Payot

  • Ce texte est probablement le plus connu de Walter Benjamin. Le philosophe y traite, notamment à travers l'exemple du cinéma et de la photographie, de la perte de l'authenticité et de l'originalité qui caractérisent la culture de masse, de la destruction de l'espace intérieur rendue possible par l'usage de la caméra, et de ce qu'il a appelé, dans une formule restée célèbre, " le déclin de l'aura ", l'aura étant le fait d'être unique, lié à un lieu précis, et inscrit dans l'histoire. Ce faisant, c'est de notre monde actuel qu'il nous parle.

  • À travers le portrait de la Joconde et son histoire, c'est le personnage de Léonard de Vinci que nous dévoile Alberto Angela, et plus généralement c'est à la civilisation de la Renaissance qu'il nous initie avec ce même talent de conteur et de pédagogue qu'il a déployé dans «Empire» (2016) puis dans «Les Trois Jours de Pompéi» (2017). Un livre qui mélange des textes passionnants à quelque 190 illustrations en couleurs.

  • Qu'est-ce qu'un faux ?

    Zeri Federico

    L'ouvrage rassemble plusieurs conférences et entretiens de Federico Zeri (1921-1998), dont plusieurs livres importants ont déjà été traduits en français chez Rivages depuis les années 1980. En quelques dizaines de pages, il dresse ici une fresque fascinante du destin des images de l'Antiquité à nos jours, scandée par la séparation entre Rome et Constantinople, l'apparition de l'Islam et le schisme orthodoxe.

  • Parce que son arrière-grand-père hollandais était un grand bibliophile et que lui-même est un Honnête Homme du XXIe siècle, il n'est pas étonnant que Philipp Blom se soit lancé dans un projet aussi ambitieux qu'une histoire des collectionneurs, tout à la fois intime et universelle. Il fait voisiner l'empereur Rodolphe II, qui à Prague rassembla tant de chefs-d'oeuvre et d'objets insolites à la fin de la Renaissance, et un Londonien d'aujourd'hui qui accumula un demi-million d'emballages domestiques, tandis qu'au XIXe siècle l'Autrichien Franz Joseph Gall, grand amateur de crânes, croise au fil des pages l'Anglais Thomas Phillips, persuadé de pouvoir constituer la bibliothèque la plus complète de l'humanité.

    Par-delà l'exploration des collections, l'auteur décortique la psychologie des collectionneurs. Reprenant l'idée de Walter Benjamin selon laquelle leur passion confine au chaos des souvenirs, il nous raconte comment ceux-ci s'emploient à mettre de l'ordre dans le désordre du monde, et nous rappelle en outre que dans notre société de consommation nous sommes tous des collectionneurs à notre façon.

    Véritable cabinet de curiosités, ce livre mêle habilement l'érudition au plaisir, sous la plume d'un historien qui est aussi romancier.

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