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Pu De Rennes

  • Ce livre vise à guider le lecteur sur des chemins de traverse de l'art du XVe siècle européen. Il est le résultat de plusieurs années d'enseignement aux étudiants des cursus d'histoire de l'art des universités et, à ce titre, il est d'abord conçu pour proposer des perspectives nouvelles et synthétiques sur ce moment clé de l'histoire artistique du continent. Car l'art du XVe siècle européen est bien le produit d'un basculement, tel que l'Occident en connut finalement assez peu et par bien des aspects admirable, entre l'héritage millénaire du Moyen Âge et l'avènement des Temps Modernes.

    C'est ce récit historique que le présent ouvrage prétend remettre sur l'établi en portant un regard renouvelé sur toute la diversité de ses territoires comme les oeuvres, les hommes, les formes ou les savoir-faire qui les parcourent. C'est en se rapprochant au plus près du travail réel des acteurs, en replaçant celui-ci au sein des géographies vécues ainsi qu'en prenant en considération les contraintes matérielles ou les enjeux dévotionnels pesant sur lui, que l'on pourra proposer un panorama plus complet - car plus incarné - de l'art du dernier siècle du Moyen Âge qui est aussi le premier siècle de la Modernité.

    Pour accompagner le lecteur dans ces chemins de traverse, une série de commentaires d'oeuvres diverses et variées succèdent au texte et contribuent à fournir les clés nécessaires à la compréhension de l'une des périodes les plus fascinantes de notre histoire artistique.

  • Le Corbusier est un architecte qui non seulement construit, mais qui n'a de cesse de dire comment on doit construire. Faisant le pari de la force et de la cohérence de la pensée corbuséenne, cet ouvrage interroge l'oeuvre théorique de l'architecte au prisme de l'une de ses "colorations" les plus propres, à savoir sa dimension foncièrement normative. À travers une étude patiente et détaillée des textes de l'architecte, c'est la vision philosophique globale et paradoxale de l'un des grands créateurs de la modernité, qui est rendue dans la multiplicité de ses dimensions et dans la complexité de son projet. Ainsi, cet ouvrage permet de reprendre à nouveaux frais de nombreuses questions récurrentes au sujet de l'architecte : reproche de dogmatisme, d'application aveugle de recettes insensibles à la singularité des contextes ou des usages, autoritarisme, formulation d'une doctrine fonctionnaliste, etc.

    Sans tomber dans un exercice d'admiration stérile, il s'agit de faire justice à une expérience de pensée riche et complexe, en montrant notamment que le parcours de Le Corbusier forme un système vivant, faisant place à ce qui excède les procédures de normalisation, dessinant ainsi le visage singulier d'une tentative de production normative du hors-norme.

  • L'oeuvre d'art, l'espace et le temps : analyse et interprétation du réel Nouv.

    L'affirmation que l'art possède une essence est généralement rejetée mais pourtant l'ambition de cet ouvrage est d'établir une théorie réaliste de l'art. Celle-ci passe par une réflexion philosophique sur l'histoire de l'art rejetant l'idée selon laquelle l'introduction de la perspective à la Renaissance aurait représenté un progrès décisif dans l'histoire de la représentation picturale. Le récit convenu de l'histoire de l'art et de sa méthodologie chez les principaux historiens de l'art s'en trouve alors entièrement reconsidéré.

  • Une double enquête menée à la fois sur la France et sur l'Angleterre qui apporte un éclairage comparé et contrasté sur la question du paysage trop souvent envisagée sous le seul angle "national". On y entend les voix des peintres paysagistes, des collectionneurs et des amateurs, avec leurs mots pour "dire" le paysage. Si Augustin Berque inclut le critère linguistique pour déterminer le degré de maturité d'une civilisation paysagère, c'est parce que les discours, tout autant que la pratique, - échanges et correspondances entre artistes - articulent une théorie du paysage. L'examen de la terminologie et de l'écriture permet d'évaluer la pertinence de catégories comme celles de "paysage historique" ou de "pittoresque". À ceci s'ajoute une perspective croisée de divers "paysageurs", praticiens, auteurs et créateurs de tableaux, de jardins, de poèmes, de guides ou de théorie picturale. Le livre offre une vision holistique de la culture paysagère franco-britannique.

  • Créé en 1933 par John Rice, le Black Mountain College a été le théâtre d'une expérience sans précédent sur le plan artistique, éducatif et politique. Ce livre met en lumière l'utopie fondatrice dont il s'est nourri et décrit le contexte intellectuel, les contributions des artistes, des enseignants et des étudiants, ainsi que la liberté qui ont donné à ce College sa postérité.

  • Le volume XI du Recensement des vitraux anciens de la France marque une étape décisive vers l'achèvement d'une ambitieuse entreprise : la publication exhaustive des vitraux antérieurs à la Révolution encore conservés, ou documentés dans notre pays. Les richesses de deux vastes régions, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, se rapportent à des espaces dans lesquels les vitraux sont souvent considérés comme absents, à l'exception notable des célèbres verrières de Sainte-Marie d'Auch. Aborder l'histoire du vitrail dans le Midi c'est en effet s'interroger sur son importance dans l'ensemble de la vie artistique. C'est aussi prêter une attention particulière aux troubles religieux du XVIe siècle, à l'origine de destructions parfois radicales. Mais, le corpus d'oeuvres ici rassemblé pour la première fois est en mesure de refonder la connaissance du vitrail méridional. Le vitrail est présent dans les grandes cathédrales, à Aix, à Carcassonne, considéré par Viollet-le-Duc comme le plus remarquable ensemble du sud de la France,à Narbonne, Rodez, ou Toulouse. Preuve est faite par l'exemple que les meilleurs artistes provençaux, tel Enguerrand Quarton, ont aussi peint sur le verre.

    Les découvertes de l'archéologie montrent ses débuts au haut Moyen Age à Marseille. Son épanouissement est partout à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, dont témoignent la centaine de sites étudiés. Le vitrail civil n'est pas en reste, du vitrage du palais des papes à Avignon, à celui des maisons médiévales de Cahors ou de Figeac. Les historiens des collections découvriront les ensembles réunis par un peintre, François-Marius Granet, un industriel, Maurice Fenaille, ou par Béatrice Ephrussi de Rothschild. Ainsi, professionnels du patrimoine et amateurs peuvent-ils désormais s'emparer de l'outil incontournable que forme le présent inventaire. Les vitraux du midi de la France sont prêts à trouver toute leur place dans l'histoire de l'art.

  • La collection du Recensement des vitraux anciens de la France, qui s'inscrit dans la série internationale du Corpus vitrearum, a été créée en 1978 pour offrir aux spécialistes comme aux amateurs le résultat de l'inventaire des vitraux français antérieurs à la Révolution. Elle présente une analyse iconographique, technique et stylistique de ces vitraux, accompagnée d'un important appareil critique. Les créations des XIXe et XXe siècles rencontrées au fil de l'étude y sont largement évoquées, voire illustrées.

    Les neuf premiers volumes et le volume onze déjà parus concernent douze des régions de France. Le dixième est consacré à la Nouvelle-Aquitaine, à l'exception du Limousin, déjà inventorié dans le volume neuf. Les départements de Poitou-Charentes et d'Aquitaine possèdent des verrières dont les dates s'échelonnent du XIIe au XVIIIe siècle, conservées dans des monuments religieux, des édifices civils ou des musées.

    Cet ouvrage présente pour la première fois ce patrimoine de façon exhaustive. Il dresse, en plus de l'inventaire des vitraux conservés, un tableau assez large de la production de verrières dans ces territoires, du Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle en exploitant les sources d'archives et les sources publiées. La région fut marquée par une intense activité artistique au XIIe et au XIIIe siècle dont les vitraux de la cathédrale et Sainte-Radegonde de Poitiers sont les exemples les plus éclatants. La guerre de Cent Ans marqua une longue éclipse mais, avec le retour de la paix et de la prospérité sur tout ce territoire, entre la seconde moitié du XVe et la première moitié du XVIe siècle, les créations de vitraux se multiplièrent. En témoignent encore les magnifiques panneaux de Dissay, ceux de Oiron, les verrières commandées pour la cathédrale et Saint-Michel de Bordeaux, de Saint-Émilion, ou encore de la cathédrale de Bayonne. Les paroissiens de Villeneuve-sur-Lot dotèrent leur église de beaux vitraux témoignant de leur dévotion, tandis qu'à Bayonne un couple de notables alla jusqu'à commander à un atelier parisien l'une des plus belles verrières de la Renaissance. Cette véritable floraison connut un brusque arrêt avec les guerres de Religion et les conflits expliquent la perte d'un grand nombre d'oeuvres. Toutefois, en dépit d'une évolution du goût qui amena petit à petit le clergé et les donateurs à préférer les vitreries incolores et les grands retables, on continua de faire des vitraux peints. La grande verrière de Notre-Dame de Niort et la petite figure de sainte Radegonde à Bilazais, toutes deux réalisées en 1615, attestent de la permanence de cet art dans la région.

  • Malgré la fécondité de la Renaissance lyonnaise, le Lyon du XVIe siècle a été largement occulté par l'historiographie nationale à la faveur d'une construction idéalisée de la Renaissance française sur fond de centralisation politique et culturelle bercée d'italianité. À l'époque contemporaine pourtant, la redécouverte de la Renaissance entre Rhône et Saône devait fortement contribuer à la définition de l'identité même de la cité rhodanienne - jusqu'à la protection du Vieux-Lyon au début des années 1960 -, renouant avec un âge d'or mythique, synonyme de prospérité économique, de développement culturel et artistique. Le présent ouvrage se propose de revenir sur cette ambitieuse entreprise à travers la redécouverte de l'histoire de Lyon au XVIe siècle, la naissance d'une curiosité pour l'art de la Renaissance au lendemain de la Révolution et son actualisation au XIXe siècle mais aussi l'incidence de ce revival dans le domaine des arts visuels et des arts décoratifs.

  • Kendall L. Walton est l'un des plus importants philosophes de l'art et esthéticiens de la seconde moitié du vingtième siècle. Son maître-ouvrage, Mimesis as Make-Believe, eut une grande influence, encore pregnante à cette heure, dans le monde analytique. Ses écrits sont imaginatifs, rompus aux arts de l'expérience de pensée. Sa pensée, par endroits radicale et en d'autres prudente, renverse certaines habitudes intellectuelles. La force de la philosophie de Walton est qu'elle est, d'une certaine manière, systématique. Ce livre est une introduction à la pensée de Walton autant qu'il en est un commentaire critique. Il présente le concept de faire-semblant en tant que l'héritier du concept antique de mimêsis en philosophie de la représentation. Il aborde la théorie du grand livre de Walton en la confrontant à la théorie des systèmes symboliques de Nelson Goodman, son adversaire historique. Il retrace sa parenté à la philosophie du « comme si » de Hans Vaihinger. Il confond les critiques récentes de Gregory Currie, Peter Lamarque, Stacie Friend ou Derek Matravers. Le propos est, ainsi, de dépeindre de manière systématique la philosophie de Walton dans un paysage de philosophie contemporaine et, dans une moindre mesure, sur fond d'étendues d'histoire de la philosophie.

  • La Bretagne, riche d'un patrimoine très varié, est traditionnellement réputée pauvre en décors peints monumentaux. Toutefois, le présent ouvrage vient largement déjouer cette idée reçue auprès du public. Depuis quelques décennies, les peintures monumentales, que ce soient les peintures murales ou bien celles sur support de bois tels que les lambris peints, ont peu à peu été dévoilées au gré des recherches et des chantiers de restauration, depuis des décors disparus seulement documentés par les archives jusqu'à la mise au jour et l'étude de vastes cycles peints.
    A travers les contributions de professionnels issus d'horizons divers - chercheurs, historiens, conservateurs, restaurateurs-, le présent ouvrage, richement illustré, témoigne de la large palette iconographique, chronologique, technologique et stylistique des décors peints en Bretagne du Moyen Age au XXIe siècle. Cette publication porte à la connaissance aussi bien des passionnés du patrimoine breton que des scientifiques les peintures monumentales récemment mises en lumière, mais donne aussi l'état actuel de la recherche sur les décors déjà connus.
    Cet ouvrage invite désormais à regarder les peintures monumentales de Bretagne d'un oeil plus éclairé pour mieux les faire sortir de l'ombre et poursuivre les découvertes et redécouvertes.

  • Souvent considérées comme une période de rupture radicale, la Révolution et les années qui la précèdent portent en germes des formes qui se développent dans les trente années suivantes. Par bien des aspects, une forte continuité existe des années 1770 aux années 1830, et Nantes en constitue un exemple révélateur comme le montrent les contributions rassemblées dans le recueil.

    Celui-ci souligne cette permanence tant sociale qu'artistique et culturelle en s'intéressant à différents groupes pour révéler la continuité de pratiques sociales dans un temps de ruptures politiques et de transformations d'usages qui assurent le renouvellement de l'image de Nantes. Les oeuvres d'architectes et d'ingénieurs attestent d'une continuité formelle tangible comme le montrent les textes sur Nantes et sur d'autres villes comparées à la cité ligérienne. Les dernières contributions, liant les arts et la société, portent essentiellement sur les transformations à l'oeuvre dans deux domaines : la religion et le théâtre.

    A l'aide d'exemples précis, il se dégage ainsi un certain nombre de conclusions sur la simultanéité des mutations d'un territoire et la permanence des phénomènes que l'on y observe, rendant dès lors moins tranchante la césure révolutionnaire au regard des continuités qui la bordent.

  • Examiner dans le rapport à l'art et à la nature la construction du paysage, la façon dont il se façonne et dont il façonne le regardeur : tel est un des objets majeurs du présent ouvrage. C'est la question du rapport à la nature, dans la pratique des peintres et des artistes contemporains, qui est posée. Ce volume se situe dans un courant d'études sur le paysage à la jonction entre plusieurs disciplines - histoire de l'art, esthétique et philosophie - dont le fil d'Arianne est le regard : celui de l'artiste, celui du commanditaire et celui du spectateur.

    Avec le soutien des associations AEPHAE et ACC, Marseille.

  • Publié en anglais en 2001, ce livre est le premier à proposer une analogie entre le spectacle populaire et l'hystérie à l'hôpital dans le dernier tiers du XIXe siècle. Il met en lumière un rapport direct entre la gestuelle des hystériques et celle des artistes du café-concert et du cinéma burlesque. De nouveaux genres sont créés : le Chanteur Agité, le Comique Idiot ou encore la Chanteuse Épileptique (dont Mistinguett). Ce livre s'attache aussi à repérer et à analyser les réactions physiologiques des spectateurs, proposant ainsi une nouvelle théorie de la réception du spectacle par le public.

  • Les pratiques contemporaines de l'archive sont emblématiques de notre rapport au passé et à la tradition. Rassemblant des textes d'artistes, de chercheurs, de curateurs, ce livre tente de cerner notre actuelle « culture de l'archive » - à l'ère du Big data, de l'autoarchivage des réseaux sociaux, de l'économie de la connaissance qui transforment le spectateur en producteur de savoir, et l'artiste, à bien des égards, en médiateur, en archiveur de sa pratique et en entrepreneur de l'image.

    Avec le soutien de l'université Paris-Diderot et du centre d'étude et de recherche interdisciplinaire de l'UFR LAC. Cette publication est soutenue par le réseau Usages des Patrimoines Numérisés (www.udpn.fr) bénéficiaire d'un financement Idex (Sorbonne Paris Cité).

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  • La Gloire de Dieu (kavôd, doxa, gloria) c'est en premier lieu le poids et la réputation d'un être dont les qualités supérieures suscitent, en retour, la glorification : rendre Gloire, par les louanges, les chants, les cérémonies, mais aussi par la création artistique. Entre architecture, sculpture mais parfois aussi peinture, entre image et décor, entre anthropomorphisme et symbolisme, entre matérialité, monumentalité, sur-visibilité et expansion lumineuse dématérialisée, la Gloire ne se laisse cependant guère aisément appréhender.
    Où est véritablement " l'uvre " dans le continuum spatial indéterminé, composite et en extension continue qui caractérise la Gloire ? Comment percevoir de façon adéquate ce qui joue entre focalisation, dispersion de l'attention visuelle et éblouissement recherché ? De qui ou de quoi (personnes divines, saints, reliques, croix, eucharistie), ces dispositifs expriment-ils la Gloire ou sont-ils la glorification ? En quoi, dans le contexte militant de la Contre-Réforme, la Gloire peut-elle être conçue comme une solution représentative adéquate, et légitime, pour exprimer Dieu ? Cette étude est centrée avant tout sur Rome, Paris et plusieurs exemples qui subsistent en France.
    Conjuguant analyse détaillée des uvres, prise en compte des conditions concrètes de leur perception et réception, attention aux textes théologiques, spirituels et dévotionnels, cet ouvrage nous permet d'accéder à ce qui est un " objet de civilisation " majeur de l'Europe moderne.

  • Quand et comment les images sont-elles entrées dans la maison ? Quel était leur rôle dans la vie de tous les jours ? Comment cette histoire rencontre-t-elle notre présent que l'on dit saturé d'images ? De la fin du Moyen Âge aux réseaux sociaux numériques, les images ont été profondément "domestiquées". Présentes dans les palais et les églises, elles sont entrées progressivement dans les maisons des villes et des campagnes. La diversité de ces images est telle que notre perception de l'époque s'en trouve bouleversée. Certaines protègent les lieux, d'autres servent d'aide-mémoire ou de support à la prière, la plupart des décors sont des signes de prestige. La demeure devient une extension du soi individuel et collectif.

    Alternant essais et études de cas abondamment illustrées, les auteurs proposent un premier jalon d'une histoire sociale et intime des images, en s'attachant aux décors et aux signes qui - présentés ici de l'extérieur vers l'intérieur - exprimaient la culture et l'identité des habitants mais aussi des familles et des réseaux de connaissance. L'histoire de la personne et l'histoire des images trouvent dans la maison un lieu de rencontre plein de surprises. Vue depuis notre XXIe siècle dit "connecté", c'est incontestablement à la fin du Moyen Âge qu'a commencé notre cohabitation avec les images.

  • Qu'est-ce qu'une " mise en abyme " au juste ? Sait-on toujours déterminer, dans une image ou dans un texte, où elle commence et où elle finit ? Sait-on en mesurer la portée ? Quelle est, par ailleurs, sa place parmi les jeux de la représentation et plus généralement au sein de la grande famille des phénomènes réflexifs ? Jusqu'où, finalement, doit-on différencier les approches du visuel et du verbal, la mise en abyme dans tel art de la mise en abyme dans tel média, dans la littérature ou au cinéma, dans la bande dessinée ou le jeu vidéo ? Cet ouvrage collectif - inédit dans sa vocation ouvertement interdisciplinaire - croise non seulement des objets d'étude mais aussi des méthodes de penser la mise en abyme, pour cerner son procédé au-delà de la fausse évidence d'une définition scolaire et en deçà de l'embarrassante imprécision d'une étiquette dont on se sert trop facilement.
    A travers la diversité des contributions se révèle comment et pourquoi la mise en abyme semble guetter toute représentation et devenir ainsi un vecteur incontournable de notre expérience et entendement du monde.

  • Modèle éloquent de la vogue éclectique du Second Empire, le château d'Abbadia au pays Basque surprend par l'association de sources d'inspiration tantôt conformistes tantôt singulières, où s'entremêlent les charmes de l'Orient, la rêverie du Moyen Âge, l'esprit scientifique, une pratique austère du catholicisme et une passion intense pour l'Éthiopie. Cette oeuvre d'art est due à l'implication quasiment viscérale de ses commanditaires, l'explorateur savant Antoine d'Abbadie et son épouse Virginie. Elle doit également beaucoup à Eugène-E. Viollet-le-Duc, Edmond Duthoit et au paysagiste Eugène Bühler.

  • À notre époque, les nouvelles technologies contribuent largement à l'évolution des langages scéniques modifiant profondément les conditions de représentation et intensifiant toujours davantage les effets de présence et les effets de réel.
    Ces technologies sont souvent liées à l'émergence de nouvelles formes scéniques qui transgressent les limites des disciplines et se caractérisent par des spectacles à l'identité instable, mouvante, en perpétuelle redéfinition. Projections, installations interactives, environnements immersifs, spectacles sur la toile, les sens(ations) sont plus que jamais sollicité(e)s. Le performeur y est confronté à un Autre virtuel, à la fois personnage et partenaire.
    Quant au corps, charnel, physique, palpable, il constitue encore la trace incontestée de l'homme dans ces espaces où la déréalisation fait loi. Contrepoint d'une culture du virtuel, le corps semble rester au coeur des dispositifs (scénique, interactif, immersif). Quel(s) corps ces oeuvres convoquent-elles ? Comment ces dernières renouvellent-elles la dynamique entre performeurs, spectateurs et dispositifs ? Quelles sont les diverses modalités d'interpénétration entre le virtuel et le réel dans ces formes d'art ? Voilà autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre.
    Celles-ci sont le résultat de plusieurs années de recherche consacrées aux effets de présence et aux effets de réel. C'est le résultat de ces explorations effectuées par l'équipe de recherche "Performativité et effets de présence" de l'université du Québec à Montréal (sous la direction de Josette Féral et Louise Poissant), que le lecteur pourra trouver dans ce premier volume consacré au corps. Body Remix reprend le titre du spectacle de la chorégraphe Marie Chouinard présenté en 2005.

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  • Les films de Michael Powell (avec le scénariste Emeric Pressburger) interrogent le supposé réalisme de l'image cinématographique : ils perpétuent et enrichissent la réflexion sur le concept de photogénie défini par les premiers théoriciens du cinéma. Comment la narration et la représentation y sont-elles suspendues ou défaites ? Pourquoi leur vision est-elle si poignante ? Comment qualifier la singularité de la poétique powellienne ? L'analyse des films met au jour une esthétique du débordement que révèlent la dialectique du trompe-l'oeil, l'expressionnisme en Technicolor et la virulence d'énoncés au pouvoir inattendu.

  • Longtemps restreint au seul champ cinématographique (et, dans une moindre mesure, photographique), le terme « documentaire » connaît depuis une quinzaine d'années au moins un usage multiple et proliférant, pouvant s'appliquer à des médiums aussi divers que la littérature, la bande-dessinée, le théâtre ou la danse. Parallèlement, les arts visuels se sont emparés de l'objet et de la forme « document », y voyant l'un des lieux possibles de renégociation de leur rapport à l'Histoire, à la politique, et tout simplement au réel.
    Qu'est-ce qui de l'art se trouve transformé, déplacé et mis en tension par cette promotion et cet élargissement du modèle documentaire ? En quoi l'art y demeure-t-il distinct du journalisme, du reportage ou de l'enquête historique ou sociologique ? Dans quelle mesure les procédures artistiques, selon la liberté et l'inquiétude qui les caractérisent, viennent-elles bouleverser notre rapport ordinaire à la référence, à l'information et à la construction de la vérité ? C'est ce champ de réflexion que cet ouvrage entend ouvrir à travers l'hypothèse d'un " art documentaire ", compris comme un lieu où des problématiques communes, des stratégies et des manières de faire entrent en écho et s'éclairent réciproquement.
    Il rassemble des contributions d'auteurs français et étrangers, universitaires comme artistes, et vise à décloisonner la réflexion sur le documentaire à travers une multiplicité d'approches disciplinaires.

  • Sans chercher à se positionner sur le contenu des polémiques, cet ouvrage retrace pour la première fois l'histoire du mouvement « cinéma-vérité » en s'intéressant aux films (contexte de production, tournages, innovations techniques) et aux discours (articles, débats, tables rondes) qui les ont précédés, accompagnés et traversés. Grâce à de nombreuses sources inédites, il met au jour un phénomène d'une importance méconnue dans l'histoire du cinéma en France.

    Avec le soutien du Fonds des publications et de la Fondation du 450e de l'université de Lausanne.

  • Force est de constater le basculement ou la réversion qui font passer de l'intérieur à l'extérieur et inversement. Jusqu'à quel point le dedans peut-il absorber le dehors en l'intraversant, et le dehors avoir raison du dedans en l'extraversant ? L'intérieur le plus intérieur, est-ce Dieu ou le diable ? Est-ce un principe transcendant à l'homme ou bien l'être humain comme tel ? Et quels rapports l'intérieur entretient-il avec les vicissitudes de l'histoire ? Songeons aux formes dont naissent les "formules", aux matrices où se développe l'embryon, aux chambres noires où se produit l'image, aux a priori culturels qui permettent à un peuple de se former ou aux définitions hétérogènes dont sort une notion.

    L'intérieur noue assurément des rapports privilégiés avec la création artistique. Et un désir incoercible de dedans nous pousse à créditer d'intérieur des êtres vus à travers un verre éloignant ou à enrichir d'âmes de simples "créatures de pigments". Mais le sentiment de l'intérieur est aussi un rapport de soi à soi médiatisé par l'imaginaire et les formes symboliques de la culture. Outre l'intérieur intime et essentiel, l'intérieur historiquement constitué et l'intérieur artistique, il s'agit donc de saisir un intérieur "égotiste" en perpétuelle rétroaction. Ce sujet, c'est "le sujet terrible", comme l'écrit Jackie Pigeaud, un sujet auquel on ne saurait refuser son attention sous peine d'oublier le ressort caché du grand art et de toute formation culturelle.

    Réunis à La Carenne-Lemot comme chaque année depuis vingt ans, des spécialistes reconnus dans chacune de leurs disciplines s'exercent à travailler ensemble sur un même sujet. Leur problème n'est pas d'effacer des cloisons, mais de ménager des passages et de repenser des distributions. (Baldine Saint Girons).

  • A comme Ane... K comme Koala... Z comme Zèbre...
    Les abécédaires, connus de tous mais ignorés de chacun, sont un domaine à part de l'édition enfantine.
    Le présent ouvrage, jalon décisif dans la constitution d'un inventaire exhaustif des abécédaires français, est aussi le premier à présenter un catalogue aussi complet et parfaitement documenté d'un si vaste ensemble d'abécédaires de toutes époques. Cette présentation détaillée est précédée d'un essai d'histoire du genre par Olivier Deloignon. Richement illustré d'images inédites, il met en perspective et restitue l'objet dans sa matérialité, dans ses pratiques et dans ses usages depuis les origines manuscrites jusqu'aux créations les plus actuelles.
    Plusieurs des abécédaires présentés sont des livres uniques et témoignent d'autant de pratiques intimes, depuis la personnalisation jusqu'à la création intégrale, liées à des contextes spécifiques (expression enfantine, création d'artiste, mais aussi propagande...).
    Ce sujet, pourtant simple dans ses règles de départ, permet une infinité de déploiements créatifs. L'imagination des auteurs, illustrateurs et éditeurs semble inépuisable lorsque l'on regarde la diversité des formes de l'abécédaire.

    C'est à une plongée dans cet univers fascinant que vous invite cet ouvrage.

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