuvres d'artistes de la Renaissance. Le point d'orgue de cette passion pour la culture classique se retrouve dans sa production littéraire et particulièrement dans 50 secrets magiques pour peindre, son véritable traité de peinture publié en 1948. Peu après, en 1951, Dalí réitère son admiration pour la Renaissance, le classicisme et la peinture religieuse dans le Manifeste mystique. C'est le début d'une nouvelle période de création  : la mystico-nucléaire.
    Dali manifeste une capacité d'anticipation étonnante il est capable de combiner tradition et innovation. Il s'intéresse à la science, à la troisième dimension et aux effets optiques ce qui donnent naissance à ses peintures stéréoscopiques.
    Dans la dernière étape de sa création dans les années 80, Dalí est déjà malade, sa peinture est empreinte d'évocation et de ses réflexions autour de la mort, l'immortalité et de sa passion pour la peinture.
    Un dernier chapitre sera consacré à l'influence des grands maîtres de l'histoire de l'art dans la conception artistique de Dalí. Dans 50 secrets magiques pour peindre Dali publie un tableau avec une analyse comparative des peintres les plus remarquables de l'histoire de l'art. Dans sa classification ce sont Vermeer de Delft, Raphaël, Vélasquez, Léonard da Vinci et Picasso qui sont les peintres les mieux notés.
    La sélection comprend une centaine d'oeuvres  : peintures, dessins et photographies, en provenance pour l'essentiel de la Fondation Gala-Salvador Dalí de Figueres et du Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía de Madrid.
    2019 est l'année du 30e  anniversaire de la mort de Salvador Dalí (1904-1989), de même que le centenaire de la première exposition du peintre. En effet, en janvier 1919, Dalí montre pour la première fois ses oeuvres au public  en participant à une exposition collective aux salons de la Societat de Concerts du Théâtre Municipal de Figueres, bâtiment transformé quelques décennies plus tard en Théâtre-Musée par l'artiste lui-même.
    Version bilingue français/anglais

  • Né à Edo, l'ancienne Tokyo, Hiroshige (1798-1858) entre à quatorze ans chez un artiste réputé, Utagawa Toyohiro, qui a joué un rôle déterminant dans le développement de la peinture de paysage au Japon. Brillant disciple, Hiroshige révèle un don pour exprimer la beauté de la nature, et c'est avec la série d'estampes des Cinquante-trois stations sur la route du Tokaïdo qu'il accède brusquement à la notoriété en 1833-1834. Dès lors, il impose, avec son aîné Hokusai (1760-1849), comme l'une des deux grandes figures de l'ukiyo-e, ce mouvement artistique de l'ère d'Edo (1603-1868) qui va s'intéresser aux nouveaux centres d'intérêt d'une bourgeoisie urbaine et marchande en plein essor.
    Le premier grand succès de Hiroshige l'incite à multiplier les recueils de sites célèbres, d'autant plus que la demande est grandissante. À partir des années 1830, en effet, la nouvelle bourgeoisie se passionne pour les voyages d'agrément, et les estampes permettent de fixer le souvenir de lieux visités, ou tout simplement de rêver.
    Le style de Hiroshige s'impose d'emblée en raison de l'émotion poétique qui se dégage de ses oeuvres, de ses savants dégradés de couleurs, et de la présence dans ses gravures du peuple japonais. Dans la seconde partie de sa carrière, Hiroshige innove de façon magistrale en abandonnant le format horizontal au profit du vertical, un choix qui lui permet des cadrages surprenants et avec des points de vue plongeants d'une grande audace. Les Paysages célèbres des soixante provinces du Japon, publiés entre 1853 et 1856, à la fin de la vie de l'artiste, en offrent des exemples magnifiques. L'eau, omniprésente dans cette série, s'impose par ses bleus aux mille nuances, justifiant une fois de plus le surnom du maître, « Hiroshige le bleu ».

  • « Livre orgiaque, sans trop de mélancolie », aux dires de son auteur, Parallèlement met en scène les amours et les haines de Verlaine, sa double nature de pécheur et de chrétien convaincu, sa double identité sexuelle aussi. Celui qui avait été l'amant de Rimbaud, le temps d'une saison infernale, publie une manière de portrait intime en 1889, non sans craindre la censure. Onze ans plus tard, Verlaine étant mort entre-temps, Vollard et Bonnard, le marchand et le peintre, donnent une seconde vie au livre, choisissant avec soin format, papier et typographie, ainsi qu'une illustration somptueuse, tirée en rose à dessein. Sans jamais trahir le texte et sa façon piquante de mobiliser les sens, Bonnard laisse ses motifs, femmes entrelacées, corps lascifs, faunes exténués ou personnages de Watteau, sortir des marges, envahir la page, culbuter les vers imprimés. Ce sommet du livre d'artiste reparaît tel quel, dans un coffret qui rend hommage à cette rencontre originale, à ce dialogue artistique, accompagné d'un livret explicatif qui se penche autant sur la verdeur poétique de Verlaine qu'il explore l'éros inventif de Bonnard.

  • Du point de vue historique, cet ouvrage décrit comment les connaissances en anatomie représentent des états successifs d'une compréhension globale du corps qui, domaine et instrument de l'être humain, a conditionné sa manière même de voir et d'interpréter le monde environnant. Dans quasiment toutes les civilisations, démontre un des chapitres, il est devenu le modèle même de l'univers et, parfois, l'image du dieu créateur (Vishnou, Bouggha, Pan-Ku, Tangaroa, Christ pantocrator, Zodiques, etc). Cela a donné lieu à un riche symbolisme, et les différentes parties du corps ont été investies de valeurs tellement puissantes qu'elles sont quotidiennement utilisées comme métaphores (avoir « du coeur » ou « de l'estomac »), véritables hypostases de sentiments, d'attitudes ou de caractères, ainsi facilement illustrées, tous décrits ici. Pour s'en tenir aux temps historiques, une autre partie traite des différentes solutions formelles apportées à la représentation du corps humain à travers le temps. Pour que notre panorama soit complet, notre voyage devait s'orienter vers d'autres horizons culturels, notamment des civilisations non-européennes où, malgré les importantes différences qui les séparent de la nôtre, se découvrent d'insoupçonnables consonances. La permanence de l'homme comme sujet d'oeuvre d'art est aussi l'indice d'un profond narcissisme : il s'observe à tous les moments de la vie, dans l'enfance, à l'âge adulte ou dans la vieillesse. C'est le fil conducteur du parcours qui relie entre eux les principaux chapitres du livre. On verra qu'une grande partie de notre choix iconographique concerne l'univers féminin, le plus important en tant que centre d'attraction de l'univers masculin dont les représentants ont, la plupart du temps, produit les oeuvres d'art. Le texte, par conséquent, enchaîne une série de modulations sur la femme vue comme déesse, comme mère, comme amie et comme amante. On le constatera, le sujet pris en considération reste toujours le même, mais en changeant de point de vue, le « voyage à l'intérieur du corps humain » gagne en richesse et en variété.

  • Peintre de l'école ukiyoe, sous l'époque Edo, contemporain et rival de Kiyonaga, Utamaro ou Eishi, Masayoshi (1764-1824) semble avoir trouvé un certain répit après 1795, une fois appointé peintre officiel du daimyo ou gouverneur du domaine Tsuyama de la province de Misamasaka. Les loisirs liés à sa position lui permette d'explorer les voies d'un nouveau style qui lui valut la célébrité : tournant esthétique qui correspond à son adoption du nom de Kuwagata Keisai (en 1794, pense-t-on).

    A partir de 1796, il publia en effet une série d'albums inaugurant un style graphique cursif et minimaliste au dessin virtuose et très suggestif sous le nom de Ryakuga ou style de dessins abrégés, genre qui n'était pas absent de la tradition mais qu'il relança par son talent. L'esprit de simplification de ses compositions, leur tour elliptique et leur veine humoristique rencontrèrent beaucoup de succès. Encouragé par cet accueil, il développa ce genre de croquis, dont devaient s'inspirer ses contemporains à commencer par Hokusai dans sa Manga, à travers un certain nombre d'albums conçus comme des encyclopédies et des manuels d'initiation au dessin.

    Cet ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble de ces six albums dont le public français ne connaissait jusqu'ici que deux publications : le premier album de caractère général, Ryakugashiki (1796), puis ceux consacrés aux animaux (Choju ryakugashiki, 1797), aux personnages (Jinbutsu ryakugashiki,1799), aux paysages (Sansui ryakugashiki, 1800), aux proverbes (Kotowazagaen, 1808) et aux douze mois de l'année (Keisai ryakugaen,1823).

    Au XIXe siècle, les amateurs occidentaux prisèrent le style de Keisai, qui était apprécié par Rodin, autre dessinateur virtuose, et par le critique Théodore Duret, favorable aux impressionnistes et en particulier à Manet.

    Dans un livret imprimé à part, les préfaces originales des albums sont traduites du japonais ancien. Les planches sont commentées et l'ensemble introduit par le grand spécialiste Matthi Forrer.

  • Ce recueil, conçu comme une carte du tendre, une lente progression amoureuse déployant un récit subtil, de poèmes en chefs-d'oeuvre de la peinture, alterne les regards des poètes et des poétesses pour dessiner en creux, tout en finesse, des portrait de femmes, multiples, complexes, nuancés.
    Les poèmes de Sappho, Pétrarque, Marie de Brabant, Pierre de Ronsard, Marceline Desbordes-Valmore, Victor Hugo, Louise Colet, Charles Baudelaire, Emily Dickinson, Arthur Rimbaud, Anna de Noailles, Stéphane Mallarmé, Marie Nizet... dialoguent avec les oeuvres de Rosalba Carriera, Titien, Cranach, Rubens, Renoir, Van Gogh, Corot, Burne-Jones, Greuze, Berthe Morisot, Manet, Lehmann...
    Guidé par les artistes, hommes et femmes, le lecteur est invité à une promenade littéraire et visuelle. Agencée en thématiques (la maternité, le travail, le rêve/fantasme, l'amour, la création), qui dévoilent les élans et les moment de la vie du femme, et grâce à des rapprochements inattendus entre les oeuvres, cette anthologie subjective renouvelle le plaisir de lire de la poésie et d'observer la peinture, pour mettre en valeur, in fine, une inépuisable source d'inspiration et de fascination.

  • Au commencement était l'eau... la mer, les marais où vivait les premiers habitants des lagunes. Ici allait naître cette « ville-monde », dont l'histoire rejoint la légende. Pendant des siècles, Venise a été un État autonome, une république rebelle et une puissance maritime redoutée. Une cité hors normes dont le prestige se nourrit aujourd'hui encore de l'imaginaire qu'elle suscite.
    Aussi bien byzantine que romane, cette ville incroyable, à la fois maritime et terrestre, a su faire naître et s'épanouir d'immenses talents artistiques : les grands peintres vénitiens comme Bellini, Carpaccio, Canaletto, Guardi ou Véronèse, mais aussi Turner et Whistler ou encore les impressionnistes Manet, Monet et Renoir... Nombre d'écrivains célèbres qui y ont séjourné au fil des siècles, tels Shakespeare, Goldoni, Chateaubriand, Musset, Proust, Thomas Mann ou Rilke. Tous, à leur manière, ont écrit et peint le mythe de Venise et ont participé de son rayonnement.
    De la basilique Saint-Marc au pont des Soupirs, du palais des Doges au Grand Canal, ce livre propose une anthologie illustrée inédite qui puise dans la littérature et la peinture, du XVIe siècle à nos jours, et met en valeur toutes les beautés de Venise. Ce dialogue riche et contrasté entre citations choisies et tableaux de grands maîtres révèle une Venise tantôt flamboyante et prestigieuse, mystérieuse et poétique, dans une variation ininterrompue d'atmosphères et d'émotions.

  • Des gestes et expressions sont attachés aux représentations de l'homme que les artistes nous donnent. Empruntés au quotidien ou issus de la tradition iconographique, ils sont porteurs de sens que cet ouvrage se propose d'éclairer, afin de décrypter les situations décrites par les oeuvres, la symbolique particulière liée à certains gestes, l'état d'esprit, voire le tempérament ou la santé mentale des personnages représentés.
    Ainsi les artistes du Moyen Âge, en jouant sur les différences d'échelle entre les personnages, sur la position de leurs mains, bras et pieds, ont voulu définir les rôles sociaux et les dégrés de moralité des actes reproduits dans l'image. En caractérisant certaines figures, ils offrent un récit non verbal qui permet à chacun de comprendre les circonstances présentées : l'être hirsute et grimaçant sculpté sur les chapiteaux est à n'en pas douter le Diable, celui dont il saisit les chevilles est à coup sûr un damné. Sacrée ou profane, cette iconographie, bien souvent héritière de l'Antiquité, évoluera au fil des siècles.
    Au cours de l'histoire de l'art, c'est ainsi à travers une suite ininterrompue de legs et de trouvailles, que les artistes vont s'efforcer, selon Léonard de Vinci, de reproduire les « mouvements de l'âme » et les « affects » de la nature humaine. Le corps, ses parties et surtout son aspect sont révélateurs d'un monde et de sa pensée : ainsi l'entend la physiognomonie, science qui établit des correspondances entre physionomie et caractère et dont s'inspireront aussi bien Le Brun que Lavater. Plus moralistes, les caricaturistes exagèrent ou ridiculisent les traits physiques à proportion qu'ils posent un oeil critique sur leur société. De son côté, la psychiatrie naissante constitue avec le concours des artistes et, avant l'exploitation de la photographie, l'iconographie de l'aliénation mentale. Le xxe siècle, enfin, s'attaque à la physionomie, pour la restituer dans le fracas que la psychanalyse a provoqué.

  • Un ouvrage d'exception et inédit autour des Nymphéas de Claude Monet, en partenariat avec le musée de l'Orangerie qui détient la plus importante collection de Nymphéas de Monet. La (re)découverte de l'ensemble du cycle des nymphéas de manière homothétique, accompagnée d'un cahier photo autour de Monet à Giverny.
    Une coédition Musées d'Orsay et de l'Orangerie/Editions Hazan.

  • Catalogue officiel de l'exposition Femmes années 50. Au fil de l'abstraction, peinture, et sculpture du 14 décembre 2019 au 10 mai 2020 au Musée Soulages de Rodez. Cette exposition présente des femmes artistes, peintres, graveuses, sculptrices à Paris dans cette décennie féconde où elles oeuvrent en nombre. Certaines sont attachées à de grandes figures : Sophie Taueber-Arp et Sonia Delaunay ; d'autres sont impliquées dans l'âge adulte de la peinture : Christine Boumeester, Maria HelenaVieira da Silva, Judit Reigl, Marie Raymond ; d'autres encore viennent juste d'arriver : Pierrette Bloch, Anna Mark, Liliane Klapisch... Elles exercent, mais en ordre dispersé, une force agissante, décuplée par la critique et les galeristes. Elles oscillent entre l'art concret et l'abstraction lyrique. Malgré un déficit de reconnaissance, elles tracent une route dans ce qu'on appelle commodément l'École de Paris. Si elles adhèrent à ce mouvement, c'est souvent pour en déborder.
    Cet ouvrage retrace leur histoire, des pionnières aux jeunes pousses, qui vont pied à pied s'affranchir des canons masculins et, dès la fin des années 1960, provoquer l'irruption de thèmes proprement féminins.

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